MORT DE FRANÇOIS
« qu'il serait toujours son serviteur, qu'il obtînt la paix ou non, et que dès qu'il verrait le Turc en bon chemin, lui aussi se mettrait à l'œuvre ^. » Le 17 mars, l'Abbô de Basse-Fontaine mandait à François I*' que le Landgrave lui avait assuré ne s'être réconcilié avec l'Empereur que contraint par la nécessité, et que plus tard le monde verrait bien le peu d'envie qu'il avait de rester le très humble valet de Charles-Quint. Il suppliait le roi de lui envoyer au plus tôt l'argent promis 2.
François I""", malade, sentant diminuer ses forces et tout près delà tombe, « persévérait cependant dans sa politique double et fausse, et n'était occupé qu'à semer partout la zizanie, » Le 17 février, il protestait à Gharlcs-Quint de son fidèle attachement, disant se reposer entièrement sur ses dispositions pacifiques et n'avoir rien tant à cœur que la paix et la tranquillité ^. Le même jour, il chargeait Basse-Fontaine, son ambassadeur à la cour électorale de Saxe, d 'accorder tout ce qui lui serait demandé, pourvu que la guerre fût continuée. (( Le plus grand service que vous puissiez me rendre, » lui avait-il dit, « c'est de trouver moyen d'empêcher la paix '^. » Jean Frédéric ayant réclamé des subsides ^, le roi s'offrit, le 21 mars, à lui fournir immédiatement doux cent mille thalers, payables à Hambourg ; apprenant que Soliman s'armait et se disposait à reprendre la route de Vienne*', il s'empressa d'envoyer cette somme aux princes alliés 7.
Mais il ne lui fut pas donné de voir la guerre qu'il avait tant souhaitée. Inquiet, tourmenté par ses remords, en proie à une mortelle angoisse, il erra quelque temps encore de château en château, cherchant à tromper sa tristesse par des chasses et des mascarades. Le 31 mars, il n'était plus'^. Geque son prédécesseur, Louis XII, avait dit autrefois de lui : « Ce gros garçon gâtera tout, » s'était accompli à la lettre. Ses guerres, ses prodigalités, son faste, l'entretien de ses maîtresses, sa passion pour les bâtiments somptueux, sa libéralité irréfléchie envers ses flatteurs et ses courtisans, avaient épuisé la France. « La dette publique était écrasante ; le peuple était accablé do taxes et d'impôts. »
* Lacroix à François I", 13 mars 1547, voy. Uibieu, t. I, p 624-G26.
î RiBiER, t. I, p. 6:Jl-632.
3 RiBiKR, t. I, p. Ü1G-617.
' HiniER, t. I, p. 009, Ü17-G18.
■■• UiBii:n, t. I. p. 620-02-2.
6 Uiiiiiiu, t. 1, p. ü2.S-0:i().
' « l'aulo antcqiiam e vila decednret, Saxoni atqiie Lanilgravio miserai in subsiiliiim bi;lli, siii^^iilis aurcorum rnillia centena, et tune, cum obiret mortem, vixdiim erat ea perlata pecuiiia. » Slkidan, t. III, p. 8.
" Gai>ekiguio. François l" et la Renaissance, l. IV, p. 173-174, trace un tableau plein Je vie des derniers jours du roi.