POLITIQUE DE LA BAVIÈRE
dévouement, entretient de secrètes relations avec ses ennemis, et l'on a de fortes raisons de craindre qu'au moment décisif il ne se range du côté où le succès semblera le plus probable K »
Ulrich de Wurtemberg prévoyait, lui aussi, que le duc Guillaume attendrait pour agir « d'avoir bien compris de quel côté se tournerait la fortune ^. » En dépit du traité conclu avec l'Empereur le 7 juin, Guillaume assurait encore le 13 au Landgrave, avec lequel il désirait depuis longtemps s allier, « qu"il lui était de plus en plus attaché et lui prouverait qu'il pouvait avoir en lui pleine confiance. 11 faisait, le 30 juin, les mêmes protestations au duc Ulrich, ajoutant « qu'il n'avait pas encore pu bien démêler quelles étaient au juste les véritables intentions de l'Empereur ^. » Lorsque les Alliés le chargèrent de chasser les Impériaux des villes fortifiées de Rain et d'Ingolstadt, il répondit que, quant à lui, il ne s'était jamais soucié de religion, qu'il laissait à la conscience de chacun la responsabilité de sa foi, et qu'il lui était impossible de faire ce qu'on demandait de lui. « Le 11 août, il envoya ses délégués au camp des Alliés pour leur déclarer qu'il entendait rester neutre, qu'il n'avait jamais permis ni à l'un ni à l'autre parti d'enrôler des troupes dans ses États; qu'au reste il y avait plus de Bavarois chez les Alliés ^ que dans l'armée impériale, et qu'il avait toujours combattu pour la liberté allemande. Les soldats qui avaient investi Rain n'étaient pas au service de l'Empereur mais au sien, et il leur avait recommandé de ne nuire en rien aux Alliés ^. Le 16, il écrivit de nouveau aux chefs de la Ligue qu'il n'avait pour eux que bienveillance et amitié; qu'il ne leur avait jamais refusé ni passage ni vivres et voulait agir toujours de même '^. » 11 se disposait à leur faciliter le parcours du Danube jusqu'à Ingolstadt, lorsqu'il apprit leur brusque retraite ^.
Et cependant Guillaume se vantait « de s'être toujours conduit envers l'Empereur, surtout dans les derniers événements militaires, en prince obéissant, fidèle et chrétien. » A l'entendre, la plus grande part de la victoire devait lui être attribuée '^.
iHeyd, t. III, p. 341.
*Heyd, t. m, p. 340-341.
ä Stumpf, p. 266-277.
* Lettre de Schartlin, 17 août lo46, voy. Herberger, p. 138.
'•' Voy. y. Druffel, Viglius Tagebuch, p. 67. Voy. aussi v. Drufpel, Briefe, t. 1, p. 16. Avilla disait avec raison en parlant delapolilique de la Barière pendant la guerre : « Baviera temporizava con los Lutheranos mostrandose tan amiga dellos como de los Gatholicos, de manera que se podia dezir casi neutral. » Voy. Voigt, Geschichlschrelbung, p. 610-011. Après la guerre, le duc Guillaume, comme il l'avait bien mérité, ne reçut de l'Empereur aucune récompense.
« Stumpf, p. 282-283.
'* Kundschaftsbrief aus dem Kaiserlichen Lager bei Altersheim vom, 7 oclober 1546 Seckenberg, Acta und Pacta, p. o76.