‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 275 sur 572 · ZÈLE ÉV ANGÉLIQUE DU MARGRAVE HANS DE CÜSTRIN · texte numérisé non relu

ZÈLE ÉV ANGÉLIQUE DU MARGRAVE HANS DE CÜSTRIN

compagnies de ses lansquenets, et instruisit son nouvel allié de tous SCS complots contre l'Empereur.

Les négociations avec la France se poursuivaient avec activité ^ ; Heideck négocia une entrevue entre l'Électeur et le margrave Jean de Giistrin; cette entrevue eut lieu à Dresde peu de jours après que le recez d'Augsbourg eut été publié. (20 février 1531) Les princes se décidèrent à une action commune. Maurice promit au margrave de chercher à attirer dans la conjuration les jeunes seigneurs de Saxe, de Cobourg, de Hesse et autres potentats, et de faire tous ses efforts pour délivrer Jean Frédéric et Philippe. Le Landgrave qui, pendant l'été de 1550, avait été conduit à Malines où il expiait dans une étroite captivité une tentative malheureuse d'évasion, avait bien recommandé à ses fils de soutenir de toutes leurs forces le parti de la révolution. Jean Frédéric de Saxe, fils de l'Électeur, celui-là même qui avait tracé un vaste plan militaire « pour l'extirpation du clergé papiste, » se montra très désireux d'entrer dans la conjuration des princes, aussitôt que Maurice lui eut prorais de s'employer avec zèle pour la délivrance de son père et de donner à la branche Ernestine, en compensation des territoires perdus, plusieurs domaines qu'on devait retrancher, après la victoire, des territoires des Électeurs ecclésiastiques 2.

De son côté, le margrave Hans prit à Dresde l'engagement de poursuivre les négociations relatives à l'entrée dans la li uedes ducs de Prusse, de Poméranie, de Meklembourg, et d'apporter à l'Électeur Maurice l'adhésion signée de ces princes, afin de pouvoir ensuite traiter avec la France en leur nom à tous. 11 espérait obtenir du roi cent mille florins par mois, et de l'Angleterre, cinquante mille. En réunissant toutes les ressources, on croyait pouvoir compter sur une armée de cinq mille cavaliers bien équipés, de deux mille chevaulégers et de vingt mille hommes de pied. « Si le Turc envahit la Hongrie, » disait le margrave, « le roi Ferdinand sera forcé de rester à la maison ; la France marchera sur les Flandres, et notre armée chassera pour jamais les moines et les prêtres de l'Allemagne ^. »

La guerre, cette fois encore, était donc dirigée contre les prêtres catholiques, qu'Hans n'appelait que les « serviteurs de Baal et les enfants du diable *. Pour mieux prouver son zèle évangélique, le margrave donna l'ordre à Jean de Minkvvitz de piller l'église de Sainte-Marie de Görlitz. (15 juin 1551). Tous les autels, tableaux

» Voy. Cornelius, Kurfürst Moritz, p. 18-20, 43-46. Voigt, Albrecht Alcibiades, t. I, p. 227. Schirrmacher, Jo/i. Alhrecht, t. 1, p. iU8 etsuiv.

* Wenck, Moritz und die Ernestiner, p. 7-8, 24-27.

* V. Langenn, Moritz, t. II, p. 323-325.

* Lettre du 27 mars à Maurice, voy. v. Urüffel, t. I, p. 601.

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