SOUMISSION DU COMTE PALATIN ET DU DUC DE WURTEMBERG
laissé séduire, et promirent qu'à l'avenir elle serait fidèle *. La ville dut acheter son pardon quatre-vingt raille florins d'or, sans compter les pots-de-vin offerts à Granvelle et à différents conseillers de l'Empereur. Granvelle, « auquel presque tout était remis à la cour de Sa Majesté Impériale, » reçut mille florins d'or ^ dans un lianap en vermeil ^.
«. Alors, parmi les Alliés qui s'étaient flattés de tout conquérir, de chasser l'Empereur et sa prêtraille, comme ils disaient, et de les dépouiller de tous leurs biens, commencèrent les querelles, les craintes, les récriminations, les reproches, les injures, et pourtant l'Empereur n'avait ni livré bataille ni remporté de victoire. Ils avaient d'eux-mêmes abandonné la partie, et s'étaient dispersés lui cédant la place, comme s'ils eussent été frappés dans leur conscience. Qui peut dire ce qui serait arrivé si l'Empereur, se décidant à temps à d'énergiques mesures, eût arrêté vingt ou dix ans plus tôt les attentats révolutionnaires des princes et des villes? Alors les dissensions, le renversement des lois, la destruction des églises, des couvents, écoles, fondations, la détresse, la misère, les guerres, les impôts accumulés sur le pauvre peuple eussent été heureusement évités. Aussi longtemps que les Alliés avaient pu, sans rien craindre, s'emparer des églises^ des couvents, des abbayes, se gorger de bien-être avec l'argent du pillage, surprendre les évêchés, occuper un pays sans défense comme le Brunswick, on s'était imaginé qu'ils étaient invincibles; ils s'étaient montrés si arrogants dans leurs manifestes et leurs lettres de défi qu'on les croyait braves comme des lions et capables de tout soumettre à leur empire. Mais sitôt qu'on se fut décidé] à les réprimer sérieusement et lorsque les épées eurent été tirées du fourreau, il devint évident pour tous qu'ils n'étaientpoint des lions, mais qu'ils tombaient duhaut mal,et n'avaient que des cœurs de lièvre ^. »
A Hall, l'Empereur vit arriver son cousin Frédéric,] l'Électeur palatin qui, avec force paroles humbles et repentantes, lui fit sa soumissiou. « Ce qui m'a été le plus sensible dans votre procédé, » lui dit Charles, « c'est de vous voir, en votre vieillesse, vous tourner contre moi, après qu'en nos jeunes années nous avions été bons compagnons. » Espérant que Frédéric, si de nouvelles difficultés se
»* Relation des délégués du conseil. Voy. Kaiserschreiben, t. IX, fol. 25-33.
*' Kriege, Geschichte von Francfurt, p. 223-224. * Ordonnance du conseil de Francfort, äl juillet 1647, roy. Einigungssachen 1547, Archives de Francfort.
'■*' Von schmalkaldischen und mark gräflichen Kriegshandlungen, fol. 13, voy. un pamphlet sur la guerre des Protestants communiqué par Böhmeh, dans la Revue de Haupt, t. VI, p. 538. C'est, selon Schade [Weimarer Jahrbuch, t. II, p. 426), le premier produit delà poésie macaronique en Allemagne.