‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 272 sur 572 · INTRIGUES DKS PRINCES AVEC LA FRANCE · texte numérisé non relu

INTRIGUES DKS PRINCES AVEC LA FRANCE

le recez de la Diète, il se borne à exhorter les États à le faire exécuter, et promet de prendre des mesures pour que les obstacles qui s'opposent à sa mise en vigueur soient écartés.

Il n'en mit que plus de zèle à presser les Protestants d'accepter le Concile, dont une bulle papale venait de fixer la réouverture au !<='■ mai 1551. Les membres présents à l'assemblée consentirent à ce que la résolution do soumettre les points controversés au Concile fût une seconde fois consignée au procès-verbal. Seul, Maurice chargea ses ambassadeurs de protester en son nom ; mais sa protestation fut rejetée par la majorité et ne fut pas môme insérée dans les actes de la Diète. L'Empereur, protecteur temporel de l'Église et des Conciles, s'engagea à faire tous ses efforts pour décider les membres d'Empire attachés à la Confession d'Augsbourg, ainsi que leurs sujets, à se laisser guider et reprendre par le Concile et promit de disposer les choses do manière à ce qu'ils puissent librement y exposer leurs difficultés et leurs doutes, pour que leur conscience pût être tranquillisée et le Concile avoir tous les heureux résultats qu'on s'en promettait K

Pendant ce temps, la conjuration des princes avait fait do grands progrès et gagné un terrain solide.

L'ambassadeur de France, Marillac, [présent à la Diète d'Augsbourg, recommandait sans cesse à Henri II d'entretenir soigneusement l'aversion des Protestants pour le Concile, d'y mettre obstacle de toutes ses forces et de s'unir aux princes contre l'Empereur. « Plusieurs seigneurs et délégués des villes, » écrivait-il au roi, « m'ont dit ouvertement qu'ils ne pouvaient assez se réjouir de voir le roi en paix avec tous ses voisins et par conséquent en état de s'appliquer sans distraction au grand projet, de manière à pouvoir s'opposer directement ou indirectement à tous les plans de l'Empereur 2. ))

Jean Sturm, de son côté, pressait Henri II de s'allier aux membres d'Empire protestants. Il faisait briller à ses yeux l'espoir d'obtenir la couronne impériale, ajoutant que, s'il n'en voulait pas pour lui-même» il pourrait favoriser les prétentions du duc de,Glèves,et garantir aux Protestants d'importants secours dans le cas où cette élection de vien-

* Reichsabschied zu Augsburg vom 14 Februar 133/, 14, 6-7. - Lettres de Marillac, dans Ribier, t. II. p. 280-:ü83, 314. Raouer, Briefe, t. 1, p. 22-23, V. Druffel, t. I, p. 4.3I, 466, 543, etc.

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