‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 278 sur 572 · TRAHISON DE MAURICE DE SAXE ET DE SES ALLIES · texte numérisé non relu

TRAHISON DE MAURICE DE SAXE ET DE SES ALLIES

Le 5 octobre, Maurice, Jean Albert de Mecklembourg et Guillaume do Hesse rédigèrent à nouveau le traité d'alliance proposé à Henri H. 11 y était dit que les membres du Saint-Empire qui voudraient se joindre à leur juste et louable entreprise seraient reçus de grand cœur, et que ceux, au contraire, ecclésiastiques ou laïques, qui oseraient s'y opposer et fournu* à l'Empereur ou à ses partisans, ouvertement ou en secret, n'importe quel secours, devraient s'attendre à voir leurs états envahis et saccagés : « Nous sommes convenus que, dans le cas où les fils de Jean Frédéric, duc de Saxe, désireraient s'unir à nous, ils devraient premièrement nous présenter une assurance écrite, ratifiée par leurs Etats, nous offrant sûre garantie qu'ils n'entreprendront rien contre nous, et s'ils se refusaient à nous satisfaire en ceci, nous les regarderions comme nos ennemis. Ce ne sera qu'après avoir reçu d'eux cette assurance que nous travaillerons à la délivrance de leur père. Cependant l'Électeur ne sera délivré et réintégré dans ses domaines qu'après avoir pris envers nous des engagements précis, comme l'exige l'intérêt commun. » « Le roi de France, pour sauver la liberté de l'Allemagne , s'engagera, pendant les trois premiers mois de la guerre, à payer deux cent quarante mille thalers, et pour chacun des mois suivants soixante mille thalers français; mais une compensation lui est due. Il a donc été trouvé équitable que le roi, le plus promptement possible, prenne possession des villes qui, de tout temps, ont appartenu à l'Empire, bien que la langue allemande n'y soit point eu usage, c'est-à-dire de Cambrai, de Toul en Lorraine, de Metz et de Verdun. Le roi les pourra conserver en qualité de vicaire de l'Empire. Comme tel, nous sommes prêts à lui être toujours dévoués à l'avenir, en réservant néanmoins les droits de l'Empire sur lesdites villes, et seulement pour les retirer des mains de notre ennemi. 11 serait bon que le roi allumât dans les Pays-Bas l'incendie de la guerre, afin que l'ennemi eût de l'occupation sur plusieurs points à la fois, et soit contraint de diviser ses forces. )) « Et comme le roi, dans cette affaire, s'est comporté très généreusement envers nous autres Allemands, nous prêtant libéralement secours et assistance, non seulement en ami, mais en père, nous nous engageons à garder toujours souvenance des services qu'il nousarendus, du bien qu'il nous a fait; nous promettons de l'aider à reconquérir les terres de son héritage qui lui ont été ravies, nommément la Franche-Comté, la Flandre et l'Artois ; à

Schirrmacher, Joh. Albrecht, t. I, p. 140-131. Le margrave Haas avait le premier u mis cette affaire en train, « comme le dit plus tard le Landgrave Guillaume à un ambassadeurde Ferdinand ; « seulement, comme on ne voulut pas arranger toutes choses à sa guise, il availquitté brusquemeut ses amis. « Bugholtz, t. Vil, p. Iü8, note.

708 l'I.A.N 1>0UU L EXTKRMI.NATIU.N DKS PUKTlUvS KT HICIIKS MAÜCIIANÜS.

n'élire point d'Empereur qui ne soit son ami et ne promette d'entretenir avec lui de bons rapports de voisinage et, s'il arrivait que ledit roi pût obtenir pour lui-même la couronne impériale, nous l'aurions plus à gré que qui que ce soit. »

Muni de ce document à jamais ignominieux pour l'Allemagne, le margrave Albert do Culmbach se rendit à la cour d'Henri IJ « pour terminer et conclure heureusement toute Taffaire. »

D'habiles capitaines, consultés à cet égard, fournirent différents plans do campagne pour combattre avec succès l'Empereur et son frère.

Gabriel Arnold, entré au service de Maurice en même temps qu'Hans de Hcidock, était d'avis « d'atteindre droit au cœur Charles- Quint et son frère, comme étant les plus dangereux ennemis de l'Empire, » et pour cela de s'en prendre à leur entourage immédiat, c'est-à-dire au clergé et à toute la race marchande, contre laquelle il faudrait procéder avccune extrême rigueur, sans épargner personne. » « Il sera nécessaire de publier des édits spéciaux pour la confiscation générale des biens de la prêtrailleet de tout ce qu'elle peut posséder, soit en argent, soit en nature; clairement expliquer par un manifeste qu'on n'entreprend la guerre que dans l'intérêt de tous les membres de l'Empire, qu'on leur est ami, et que l'unique but qu'on se propose est de résister, avec la grâce de Dieu, à la horde anticbrétienne et à tous ceux qui mettent obstacle au royaume de Dieu et prétendent condamner les Allemands à une servitude éternelle *. »

