‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 271 sur 572 · DELIBERATIONS SUR LA RELIGION A LA DIETE D AUGSBOURG · texte numérisé non relu

DELIBERATIONS SUR LA RELIGION A LA DIETE D AUGSBOURG

aux maux actuels, il n'existai t point de meilleur remède qu' un Concile général et vraiment chrétien. Gomme le Pape nouvellement élu partageait cette manière de voir et faisait espérer que, selon le désir de l'Empereur et avec l'assentiment des États, le Concile de Trente pourrait prochainement reprendre ses séances et terminer heureusement ses travaux, il n'y avait plus, selon lui, autre chose à faire qu'à supplier le Saint Père de se hâter de tenir sa promesse '. Relativement à l'intérim qu'à la dernière Diète les membres de TEmpire avaient tous accepté, l'Empereur, à son très grand déplaisir, avait rencontré résistance et mauvaise volonté chez un grand nombre d'entre eux, et chez les autres une coupable négligence. La réforme prescrite n'avait été prise à cœur que par le très petit nombre. Il réclamait sur ce sujet l'avis des membres du Saint-Empire, demandant quelles mesures ils lui conseillaient de prendre pour faire exécuter ce qui avait été résolu.

Les Électeurs ecclésiastiques répondirent i< qu'ils manquaient de prêtres recommandables pour remplacer, dans les paroisses où ils avaient droit d'établir des curés, ceux qui refusaient d'adopter l'Intérim. Pour faire exécuter l'édit impérial, ils avaient assemblé des synodes provinciaux et diocésains ; mais nulle part ces synodes n'avaient pu se faire écouter; partout on avait allégué des exemptions particulières, des privilèges , des dispenses, 'des induits. Les délégués des Électeurs laïques dirent, à leur tour, que leurs maîtres s'étaient donné beaucoup de peine pour faire respecter les lois nouvelles, mais que partout ils avaient rencontré d'invincibles obstacles; les États et les sujets de leurs possessions ne regardaient pas l'Intérim comme conforme en tous points à la Sainte Écriture." L'imposer de force serait s'exposer à soulever les populations, et provoquer des apostasies. Le collège des princes prétendit que, dans les hautes écoles et dans les écoles particulières, les jeunes gens étaient devenus trop indociles pour ([u'il pût être question de les forcer à obéir; le peuple n'avait que de l'aversion pour l'Intérim; les prédicants le décriaient en chaire; en dépit des ordres de l'Empereur, des pamphlets, des écrits injurieux étaient tous les jours répandus contre l'édit impérial. Quant à la communion sous les deux espèces et au mariage des prêtres, on n'avait encore reçu aucune réponse de Rome 2.

L'Empereur « ne fit pas de grands efforts pour défendre son hitérim, » dont, sans doute, il avait fini par reconnaître l'inutilité. Dans

» Voy. la proposition impériale du 26 juillet 1Ö50, dans les Frankfurter Raiclistaqsacten, t. LXIll, fol. 3i-4*J. v. Uhuffhl, t. I, p. 454-456.

^ Voy. ces délibéralioiis dans les Frankfurter Reichstdfjsacten, t. LXlll ; voy. ScHiUDT, t. 1, p. 236-2:J9.

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