‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 256 sur 572 · SOUMISSION DE STRASBOURG. — LA LIGUE ET LA FRANCE · texte numérisé non relu

SOUMISSION DE STRASBOURG. — LA LIGUE ET LA FRANCE

soixante-dix à quatre- vingt mille florins*. Au mois de janvier 1547, Jean Sturm avait proposé au conseil défaire alliance avec les Suisses et d'offrir au roi de France de se mettre à la tête d'une nouvelle coalition 2. Il avait fait les mêmes propositions au chancelier de François prs, jyjajs le roi n'y ayant répondu que par de vagues promesses ^, force fut à Strasbourg de se rendre. Ses délégués vinrent donc à Nordlingen se Jeter aux pieds de l'Empereur ; ( 19 février 1547) la ville, à de très bénignes conditions, fut reçue en grâce. On n'exigea d'elle que trente mille florins d'amende, et il ne lui fut pas imposé de garnison. Cependant Jean Sturm était inconsolable. « La France, si riche et si prospère, eûtpu facilement nous venir en aide, » écrivait-il au connétable de France, « et ce léger service eût suffi pour détourner de nous de grands malheurs. > Il regrettait infiniment qu'entre Strasbourg et la France une alliance sérieuse, offrant de sûres garanties, n'ait pu se conclure ^.

Jean Frédéric et Philippe restèrent en d'actifs et incessants rapports avec François ^^

Ces princes espéraient encore, grâce aux Turcs, être en état de résister. Le roi écrivit au Landgrave qu'il savait de source certaine que Soliman, avec une armée plus formidable que jamais, comptait envahir la Hongrie au mois de mars, et que, lui-même, à la tète de troupes auxiliaires suisses renforcées par sept cents lansquenets qu'un habile général allemand devait lui conduire, comptait se mettre en campagne dès le 1" avril 6.

Philippe lui exprima toute sa reconnaissance; il désirait vivement l'arrivée du sultan^ mais craignait beaucoup qu'il n'arrivât trop tard ''. Si le roi pouvait le mettre à même, par des secours suffisants, de prolonger la guerre jusqu'à l'arrivée des Turcs, il ferait les derniers efforts pour expulser Charles-Quint de l'Allemagne. A cette date, il avait déjà entamé avec l'Empereur des négociations de paix, mais cela ne le gênait point pour assurer de nouveau à François

* « Supplient très humblement au Roy très chrétien que son bon plaisir y soit avecquez secours et ayde haslive. » Calvini 0pp., t. Xll, p. 43G. Voy. la lettre de Calviu à Viret, le 3 décembre 1546, où il exprime l'espoir que François !"■ enverra promptement de l'argent.

' Schmidt, /. Sturm, p. 71.

2 Lettre du docteur Gelius du 16 janvier lo47. Voy. dans Ribier, t. I, p. S89. Ou lit dans une chanson populaire sur la guerre de Smalkalde : Strasbourg zu Rhein, Wollt gern französich sein.

Anzeiger filr Kunde der deutschen Vorzeit, t. XVI, p. 302.

^ Voy. la lettre de Lacroi.x, dans Ribier, t. I, p. 620.

•' Avril 1547, voy. Ribier, t. II, p. 3-5.

" Ribier, t. I, p. 008.

' Extrait de la réponse du Landgrave aux propositions du roi, 10 février 1347. Voy. Ribier, t- I, p. 611-012.

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