« Au nom du ciel, » écrivait Schärtlin de Burtenbach, le 10 octobre, au général en chef Hans von Heideck, « arrangez-vous pour que nous puissions toucher l'Empereur au cœur ; alors nous viendrons bien vite à bout de tout le reste. » Schärtlin n'était point d'avis de demander au roi de France de trop fortes contributions de guerre : « Je suis le fidèle Eckart de la nation allemande ; je viens vous supplier de l)ien diriger vos coups, et de no point attacher, dès le début, une trop grande importance à l'argent do France, car ce serait gâter toute l'aflaire. Selon ma conviction, le roi est juste : si les princes savent s'y prendre, il viendra de lui-même à eux et ils le mèneront où ils voudront. Je conseille d'insister vivement près de lui pour qu'il nous vienne personnellement en aide, mais il faut se presser, de peur qu'il ne se repente de ses premières offres -. » « Si Maurice

< Vers la fin de septunibre 1551; voy. v. Dhuffei., t. I, p. 7öO-7oJ . Hanke, qui cite le mémoire dAriiolii (t. V, p. 158) atténue tellement sa pensée quant au sort qu'il réservait aux prêtres et aux marchands qu'il se borne à lui faire dire : « On ne doit point souffrir en Allema;;ne de partisans de l'Kmpereur ; s'il se trouve des gens résolus à lui rester fidèles et qu'on ne puisse les déciiler à entrer dans la ligue, il faudra les combattre et les exterminer. » Uanke ne dit pas à quelles « gens » il faisait allusion. Du reste, Arnold en voulait surtout, et ne s'en cachait point, à tous ceux qui possédaient.

"- V. DuvvvLL, l. 1, jj. 778-779,

PLAN POUR l'rXTERMIXATIOX BRS PRINCRS KT RICHES MARCHANDS. 709

et ses alliés se joignent au roi et se dirigent avec lui vers l'Obcrland, » écrivait-il encore au mois do novembre dans uu mémoire sur la raanirre dont la guerre devait être conduite,« le roi m'enverra aussi là haut avec vingt compagnies d'hommes de pied et mille cavaliers, pour lui venir en aide; nous barrerons les détilés, et l'Empereur ne pourra jamais sortir de là. » « J'espère aussi m'assurer à Augsbourg le secours de certaines gens qui nous laisseront passer sans difficulté. » Avec « quelques milliers de couronnes, Schärtlin se faisait fort de décider « ces braves gens » à laisser pour eux la porte ouverte. » L'Empereur allait voir l'Oberland lui échapper ; ensuite on pourrait penser à le détrôner. Il faudrait alors convoquer tous les membres du Saint-Empire, remettre en leurs mains le gouvernement, et les charger de régler les questions financières et les intérêts les plus pressants de l'Empire; ceux qui feraient mine de résister, « on ira les chercher avec la croix. » Henri II. adoptant ce plan, offrit de rassembler vingt mille lansquenets et vingt mille Suisses, do marcher sur Strasbourg par la Lorraine à la tête de cette redoutable armée et d'aller, en cas de nécessité, rejoindre les princes dans l'Oberland. Une armée serait dirigée vers les Pays-Bas, une autre, plus considérable, vers l'Italie. « En un mot;, » écrivait Schiirtlin, a le roi est décidéà mettre toutes ses forces à notre service; il insiste pour que les opérations commencent dès le !"• février*. »

Environ à la môme date, (novembre lo5i)le margrave Albert de Brandebourg-Culmi)ach, à la prière do Henri II, proposait lui aussi son plan de campagne. Selon lui, la première chose à faire était de fermer l'Allemagne à l'Empereur en s'emparant des passages des Alpes ; il faudrait ensuite gagner le duc de Bavière, Ulrich de Wurtemberg et l'Électeur Palatin en partageant outre ces princes les pays de la Haute Allemagne. La France devrait aussi avoir sa large part de butin. « Si le roi consent à ce que l'Oberland soit partagé entre les princes, il les attachera très certainement à ses intérêts. Alors lui reviendront sans conteste les pays welches, toutes les villes entrées dans la ligue, la Flandre, les terres héréditaires de l'Empereur, et les princes l'aideront à contraindre ces pays à lui fournir en toutes circonstances des troupes entretenues à leurs frais 2. »

Cependant, Maurice, le 3 novembre, après un siège simulé, avait

' V. Drukfel, t. III, p. 302-304. Voy. le xMémoire rédigé par Schärtlin pour le roi de France, p. 310-312. « Si l'Empereur s'attarde à Innspriick ou eu Italie, il faudra le cerner, convoquer aussitôt tous les membres d'Empire, les appeler à notre aide pour nous défaire de lui, et élever un autre chef à sa place; celui qui refuserait, nous le tiendrions pour ennemi. »

