ALBERT DE BRANDEBOURG SE RÉFUGIE EN FRANCE
Sylvestre Raid, qu'il avait envoyé en ambassade au roi dcFrance, lui rapporta, dc'sa part, comme on Fappritau mois de mars 1534 à la cour impériale, les propositions suivantes : Henri offrait cent mille couronnes au duc proscrit du Meklembourget à lui à condition qu'ils lèveraient une armée de vingt-quatre mille hommes pour attaquer l'Empereur dans le duché de Gueldre et en Frise; il leur garantissait cinquante mille couronnes par mois et une pension de vingt mille francs; de plus, aussi longtemps qu'ils n'auraient pas recouvré leurs états en Allemagne, illeurabandonnait les revenusde domaines équivalents en France. Le margrave lui fit répondre 'qu'il serait toute sa vie son serviteur, qu'il l'aiderait à accomplir de grandes choses, que ses troupes lui prêteraient serment de fidélité et que tous ceux qui, dans l'Empire, « se montreraient mauvais Français et contraires aux intérêts du roi seraient traités selon leur mérite. » Il refusait néanmoins d'entrer en campagne avant d'avoir touché l'argent promis ; la solde mensuelle lui paraissait aussi trop exiguë ; le roi ne devait pas moins faire pour lui que pour Maurice et lui servir tous les mois soixante-quinze mille couronnes *.
Les négociations se rompirent.
Le 18 mai 1554, l'Empereur publia un édit ordonnant contre lui l'exécution du ban d'Empire, et les princes alliés réunirent des forces si considérables pour le combattre que le banni, le 13 juin, se décida à abandonner sa principale forteresse, Schweinfurt. Les princes l'atteignirent entre Volkach et Kissingen, et le défirent si complètement qu'il perdit son artillerie, son butin, ses correspondances et jusqu'à ses effets personnels et n'échappa |qu'à grand'peine à ses ennemis. Schweinfurt et Plassenbourg furent livrées aux flammes et le reste de ses états mis sous séquestre 2. Pauvre, proscrit, abondonné detous, il gagna enfin le sol français, accepta d'Henri II une pension de six mille couronnes ^, et ne songea plus qu'à de nouveaux et plus vastes complots.
iVoy. RucHOLTz, t. VII, p. 151-152.
2 Sur le pillage et Tincendie de Schweinfurt, voyez la relation du secrétaire Kilian (jöbel, dans Ueyniiaud, t. II, p. 245-238. En 1543. Schweinfurt comptait 7ÖG bourgeois; en 15.'jü, 115 seulement. Voy. Köpi.kh, t. IX, p. 204.
3 Lisch, Jahrlmch für mecklenliurghche Geschichte, 2" année, p. 182.