ATTITUDE DU CARDINAL ARCHEVÊQUE OTTO. 1S
que, bien que ce fût une œuvre louable de rechercher et de discuter les moyens de revenir à l'unité, ils craignaient que rien de fécond ne pût sortir soit d'un concile, soit de conférences religieuses, avant qu'une paix religieuse sans condition n'ait été garantie aux Protestants ; le roi, conformément aux articles de Passau, devait travailler à procurer cette paix pendant la Diète d'Augsbourg *.
Les discussions « sur les meilleurs moyens de revenir à l'unité » furent donc « ajournées, » et les Protestants firent si bien que, dans le collège électoral, les prélats eux-mêmes se prononcèrent pour la « paix perpétuelle » dans le cas même où l'on ne serait pas parvenu à s'entendre sur les points controversés. Cette paix perpétuelle, comme Zasius, le conseiller de Ferdinand, l'écrivait le 5 juin, était l'objet des désirs des Protestants depuis la fameuse déclaration de l'Empereur ; mais jamais encore, selon lui, ils n'avaient été si près de l'obtenir 2.
Au conseil des princes, la décision des Électeurs trouva dans le cardinal Otto, évêque d'Augsbourg, un adversaire déclaré. Il ne voulut pas entendre parler d'un compromis qui menaçât de perpétuer la scission de l'Allemagne ; même dans le cas où la conciliation désirée ne se pourrait faire. « Accorder une telle paix, » disait-il, « ce serait annuler d'avance tous les bons effets du Concile; l'un des partis doit nécessairement céder à l'autre, car il ne peut y avoir deux vraies religions. Dieu étant le Dieu de l'unité et non de la discorde. Si la majorité en décide autrement, le serment que les évêques ont prêté au Saint-Siège leur interdirait absolument de la suivre dans celte voie. Le pouvoir temporel ne peut se mêler des affaires intérieures de l'Église, et de celte confusion des droits sont sortis la plupart de nos maux, comme chacun le peut constater. Renoncer à la juridiction épiscopale, c'est vouloir l'esclavage. Que beaucoup d evêques aient manqué à leurs devoirs, cela est malheureusement trop vrai, les chefs spirituels doivent le reconnaître et n'hésitent pas à le faire en présence du monde entier. Mais ce n'est pas une raison pour s'arroger le droit de renverser la constitution et le gouvernement de l'Église, il
l'Intérim, à condilion qu'il fût agréé de tous les membres d'Empire catholiques comme on l'avait espéré au début ; on arait, selon lui, concédé dans l'Intérim les points auxquels les l'rolestants atlacliaient le plus d'importance, l'article de la justification, le véritable usage des sacrements, le mariage des prêtres, le reirauchemeut ilei canons de la messe. » Voy. \\ olp, Augxbwf/er Religionsfriede, p. 24, note 3 ; voy. les curieuses lettres des margraves Hans et Joaciiim (février lî)o5), dans MosRn, Neues patriotisches Archiv, t. Il, p. 83-98.
' Lehmann, p. .S3-54.
î WoLF, p. 22-23.