2 V. DllUKFEL, 1. 111, p. 307-308.

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signé la capitulation de Magdebourg. Selon la lettre de ce document, la ville paraissait se soumettre, mais en réalité elle conckuiit la paix à des conditions très avantageuses. Elle prêtait serment d'hommage à l'Empereur et à l'Électeur, promettant do reconnaître ce dernier pour son légitime seigneur, jusqu'à ce qu'il plût à l'Empereur et à Maurice de lui donner un autre maître. Maurice commandait en souverain dans la ville. « Magdebourg et ses forts sont en nos mains, » mandait Jean Albert de Mecklembourg au duc de Prusse, « et nous entendons bien les garder, pour notre plus grand avantage. Le duc Maurice retient les cavaliers et les lansquenets jusqu'à ce que la poste arrive de France; alors, sans que rien nous arrête, nous pourrons commencer la campagne i.»

Cela n'empêchait point l'Électeur d'écrire, le 12 novembre, à Charles-Quint « qu'il avait pris possession de Magdebourg en son nom et se mettait entièrement à sa disposition ; que, s'il le désirait» il viendrait en personne le trouver et, avec l'aide de Dieu, lui don" nerait tant de preuves de son dévouement qu'il aurait tout lieu d'en être content. Sa Majesté ne devait pas ajouter foi aux calomnies de ses accusateurs, mais entendre d'abord ce qu'il avait à dire pour sa défense ; il le suppliait de se comporter envers lui en Empereur généreux, en maître débonnaire^. » Le 28 décembre, il remerciait Charles des peines qu'il s'était données pour trouver l'argent nécessaire à l'entretien de son armée, et] promettait de faire partir prochainement ses conseillers et théologiens pour Trente, où le Concile avait repris ses séances depuis le mois de septembre 3.

Déjà de farouches bandes de mercenaires avides se rassemblaient au nord de l'Allemagne. « J'ai trouvé tout ce pays occupé de préparatifs militaires, » écrit à cette date Melchior d'Ossa dans ses mémoires; « on se croirait en pleine guerre. L'armée de l'Électeur, après la reddition de Magdebourg, n'a pas été suffisamment payée et s'est mise en marche vers la Thuringe.Elle a exigé rançon de l'évêché de Magdebourg, dévasté les villages du comte Günther de Schwarzburg, et s'est avancée jusqu'à Erfurt, pillant, dévastant tout sur son passage et se livrant à d'odieux attentats sur les femmes et les jeunes tilles. Et ccmirae ceux d'Ei'furt ont refusé d'ouvrirleurs portes, elle a marché sur Mulhausen, y a longtemps séjourné et s'y est livrée à d'horribles excès ''. »

Après qu'on se fut exactement entendu avec la France au sujet des secours d'argent, Henri II, lo 15 janvier 1552, conclut à Gham-

1 Voigt, Fûrslcnbund, p. 149. 192, m 282.

« Voy. V. Dnui'FEL, t. I, p. 799-8U0.

s Voy. Y. DllUKFEL, t. 1, p. HSO.

* V. Langenn, Melchior von Ossa, p. 124.

LE iMARGRAVE ALBERT DE BRANDE B 0 UR G-CULMBAC [I. 711

bord, près de Blois, une alliance avec les princes K Le margrave Albert en jura les articles au nom « de la nation allemande -. »

Sous prétexte de a liberté et d'Évangile sans alliage, » une lutte tellement sauvage allait s'engager entre Catholiques et Protestants que jusque-là, sur le sol allemand, rien n'avait jamais approché d'une pareille férocité. « Même les rustres de lo2o, w écrit un témoin contemporain, «n'ont point commis de crimes plus exécrables, allumé d'incendies plus horribles, ordonné de plus atroces supplices que les princes d'Allemagne; ils ne se sont pas avec tant d'impudeur livrés aux plaisirs les plus bas. A la honte de l'humanité, 3cs princes, enloö2, les ont dépassés. Et c'étaient de puissants seigneurs qui se comportaient ainsi envers leurs concitoyens et leurs frères, attirant sur leurs tètes de telles malédictions que leurs descendant sont destinés à porter longtemps encore la peine de leurs forfaits! »

(f Plus que tous les autres princes ses complices, le margrave Albert de Brandebourg fit preuve d'une impitoyable cruauté. A le voir agir, on l'aurait pris pour une brute privée de raison. Il était à tel point l'esclave de Vénus et de Bacchus que peu de gens, même en ces temps de licence, ont porté le scandale aussi loin que lui. Lorsqu'il donnait l'ordre d'incendier un village^ il était ordinairement ivre depuis le matin. Il avait dès longtemps dilapidé les revenus de ses principautés d'Anspach et de Baireuth; son peuple était dissolu,

» V. Drüffel, t. III, p. 340-348.

