‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 294 sur 572 · LE SIÈGE DE METZ EST LEVÉ · texte numérisé non relu

LE SIÈGE DE METZ EST LEVÉ

Un malheur suivait l'autre. De même que l'accord conclu avec le margrave portait un irréparable coup à la réputation de l'Empereur, jusque-là regardé comme le suprême représentant de !a justice et du droit en Allemagne,! échec qu'il essuya devant Metz, bien qu'il s'y fût distingué par sa bravoure personnelle *. ébranla profondément son renom militaire. Le duc François de Guise, commandant de la place de Metz, avait pris d'excellentes mesures de défense ; la saison était rigoureuse, les maladies décimaient l'armée impériale, l'argent manquait, et Charles, au commencement de janvier 1553, se vit forcé de lever le siège. Il licencia une partie de ses troupes, et telle était sa pénurie qu'il ne put donner qu'une couronne à chaque soldat. Tous se hâtèrent d'aller demander du service là où la guerre semblait promettre quelque chance de butin, indifférents à la cause qu'ils auraient à défendre.

A l'ouest, la frontière de l'Empire restait menacée, et la France avait toute facilité de poursuivre de ce côté ses conquêtes.

Henri II publia, le ^8 février, un nouveau manifeste contre Charles-Quint. Il y faisait appel à tous les Allemands, et ne rougissait point de railler son ennemi, alors très gravement malade -. 11 disait s'être fait en Allemagne de nouvelles et illustres amitiés; «car, disait-il, les princes allemands avaient en horreur le joug impérial et était convaincus de l'amour désintéressé de la France pour la nation

15o2,et lettre à Maurice de Saxe,I7 juin ISolJ. Voy. Voigt, t. II, p.'20, et v. Langenn, t. II, p. 354-358. « Dieu scayt ce que je sens, me veoyr en termes de fayre ce que jefays avec ledict marquis, mais nécessité na point de loy, » écrivait l'Empereur à sa sœur Marie, le 13 novembre loo2. Voy. Lanz, t. 111, p 513. A Ferdinand, le 15 novembre, il écrivait qu'il ne s'était résigné à cette convention que pour recouvrer la ville de Metz, « et éviter les dommaiges que, pendant que je suis occupé en cecy, ledit marquis eust peu faire nou seulement en mes pais, mais retournant en la Germanie, y treuvant si peu de résistance, comme Ion a veu lan passé, et y remeclre le tout en plus grande confusion. »Lanz, t. III, p. 515. Voy. aussi t. III, p. 560; voy. la lettre du cardinal-évéque d'Augsbourg Otto. Weiss, t. IV, p. 422.

' Katterfeld dit à ce sujet (p. 217) : « L'énergieavec laquelle Charles-Quint, malgré ses cruelles souffrances physiques, maintenait les résolutions qu'il avait prises, est surprenante. Il donnait à tous l'exemple de la fidélité au devoir et de l'abnégation la plus entière. »

2 De Thoü, Hisfor., I, lib. 12, p. 142. Henri II, se vantant des services qu'il avait rendus à la cause de l'indépendance germanique, écrivait à Strasbourg, le 6 novembre 1652 : « Les Etats n'ont plus rien à craindre pour l'avenir, ledict Empereur étant vieil, caduc, travaillé de malladie importable et hors d'état pour entreprendre leur remectre le joug dont ilz sont délivrés par notre moyen. >> Ilexhortait Strasbourg à nefournir aucun secours à l'Empereur pour l'aider à reconquérir Metz, Toul et Verdun, voulant « préserver et défendre Strasbourg de la tyrannie de la maison d'Autriche, et empeschant par là que l'Empereur ne les ruyne, ainsi qu'il a délibéré faire. » Voy. Kentzi.xger, Doc. hist., 36. Sur les injures personnelles adressées par Henri II à Charles, voyez la dépêche pleine de dignité de l'Empereur aux quatre Electeurs du Rhin, 25 février 1553. Voy. aussi Lanz, t. III, p. 543.

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