‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 288 sur 572 · CHAPITRE YI · texte numérisé non relu

CHAPITRE YI

TRAITÉ DE PASSAU 1552. — « l'iNCENDIE PRINCIER )) d'aLBERT DE BRANDEBOURG.

Ferdinand et Maurice, les évoques de Salzbourg, d'Eichstädt et de Passau, le duc Albert de Bavière et l'archiduc Maximilien, fils de Ferdinand, prirent seuls part aux délibérations de Passau qui s'ouvrirent le 27 mai. Tous les Électeurs, les ducs de Wurtemberg, de Clèves et de Poméranie, se contentèrent d'envoyer leurs chargés de pouvoir. Maurice remit au roi, par écrit, ses conditions et ses griefs sur les « attentats de l'Empereur à la liberté germanique, » attentats qui, selon lui, avaient été les justes motifs de la guerre : l'Empereur, violant le serment prêté le jour de son couronnement, avait confié les premières charges de l'Empire à des Espagnols, introduit sur le sol allemand destroupes étrangères lesquelles, en pleine paix, exerçaient toutes sortes de ravages; il avait méprisé les conseils des Électeurs et, sans leurconsentemcnt, donné des fiefs d'Empire, accordé des droits de juridiction. La rumeur publique l'accusait de vouloir rendre la couronne impériale héréditaire dans sa famille. Jamais les membres du Corps germanique n'avaient trouvé d'appui près de lui ; les Diètes étaient trop fréquentes et trop longues ; l'Empereur, par toutes sortes d'intrigues, y briguait l'universalité des suffrages; il avait interdit à la noblesse de servir chez les souverains étrangers. Maurice se plaignit aussi de la Chambre Impériale. 11 demanda que tous ses griefs fussent examinés et appréciés par le roi et les princes arbitres. Il répéta ce qu'il avait déjà dit à Linz au sujet du Landgrave, et réclama la complète amnistie pour tous ceux ([ui avaient pris les armes, et même pour ceux qui, avant la guerre de Smalkalde, avaient été atteints par le band'Empire. Quant à l'Inlérim, il ne devait plus en être jamais question. En matière de religion, on s était accordé sur tous les points essentiels de la foi chrétienne, et sur les

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