UW
Voy. Lang, t. 11, p. Mû, 232.
* Voy. MucK, Ueibironn, t. 1, p. 402.
DÉPRAVATION DES MOEURS DANS LES ÉTATS d'aLBERT DE BRANDEBOURG713
tudedu blasphème, des grossiers Jurons, des imprécations, devenait toujours plus commune, même parmi les petits enfants. » Dans toutes les paroisses et bailliages de la principauté, » écrivait l'Abbé luthérien Melchior Wunder, « les mœurs sont exécrables. Les blasphèmes, les imprécations, l'ivrognerie, d'autres vices plus honteux encore sont très communs. » On lit, dans un acte d'enquête rédigé en 1548, dans le village de Weissenbronn : « Ici, chaque maison entretient une fille. A Grosshaslach, la femme du pasteur est une pécheresse publique. A Ammendorf, les paroissiens appellent leur pasteur voleur, scélérat, prêtre de filles. A Petersaurach, trois prédicants et leurs familles ont causé les plus déplorables scandales; l'un d'eux distribue la Gêne dans les bains publics. «A Linden,« les habitants se conduisent de telle sorte envers les ministres de la parole de Dieu et font preuve envers eux d'une telle ingratitude que jamais nous n'avons entendu parler de rien de semblable. Et ceci bien qu'éclairés de l'admirable lumière de l'Évangile et après de si nombreux édits chrétiens !» «A Erlbach et à Wallmersbach, les prédicants ont été assommés par les paysans; le pasteur de Buchheira a été poignardé pendant la consécration de l'église. A Ammendorf, la population est si mauvaise et le désordre tel qu'aucun honnête homme du village n'ose aller et venir librement pour voir à ses pro priétés. Dans les auberges, on n'entend parler que de meurtres, de rixes, on y profère d'horribles blasphèmes. Voici, en l'espace de trois ans, les exécutions que le bourreau d'Onolzbach a dû faire : 104 tortures, 9 tortures préventives, 9 personnes mises aux fers ; un doigt enlevé, une oreille coupée, deux hommes noyés, cinquantequatre hommes suppliciés, généralement par la roue*. »
Le peuple, dans les principautés comme ailleurs, était fatalement tombé dans ce lamentable état moral, car tout ce qui jadis lui avait été sacré était maintenant l'objet de sou mépris. 11 n'exis-
1 Voy. ce document et d'autres encore plus étendus pour ce qui concerne les faits atroces;dont il est ici question, dans.MucK, t. [, p. 332, 394, 535, 539, et t. II, pages 7-42, 73, lus. « En lisant les plaintes des Abbés (particulièrement des chefs de monastères protestants de Heilsbronn), des margraves et de leurs conseillers sur l'accroissement de l'irréligion et sur l'immoralité générale au siècle de la Réforme, «on se demande,» dit l'auteur.qui est lui-même un pasteur protestant, « si les plaignants n'ont pas vu les choses trop en noir et s'ils n'ont pas apprécié les événements à un point de vue trop rigoriste ? Four pouvoir répondre à cette question en toute conscience et connaissance de cause, il faut avoir étudié tous les actes authentiques du temps, les us et coutumes des communes et des familles, particulièrement les documents concernant les prédicants et leurs familles. Malheureuse, ment tous ces témoignages prouvent sans réplique que les enquêteurs n'avaient que trop raison, et que la religion et la morale étaient tristement offensées dans le siècle de la réforme. » » Partout, parmi le peuple, régnait une licence effrénée. La grossièreté des mœurs dommait dans les familles et présidait à tous les rapports sociaux » t. H, p. 1 et 103.