DISCUSSIONS SUR LA TOLÉRANCE
près états l'obligeait de hâter son retour, les mouvements des Turcs faisant craindre la prompte invasion de la Hongrie. Il leur proposa donc de remettre la fin des débats au mois de mars prochain, et jusque-là de laisser subsister dans toute sa valeur le traité de Passau.
Mais cette proposition déplut également aux Catholiques et aux Protestants; ces derniers entendaient bien mettre l'occasion à profit pour obtenir sans délai ce qu'ils souhaitaient depuis si longtemps, et les Catholiques suppliaient le roi « les larmes aux yeux » de ne pas les quitter avant d'avoir conclu la paix entre eux et leurs adversaires, puisque sans cela la guerre était certaine et qu'ils n'étaient pas en état de se défendre * .
Ce que voulait dire ce mot « guerre de religion », les princes ecclésiastiques, dans les dernières années, en avaient fait, ainsi que leurs sujets, « la sanglante et cruelle expérience. » « Si le Dieu Tout-Puissant, enpunition de nos crimes, » écrivait le licencié Emann, « permet encore une fois que nos pays soient visités par le vol, le pillage, l'incendie, le viol, les farouches et grossiers soldats de la Ligue, sans aucun doute le Saint-Empire est perdu et le peuple, devenu sauvage, tombera dans la plus complète barbarie. La partie adverse fait entendre de telles menaces qu'on pourrait se croire à la veille d'une nouvelle série d'horreurs -.»
Les princes ecclésiastiques et leurs représentants étaient sous le coupd'une telle épouvante que, dans les commissions, « ils cédaient sur presque tous les points ^, » avec le secret espoir que le roi ne ratifierait pas leurs votes ^.
Le 30 août, Ferdinand fit aux États une nouvelle communication au sujet de la « réserve ecclésiastique, se déclarant d'autant plus obligé de la maintenir que rien n'avait été prescrit aux Protestants, quant à la manière dont ils auraient à se comporter dans les évêchcs et paroisses confisqués et envers les évéques^ prieurs, curés ou chanoines, dans le cas où ceux-ci songeraient à apostasier. De même, dit-il, que les Protestants auraient peine à tolérer que les Catholiques exigeassent d'eux le maintien des prédicants ou ecclésiastiques ayant abandonné leur confession et ensei-
1 Ferdinand à Lippomano, évêque de Vérone ; voy. la dépêche de ce dernier, datée du 31 août 1555, dans Maurenbrecher, appendice 180 *.
* * Dépèciïe du 27 août 1585, voy. plus haut, p. 77U, note 1. ' Emann dans la lettre citée plus haut.
* « Si vede inloro (gli ecclesiastici) poca costanza et qui corne questi protestanti nelli consegli bravano di tragli i vescovati per fuerza se non con^entono aile demande ingiuste, habeut geuua ita debilia, ut cousentiant ad omnem rem etiam turpem, pensandojpure che il Re poi, ad quem omuia postremo deferuntur.non habbia a lasciar passer le cos« concluse, »écrivait 1 évêque Lippomano le 3 août 1555. Voy. Maihebrencheh, appendicu 177 *.