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DES PRÊTRES. — LA RIÎEORME DES PRINCES

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Depuis le jour où Pie II avait pris la résolution de rouvrir le Concile, il n'avait rien négligé pour atteindre son but; les obstacles, les dillicultés ne l'avaient point rebuté. « Nous avons bonne intention, » disait-il à l'ambassadeur de Venise un jour que, très soutirant d'un accès de goutte, il lui donnait audience dans sa clianibre : « mais hélas ! nous sommes isolés ! » « Je fus ému do compassion, »rapporte l'ambassadeur, « en entendant le Saint-Père, étendu sur un lit de douleur, me dire une seconde fois : « Oui, nous sommes seuls pour mener à bien une si grande entreprise et porter notre lourd fardeau! » Pie II a vraiment tout le zèle qu'on est en droit d'attendre du premier pasteur de l'Eglise. 11 n'épargne ni temps m peine pour l'aire aboutir le Concile, cette œuvre si ulde et si sainte^ ».

Le 18 janvier 1562, le Concile, deux fois interrompu, reprit ses séances .

Toutes les puissances chrétiennes y avaient été invitées, tous les pouvoirs dissidents pressés de s'y rendre « dans un esprit d'union et de paix », pénétrés de la pensée c que la charité est le lien de la perfection et que tous les chrétiens ont été appelés par le Christ à ne former qu'un seul corps'^ ». Comme l'Empereur avait insisté pour

' Voy. Ranke, Päpste, t. I, pp. 328 et suiv.

* Voy, BucHOLTZ, t. VIII, p. 419. L'archevêque de Prague écrivait le 10 mars 1562 à l'Empereur : « Salvus conductus talis a concilio datur protestantibus, qualem ante decennium ipsi sibi conscripserunt et in hac forma dari voluerunt, imo, sunt qui certo affinueiit liane formulam publicie fidci ab ipso lîrcntio conscriptam esse. B Voy. Siükül, p. 27ü ; vuy, p. tlo, lu i-claliua de l'atiibasbadeui- impérial.

154 LES PROTESTANTS ET LK CONCILE. loG^.

que la promulgation des nouveaux décrets fût ajournée, espérant, par celte concession, décider les Protestants à répondre à l'appel du Saint Père, les légats, avec l'approbation du Pape, proposèrent de commencer par la mise à l'index des livres condamnés, pensant que les Luthériens viendraient prendre au Concile la défense de leurs doctrines. Mais ni le Pape ni Ferdinand ne purent ébranler leur résolution, bien que des décrets d'Empire eussent garanti leur sécurité en termes qui ne pouvaient leur laisser aucune inquiétude, et qu'ils fussent, au fond, très persuadés que l'Empereur, en leur absence, ne violerait ni ne laisserait violer en aucune manière la paix de religion. Entre eux, ils n'appelaient le Concile que « le synode de Satan«.

Pendant toute la durée du Concile, des bruits alarmants circulèrent sur la formation d'un prétendu complot papiste pour l'extermination générale des Evangéliques. Aussi, du côté protestant, insistail-on sur la nécessité de prévenir les assassins et de déjouer « l'exécrable complot Catholique ». A les en croire, le Pape et les évêques étaient résolus de se défaire des Confessionistes par le glaive ou le poison.

Le cardinal Otto, instruit de ces mensonges, écrivait à Albert de Bavière le i26 septembre 1562 : « On prétend tenir de bonne source que le cardinal de Trente a donné ordre à (pielques welches d'assassiner plusieurs princes et Electeurs du Saint-Empire et que, dans ce dessein, le Pape a envoyé en Allemagne, muni de poisons subtils, un certain Ludovic Martollo. Ce ne sont là ([ue mensonges d'hérétiques; ils montrent, parla, toute la noirceur de leur âme. Jamais paysan, à plus forte raison, jamais prince, n'eût ajouté foi, jadis, à d'aussi pitoyables contes. Pour les croire, il faudrait avoir une légèreté, je ne dis pas allemande, mais toute française. » Otto, quehjue temps auparavant, avait écrit : « Dans toute l'Allemagne, je le dis avec une profonde douleur, le bruit se répand, chez les petits comme chez les grands, que le Pape veut faire exécuter les décrets du Concile, au moyen des écliafauds et des supplices. En présence de ces calomnies nous ne pouvons nous dispenser, en vrais et byaux Allemands que nous sommes, pour rendre hommage à la vérité et prouver notre amour et lidc'lité envers Dieu, de donner à nos frères et à notre pays cette simple et très véritable assurance : Le Pape regarde le Concile comme le meilleur moyen de remédier aux maux et abus de l'Eglise; ni lui ni les siens ne songent à la guerre, les (^alliolitjues n'ont aucune pensée hostile. Nos adversaires aurai(!nt grand tort <raj(jul('r foi aux bruits absurdes (|uedc vils agitateurs propagent. <Ju'ils s'inl'onuent, qu'ils envoient

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