‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 291 sur 572 · LES CONJURÉS DEVANT FRANCFOBT SUR LE MEIN · texte numérisé non relu

LES CONJURÉS DEVANT FRANCFOBT SUR LE MEIN

blée de Passau sera aussi inutile à l'Empereur que celle de Linz *. »

A la fin de juin, Albert de Brandebourg-Gulmbach, se séparant des princes, se mit en marche vers le Mein. Pillant, brûlant, massacrant sur son passage , il traversa l'archevêché de Mayence avec son ft digne compère » Christophe d'Oldenbourg, livrant aux llammes les villes, villages ou domaines qui refusaient de lui donner tout ce qu'il exigeait.

Il n'extorqua pas moins de cinq tonnes d'or à l'archevêque de Mayence, et comme l'argent tardait à venir, incendia Bischofsheim, Miltenberg et Amorbach , chargeant Christophe d'Oldenbourg d'exiger d'Aschaffenbourg une rançon de cent mille florins et de mettre le feu au château de la ville, ainsi qu'aux habitations des nobles et à plusieurs maisons de prêtres. « Le margrave, » lit-on dans la Chronique de Zimmer, « fit mettre le feu à la vieille et splendide chancellerie d'Empire. Jamais elle ne se relèvera de ses ruines, et c'est grand dommage qu'une poutre n'en soit pas tombée sur son infâme tète 2. » « Les pauvres paysans ont été torturés de la manière la plus barbare, les femmes, les jeunes filles victimes d'attentats odieux. » Aux environs d'Aschaffenbourg, huit villages entiers sont devenus la proie des flammes. Il n'en reste pas même le nom 3. »

Albert, se conformant aux ordres d'Henri II,, somma l'archevêque de Trêves de lui livrer Goblentz, ainsi que le passage fortifié de l'Ehrenbreitstein. L'archevêque ayant répondu par un refus, Albert le menaça de venir en personne jeter le défi à toute la prêtraille du pays ^. » Il prétendit ignorer l'armistice conclu à Passau par les princes ses alliés, voulant, disait-il, se rendre si odieux en Allemagne que l'air refusât de le porter; en ce cas, il irait en France, et se servirait d'elle comme d'un capuchon ^.

Pendant ce temps, les princes alliés et Maurice, (jui était venu les retrouver à Merfrentheil, avaient quitté leur camp; après avoir pillé et brûlé le territoire du grand-maître de l'Ordre Teutonique, ils s'étaient dirigés vers Francfort, pensant « s'établir commodément dans la ville de l'élection. » Mais Francfort était défendue par seize compagnies de fantassins impériaux et par mille cavaliers, com-

' Voy. Bartiiold, Deutschland und die Uuçjenollen, p. 93.

* Zimmerisc.he Chroni/c, t. VI, p. 160.

» Kittel, Die Ruinen des Nonnenklosters im Thiergarten, p. 24-25.

* Helation de Mayence, voy. plus haut, p. 7lü. note 2. •■' Voigt, t. I, p. 321.

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