* ScHAKTLiv. Lebenshiiftchreilninrf , p. 194. « A partir du moment, » dit Bar- THOLD [Deuisch/and und die Hugenolen, p. 74) « où ces princes aveuglés par leurs passions et poussés par leur odieux égoïsrae eurent mêlé un souverain étranger à la querelle domestique, depuis le jour où ils saluèrent en lui le bienfaiteur de leur nation, le libérateur de la liberté allemande, l'hvpocrisie politique et la vénalité furent à l'ordre du jour. Si malheureusement l'histoire du peuple et des princes d'Allemagne a plus d'un chapitre humiliant pour nous, il n'y en a certainement pas un qui soit capable de nous remplir de plus de douleur que ce premiei' grand acte de trahison. » « Maurice, » se demande Witti:r (p. 43-40),« n'aurait-il pas dû reculer devant le salaire offert par la France à sa trahison, et jusqu'à la dernière heure détourner les princes ses alliés d'une révolte ouverte contre l'Empereur ? Mais lui demander de tels sentiments serait bien peu connaître sa nature. Qu'importait-il à ce « Judas de Misnie » que de beaux évûchés, fiefs de l'Empire, en fussent détachés, pourvu qu'il pût travailler à ses propres intérêts ? On méconnaît étrangement Maurice de Saxe en lui prêtant d'autres idées, comme par exemple l'intérêt de la religion évangélique ouïe désir de délivrer son beau-père. Non, ces motifs ne le touchaient point. Ce qui est vrai, c'est que la passion de ses propres intérêts dominait tout en lui ; il ne recula pas devant la trahison, parce que cette trahison lui était avantageuse, et qu'il espérait qu'elle aurait pour résultat l'agrandissement de ses domaines. Qaatre évêchés furent mis aux pieds de la France pour assouvir son ambition. »

712 DKrn.WATiON 1)1 s ]\iŒrns dans les états d aep.rrt de brandebourg

impie. C'était un des princes les plus complrtemcnt ruinés de la Chrétienté; aussi ne trouvait-il d'autre moyen de se tirer d'affaire que le vol et le pillage ^ »

Son prédécesseur, le margrave Georges, avait dépouillé les églises et les couvents, fait fondre les ostensoirs d'or et dargent, les calices et l'orfèvrerie précieuse, vendu les ornements d'église, les perles, les pierreries; mais rien de tout cela n'avait suffi à combler rabîmc de ses dettes qui,s'accroissant d'année en année, montaient, en 1533, à plus de cinq millions de florins'"^. Les plus riches abbayes avec leurs appartenances, leurs fermes, leurs forêts, étaient depuis longtemps chargées d'hypothèques sans que rien pût remédier au mal. » En 1541, les dépenses annuelles de Georges dépassaient trois fois les revenus de ses domaines^. La vie dissolue des margraves, les orgies, les chasses, le jeu, les guerres privées avaient mis le comble à la détresse populaire. » « Nos fardeaux ne se peuvent plus supporter, » avaient déclaré les États en janvier 1541; « nous sommes ruinés par les impôts, par le centième pfenning, par le dépérissement du commerce et de l'industrie, par la cherté de vivres. La misère force un grand nombre d'entre nous à s'expatrier ; le gibier de nos princes perd les récoltes, et les pauvres paysans n'ont plus le courage de cultiver leurs terres; il n'est pas étonnant que beaucoup d'entre eux se sauvent, emmenant avec eux leurs femmes et leurs enfants; d'autres vendent leurs bestiaux pour ne pas mourir de faim. Les vexations, l'insécurité publiques sont telles que c'est à peine si l'on ose se montrer dans la rue. Il est si difficile de se procurer de l'argent comptant que les maisons et les propriétés ne trouvent point d'acheteurs. Si l'on force les rares propriétaires du pays à payer les nouveaux impôts, les riches seront bientôt aussi misérables que les pauvres *. »

Les mémoires des enquêteurs, les édits des margraves et les rapports de leurs conseillers retracent sous les plus sombres couleurs l'état moral et religieux de cette malheureuse population. Déjà le margrave Georges, « non sans horreur, » avait constaté que l'Iiabi-

1 Von Sc/tmalkaldischrn und markgrufliclicn Kriegsficmdliuigen, fol. 2(5-27.

* Voy. Lang, t. l, p. 168, et t. II, p. 21,47, 71. Oiioysen, 2'', 107. Voigt, AlbrecMAicUnudes,t. I, p. 21, 30.

3 Le tableau suivant marque la baisse progressive des finances dans la principauté :

nerp/tcs.

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