NÉGOCIATIONS AVEC LES KVKQUES AU SUJKT DU CONCILE
l'exemplo de nos pères (lui, dans les lem{)s difficiles et (juand la barque de l*ierre menaçait de s'etij^doutir, ont l'ait preuve d'une si héroiipie confiance? Ils ont triomphé de l'orafjre, grâce à cette humble mais active espérance. Imitons-les. Si nous n'avions pour appui que des hommes, fussent-ils rois, princes ou évêques, il laudrait,eneffet, désespérer, car les hommes hésitent, ils sont indifFérenls, craintifs, anxieux^ préoccupés de toutes sortes d'intérêtson ne peut se fier en leurs promesses les plus solennelles; mais toute notre espérance est dans le Seigneur; attendons les efFets de sa protection. Le Saint Père nous exhorte à mettre à profit toutes nos ressources, à aiguillonner toutes 1<îs énergies, mais surtout à recourir à Dieu *. »
La conduite de l'archevéquc! Sigismoiid de Magdel)Ourg était bien faite pour prouver qu'en elFet on ne pouvait ajouter foi aux plus solennelles promesses des hommes. Ce prélat avait remis à Gommendone une lettre dans hKiuelle il acceplait huu)l)lement la bénédiction du Pape et remerciait Dieu d'avoir donné Saint-Pére un caractère si énergi(jue et une si tendre aiïection pour la nation allemande. 11 avait promis de venir à Trente, bien qu'il sût que le Pape serait entouré de beaucoup d'hommes d'un plus grand mérite (jue lui, mais persuadé que nul, du moins, ne le surpasserait en fidélité et en respect. C'était avec la plus filiale confiance, avait-il répété, (lu'il se tournait vers le Pape; il brûlait de lui demander conseil et secours pour les atfaires de son diocèse -. Cependant au moment môme où il faisait ces chaudes protestations^ Tarcheveque était en secret luthérien, et avant qu'un an se lut écoulé il déclarait ouvertement son apostasie.
Le moment était grave et décisif.
« Tous les Catholiques sont persuadés, » écrivaient de Trente les ambassadeurs du roi de Pologne, « que du Concile dépend le salut de l'Eglise^.»
' ' Le 27 août l.SOI, au jésuite Jean de Rcidl. Voy. plus liaul, p. -.i-j , note /(. - Hkiman.n, Sendung, pp. 2ü6-257.
■* Raynai.ü, ad a . i5üa, n' 121.