‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 282 sur 572 · HENRI 11 ET LES PRINCES PROTESTANTS · texte numérisé non relu

HENRI 11 ET LES PRINCES PROTESTANTS

En même temps que les princes allemands, Henri II s'était mis en campagne.

Le roi de France, au dire de l'ambassadeur d'Angleterre, Roger Asham, désirait si ardemment faire le plus de mal possible à l'Empereur que, pour mieux atteindre son but, « il eût juré amitié éternelle aux Protestants, aux papistes, aux Turcs ou au diable K »

Tandis qu'il s'alliait aux princes protestants, il édictait en France contre les huguenots des lois sanguinaires et atroces, donnant l'ordre que ces malheureux eussent la langue arrachée avant de subir le dernier supplice 2. S'il se liguait avec les Protestants d'Allemagne, drclarait-il à son peuple, c'était uniquement pour le salut et la paix de l'Église, dans l'intérêt et pour l'exaltation de la religion Catholique 3. A fia môme date, il prenait vis-à-vis du Pape et du Concile de Trente une attitude si hautaine que Jules III put craindre un moment qu'à l'exemple d'Henri VIII il ne voulût se séparer entièrement du Saint-Siège ^. Avec les Turcs, au grand scandale des Français, il conclut un nouveau traité s, ne cessant de les presser de fondre sur l'Allemagne. Il écrivait au sultan que son dessein était de soulever une formidable tempête contre l'Empereur au moyen des princes allemands ^.

Le 3 février 1552, dans une lettre-circulaire rédigée en langue allemande, il annonça son arrivée à l'Empire, Il s'intitulait « le vengeur de la liberté germanique, lelibérateurdes princes captifs^. »

1 a For to do hurt enough to the emperor, woiilde become at once by solemn Icagece protestant, papish, türkisch, and devilisch. » Nares, Memoirs of William Cecil, lord Jiurghley [3 yo[. Londres, 1X28-1831), t. 1, p. S22.

- Avant de partir pour la guerre d'Allemagne, il ordonna au Parlement (12 janvier 1552) d'exécuter rigoureusement les édits contre les hérétiques «sans aucune exception de personne, longueurs ni dissimulations quelconques. » Voy. Kibier, t. 11, p. 377-37«

'^ Ordonnance pour la reine. 21 avril 1.552, voy. Ribier, t. Il, p. 390.

' Cosme 1" à Pandolfini, \n avril 1352, voy. Di:sjardins, t. III, p. 303. Henri II songeaità établir un patriarche à Pari.s;voy. la lettre de LuigiCapponi datée d'Orléans le? août 1.551, dans Desjaudins. 1. 111, p. 283, et la lettre de Schiiitlin deüiirtenbach, datée de Fontainebleau le H sept. 1551, dans v.Duuffel, t. I, p. 735. En septembre, le roi déclarait au Concile de Trente que l'Eglise de France entendait rester indépendante de son autorité. Maure.nurecheh, Karl V and die deutschen ProLeslunten, p. 2ü5.

* Voy. le rapport de Giovanni Capello, dans Albèri, sér. I, vol. Il, p. 284. L'alliance du sultan avec la France ne plaisait pas non plus au peuple turc. « era bestemmiata da tutti. » Voy. la relation d'Antonio Erizzo, dans Albèri, ser. III, t. IV, p. 139-141.

«Voy. ces documents dans Hibieu, t. Il, p. 294-300, 310-312.

' Voy. V. Drcffel, t. III, p. 370.

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