NOUVELLES LIGUES DES PRINCES. COMPLOTS CONTRE CHARLES-QUINT
Tandis que l'Empereur était tout occupé de décrets religieux, de réformes administratives, de lois nouvelles^ le parti acharné à sa perte déployait une ardente activité.
Les complots ourdis par ses ennemis ne visaient à rien moins qu'à la ruine complète de l'Empire.
Étant encore à Augsbourg, Charles avait été informé par Sain t- Mauris, son ambassadeur à Paris, que les ducs Ulrich et Christophe de Wurtemberg étaient en instance, auprès d'Henri II, pour obtenir de ce prince une somme considérable nécessaire à la formation d'une nouvelle et redoutable coalition i. En même temps, (février 1548) Otto l'aîné, duc de Brunswick-Lunébourg,proposaitau roi de France de s'allier aux princes allemands pour la défense de la véritable religion chrétienne et pour la liberté de la patrie. » Les négociations venaient de s'ouvrir^lorsqu'Otto mourut 2,
Henri II haïssait l'Empereur. Cette haine était pour ainsi dire l'aliment quotidien de son cœur; ne parvenant pas à attirer de nouveau les Turcs en Allemagne ^, il voulait du moins allumer un vaste incendie dans l'Empire. Il entretenait à sa cour des aventuriers allemands besoîgneux et cupides, gens de guerre, prêts à tout entreprendre, parmi lesquels on remarquait surtout Hans de Hcideck, Frédéric de Reifenberg, Georges de Reckerode, Christophe de Roggendorf et Jean-Philippe, rhingrave de Dhaun. Célius et Jean Sturm, de Strasbourg, étaient toujours pensionnés par la France. En août 1548, Henri chargea l'abbé de Basse-Fontaine de consulter
* Dépêche du 15 février 1548, voy. v. Druffkl, t. I, p. 09.
* Voigt, Fiimtpnhvnd, p. 20, et Albrecht Alribiddi'a, t. I, p. 213.
* En septembre 1547, il avait envoyé son ambassadeur d'iluyson à la Porte, pour décider le sultan à déclarer la guerre h l'Empereur. Charrièhe, t. II, p. 30.