EXCITATIONS A LA GUERRE DE RELIGION. 1546. 62S
les femmes, les enfants, nous tous. » L'invocation suivante fut ajoutée aux litanies: ((De tes ennemis, du blasphème des Turcs et du Pape, du massacre cruel et de l'impudicité papiste, nous t'en supplions, délivre-nous, Seigneur M » «Tous ceux qui abandonnent l'Électeur de Saxe, » déclarait l'évêque de Naumbourg, Nicolas Amsdorf , dans la préface d'une «Prière chrétienne » de sa composition, « doivent savoir qu'ils agissent avec l'Empereur et le Pape contre Dieu et sa divine parole^.» Le superintendant de Magdebourg recommandait aux prédicants d'avertir fréquemment leurs auditeurs « que la fureur sataniquedu Pape, de l'Empereur et des autres tyrans impies n'avait d'autre but que l'extirpation de la foi chrétienne et la ruine de l'Église du Christ : « Répétez qu'ils veulent dépouiller les consciences chrétiennes de tout ce qui fait ici-bas leur consolation et leur bonheur, supprimer toute discipline, mettre obstacle à la bonne éducation de la Jeunesse, abolir les écoles, abattre tout gouvernement dans les villes comme dans les campagnes, persécuter inhumainement toutes les classes de la société ecclésiastique ou civile, enlin réduire la nation allemande à la plus honteuse servitude sous une idolâtrie infernale 3. »
Si les Alliés s'affirmaient avec tant d'audace, c'est qu'ils se savaient en possession de forces considérables, que leur magnifique arméeétaitdéjàréunie et qu'ils comptaient sur le concours empressé des souverains étrangers. Le 9 juillet, des espions à leur service leur mandaient de Lübeck que le roi Christian 111 recrutait (( le troisième homme »en Holstein, que le Danemarck enrôlait tous les fantassins et marins dont il pouvait disposer, fermait le Sund et avait capturé près de quatre cents grands et petits navires, chargés de blé, d'avoine, de marchandises de toutes sortes, venant des Pays-Bas et de la Hollande ; que, de son côté, le roi de Suède faisait de grands préparatifs pour secourir la Ligue; que Lübeck, Hambourg, Rostock et autres villes s'armaient en toute hâte, et que, dans les évêchés de Brème et de Minden, on se préparait activement à la lutte. (( Bientôt
1 HoRTLEDER, p. 104-107. Kapp, p. 758-776.
» HoRTLEDER, p. 249. Voy. la lettre-circulaire de Pierre Watzdorf, p. 309
s HouTLEDER, p. 254-255. On lit dans une chanson catholique de cette épôgue '
0 Dieu, ait pitié de notre détresse, Leurs consciences sont esclaves du démon. Ils ne savent tous les jours que blasphémer, Ils n'ont qu'un seul désir.
Celui d'organiser la révolte Et de soulever le peuple.
On veut faire violence à la parole de Dieu. Nos ennemis s'imaginent Qu'ils ont découvert la Sainte Ecriture, Et pourtant, ils sont désunis entre eux, etc. LiLIENKRON, t. IV, p. 363-3Ü5.