‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 268 sur 572 · CONSPIRATION DES PRINCES CONTRE L EMPEREUR ET L EMPIRE · texte numérisé non relu

CONSPIRATION DES PRINCES CONTRE L EMPEREUR ET L EMPIRE

ces deux « éminents docteurs » et d'autres fidèles serviteurs de sa couronne au sujet d'une alliance défensive et de son désir de mettre Schärtlin de Burtenbach à la tète d'un corps de mercenaires français. Il offrait à Strasbourg de l'argent et des troupes, engageant vivement le conseil à se placer sous la protection de la France *.

Le margrave Hans de Brandebourg- G iistrin fut 1 arae de tous ces complots pendant les années qui suivirent. A Augsbourg, on l'avait entendu s'écrier : « Plutôt l'épéo quo la plume, plutôt le sang que l'encre ! » 11 en voulait à Gliarles-Quint, non seulement de s'être ingéré dans les choses de la religion, mais encore pour des raisons qui lui étaient personnelles Diverses contestations s'étant élevées entre lui et l'Empereur, au sujet des seigneuries de Kottbus et de Grossen, le margrave n'avait pas réussi à faire prévaloir ses droits et craignait extrêmement de voir ces riches domaines lui échapper pour toujours -. De là, sa haine contre l'Empereur; il ne rêvait, c'est sa propre expression, « que de mettre des pic'ges sous ses pas ^. »

En octobre 1548, à Torgau, Hans eut une entrevue avec le duc Albert de Prusse et Maurice de Saxe et convint avec ce dernier que, par l'entremise des starostes polonais, on rechercherait l'alliance du roi de Pologne. Les princes se promirent réciproquement aide et secours ^. Depuis la capitulation de Wittemberg, Maurice nourrissait contre l'Empereur un secret ressentiment, et ne lui pardonnait point de s'être opposé à ses ambitieux désirs quant aux territoires de la ligne Ernestine et vivait dans la perpétuelle appréhension de voir Charles se servir un jour contre lui des princes de cette maison, surtout de l'Électeur Jean Frédéric, alors captif.

Au printemps de 1549, Hans et Albert entamèrent des négociations avec le Danemark ; le comte Volrad de Mansfeld partit pour l'Angleterre et Georges de Heideck, pour la France "'.En octobre, le frère de Georges, Hans, écrivit de France au duc de Prusse de se hâter d'organiser la ligue contre l'Empereur, parce que ce projet plaisait extrêmement au roi de France qui leur « ordonnait » d'y songer sérieusement <^. En janvier 1550, le margrave apprit par Heideck qu'Henri H avait écritsousle sceau du plus profond secret à Schärtlin de Burtenbach, alors à Bàle : « que l'Empereur se disposait à partir

' Voy. Barthold, Deutschland und die Hugenotten, p. 44^9. Suüe.vheim, Frankreichs Einßuss, t. 1, p. 128. Schmiüt, J. Sturm, p. 8(J. ä Voigt, Fiirstenbund, p. 33 et 177, n" 46. ^ Voy. V. Langenn, Moritz, t. II, p. 323-324. Voigt, Fürstenbund, p. 1 12.

* Voy. V. Langenn, t I, p. 463.

•^ Voigt, Albrecht Alcihiades, t. 1, p. 214-215.

• Voigt, Fürstenhund, p. 34.

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