‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 240 sur 572 · PLAINTES DES CATHOLIQUES A LA DIÈTE DR RATISBONNE · texte numérisé non relu

PLAINTES DES CATHOLIQUES A LA DIÈTE DR RATISBONNE

suppliant qu'on nous rendît du moins ce qui nous appartenait, nous n'avons pas été écoutés. Nous on appelons à l'Empereur, le protecteur de la paix et du droit ^ »

« Sur l'ordre du conseil, notre couvent a été assailli à l'improviste, » disaient les Franciscains d'Halberstadl ; « on a enlevé de notre église les vases et les ornements sacrés, brisé les images, détruit nos archives et, dans le monastère, on s'est livré à des actes que notre plume se refuse à décrire 2. »

L'évoque de Ratisbonne, à son tour, renouvela ses plaintes contre le conseil de la ville qui, malgré l'Empereur et l'cdit impérial du 23 mai 1544, interdisant d'empiéter sur ses droits, avait, de sa propre autorité, changé la religion, fait choix de laïques ou de prêtres mariés pour les mettre à la tête des paroisses, donné la direction des trois écoles de la ville (de tout temps dirigées par des prêtres) à des instituteurs protestants, favorisé les maisons de prostitution, confisqué les couvents des moines mendiants, fermé beaucoup de chapelles privées, refusé de payer les bénéfices, retenu avec insolence les dîmes accoutumées, fait comparaître devant un tribunal civil un prêtre coupable d'avoir célébré la messe et, par ses édits, contraint pour ainsi dire toute la population à embrasser la nouvelle doctrine ^. »

Les Catholiques de Kaufbeuern et de Donawerth faisaient entendre des lamentations toutes semblables. Chez eux aussi, les autels, les images avaient été brisés, les biens du clergé confisqués, les établissements de charité fermés '*. Afin que la population de Donawerth n'osât rien entreprendre contre la nouvelle religion, Augsbourg avait envoyé une compagnie de lansquenets et, le 26 avril 15't5, avait consulté le Landgrave Philippe poursavoirs'il neconviendrait pas, (( à cause des événements qui pourraient survenir, » d'im-

' Inhalt vieler /toc/ihesc/iwerliche/i Klagen voJi Corporalionen. gcisilicJien vnd anderen Personen, etc , f. 7-H.

- On lit dans les mémoires du Père Greitner: « Mulifircs saltanles,nudas ac omni pudore exutas, congrefjatis sub mensa Franciscanis, immiserunt, verbis et gestibus istos ad illicita invitantes. Detestandi sane fruclus novi Evangelii et purioris, ut Lutherani jactant, doclrina;. Gaudenthjs, p. .341, note.

^Gbmeinkr, he formation, \>. 110,171, 181. Widmann (p. 19!)-200, 211-213) rapporte des particularitns curieuses de l'époque où la nouvelle doctrine fut introduite. Avant que n'éclatassent les Lroublos religieux, le suicide (Hait chose extrêmement rare en Allemagne. Widmaiiu dit dans sa Chronique :« Afin que la postérité puisse juger du m dheur des temps, sachez qu en l'espace d'une seule année trois sui;i les ont été signalés : l'un à Augsbourg, l'autre à lîalisbonne et le troisième à ïraubling. KOnisgstein, chanoine de Francfort, cite d ins son journal de 13:20- 1548, un cas de suicide comme un fait des plus extraordinaires.

** Trierischen S'irlvui und liriefchaften, fol. 229-231. Sur les événements de Kaufbeuren, voy. Stievr, Die Ueirintadt Kaufijeuren, p. 9-15 ; sur Donawerth, voy. Steichisle, ß/s//i!//n Augsbourg, t. 111, p. 722 et suiv.

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