CONJURATION DE TORGAU
sculptures y furent détruits, les objets de quelque valeur, emportés. Minckwitz eut beaucoup de peine à arracher des mains d'une troupe de paysans ivres qui avaient aidé à la besogne, les trésors d'orfèvrerie d'or et d'argent pillés dans la sacristie, pour les envoyer au margrave, à Güstrin^
Hans refusa d'admettre dans la ligue Albert de Brandebourg- Gulmbach, comme le lui avait demandé le duc de Prusse. « Le margrave se conduit et parle comme un impie, » écrivait-il, « il insulte à la religion; tout jeune, on l'a entendu dire qu'il préférait le service du diable au service de Dieu -. »
A une assemblée qui eut lieu à Torgau, Maurice, Hans, le duc Jean Albert de Mecklerabourg et le Landgrave Guillaume de Hesse convinrent ensemble de solliciter l'appui de la France et de l'Angleterre « en leur nom et sceau communs ^. » (22 mai 15ol).
* WoHLBBücK, Geschichte des Bisthiwis Lebiis, t. 11, p. 326.
* Voigt, Albrecht Alcibiades, t. 1, p. 236. Le général Nicolas Berne raconta très sérieusement au duc Albert que le diable était apparu dans un banquet au margrave Albert, à l'Electeur Maurice et au duc Auguste : « Il est très certain que le diable leur est apparu en personne; mon gracieux Seigneur lui-même me l'a assuré. » Le duc demanda au comte Georges Ernest de Henneberg des détails précis sur cette apparition, et apprit que le diable était apparu aux princes sous la forme d'une jeune fille, belle de visage, vêtue d'une robe verte, les pieds terminés par de longues griffes. Voigt, t. I, p. 237. Voy. dans notre sixième volume le jugement porté par Hans sur le margrave Albert.
^ Voy. Schirrmacher, Joh. Albrecht, t. 1, p. 133 et suiv.