‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 273 sur 572 · FANATISME RELIGIEUX · texte numérisé non relu

FANATISME RELIGIEUX

drait, en Allemagne, une occasion de guerre*. En septembre, Maurice offrit au roi de se liguer avec lui contre l'Empereur; la commune et pressante nécessité de s'opposer à la puissance démesurée de Charles-Quint et la captivité du Landgrave pourraient servir de prétexte à la guerre. « Nous prenons sincèrement à cœur les intérêts de sa Majesté royale, » écrivait-il à Henri II, « et nous songeons aussi à notre patrie, dont la liberté est étouffée -. »

Tout en poursuivant son but, Maurice faisait à l'Empereur d'hypocrites protestations de fidélité, d'immuable dévouement et, pour mieux lui prouver son zèle, lui proposait de ramener à l'obéissance la ville de Magdebourg, mise au ban d'Empire en punition de sa rébellion.

Magdebourg étaitdcvenue le point de ralliement des Protestants les plus ardents, la » cité bénie de Dieu, » d'où les satires, pamphlets et caricatures contre le Pape, l'Empereur et tous les partisans de l'Intérim se répandaient sur tous les points de l'Allemagne. « C'est ici la chancellerie de Dieu et de son Christ,» écrivait Aquila au duc Albert de Prusse ^.

La ville, depuis qu'elle avait été mise au ban, avait eu à souffrir mille avaries de la part des gentilshommes du voisinage, qui mettaient l'occasion à profit. Pour se dédommager des pertes subies, et « pour la défense de la religion chrétienne et du saint Évangile, » son conseil avait autorisé le pillage des églises et des couvents. Des prêtres sans défense, à l'intérieur comme à l'extérieur de son territoire, étaient tous les jours victimes d'attentats odieux. Les chanoines de la cathédrale ont consigné ces tristes faits dans un Mémoire adressé par eux aux Etats d'Augsbourg. « On n'a pas même respecté le repos des morts, » écrivent-ils; « les cadavres encore intacts de prêtres, de religieux, ont été hachés à coups de pioche ; la tombe de l'Empereur Otto, fondateur de l'archevêché, a été violée au milieu d'un grand tumulte. Les morts et les vivants ont été l'objet de tels outrages que jamais rien de semblable ne s'est vu, même parmi les barbares. C'est surtout au monastère d"l lamersleben, situé dans l'évêché d'Malberstadt, que ceux de Magdebourg ont commis d'odieux attentats. Plusieurs milliers d'hommes armés ont envahi l'église un dimanche matin, pendant l'othce; ils ont blessé ou massacré les prêtres qui célébraient à l'autel le saint sacrifice, foulé aux pieds les hosties consacrées; pillé de fond en comble l'église et le couvent. L'abbaye

« Schmidt, J. Sliinn, p. 80-87.

'Mémoire du 14 août l."i5ü, voy. Cohnelius, Kttrfiirsl Moritz, p. 2'.)-3l.

' Voigt, ßrirftirrlisrf, p, 30.

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