‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 292 sur 572 · SIGNATURE DU TRAITE DE PASSAU. — ALBERT DE BRANDEBOURG · texte numérisé non relu

SIGNATURE DU TRAITE DE PASSAU. — ALBERT DE BRANDEBOURG

mandés par Kurt de Hanstein. « Les ouvrages de Ibrtifications étaient tous en très bon état; les bourgeois, bien disposés pour l'Empereur, se mirent en devoir de repousser vigoureusement « les traîtres, les amis des Français. » Lorsque Maurice les somma de se rendre, ils répondirent qu'ils ne lui obéiraient qu'après sa conversion, et quand il aurait renoncé à son rôle de Judas. » Le 17 juin, le margrave Albert vint rejoindre les princes : dès lors, les malheureux habitants semblaient devoir se résigner aux horreurs d'un siège et au « déchaînement de l'orage. »

Mais le 24 juin au soir des délégués, envoyés par Ferdinand et les membres d'Empire réunis à Passau, se présentèrent au camp des princes pour faire ratifier le traité de paix que l'Empereur venait enfin de signer. Ils furent « entendus» le 25, mais avant de leur rendre réponse, Albert et Frédéric livrèrent deux furieux assauts à la ville. « Heureusement, ils furent si vaillamment repousses par les assiégés, » dit une relation du temps, ä qu'ils en perdirent toute envie de recommencer. »

Cet échec fixa l'irrésolution de xMaurice. S'il se fût rendu maître de Francfort, il eût difficilement accepté les modifications que l'Empereur avait fait subir au traité. Sur deux points, Charles, en dépit de tous les raisonnements de son frère, était resté inébranlable ^ : il refusait de souscrire à la paix perpétuelle tant (jue la concorde religieuse n'aurait pas été obtenue; il exigeait que, pendant une Diète d'Empire, « et avec le concours régulier de Sa Majesté, » des mesures fussent prises sur les moyens de rétablir l'unité. Jusque-là il ne voulait consentir qu'à un armistice. Il répéta plusieurs fois qu'il lui était impossible de faire davantage, que sa conscience lui défendait de consentir à rien de ce qui pourrait porter atteinte à la religion et aux graves intérêts communs aux membres du Saint-Empire et à lui. Il ajouta que si Ferdinand croyait pouvoir réconcilier sa conscience avec une manière différente d'envisager la question, il consentait à lui tout remettre entre les mains; quant à lui, il quitterait l'Allemagne. En outre il exigeait que, sur les accusations portées contre lui, il ne fût rien décidé à Passau en son absence, « et qu'on ajournât la discussion à la Diète prochaine où il comptait venir se justifier en personne, en présence de tous. »

Le 31 juillet, au camp de Francfort, Maurice déclara aux délégués impériaux « que lui et ses alliés acceptaient le traité, dans la forme où il leur était présenté. » 11 fut signé le 2 août. Maurice ne

' Sur l'inutilité des efforts de Ferdinand, voy. la relation de Roger Afham, dans Katterfeld, p. 183-184.« L'Empereur tient à son iionneur,» dit Afham; t il estime sa perte comme la plus grande que puisse faire un prince. »

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