‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 424 sur 572 · SITUATION MORALK ET RELIGIEUSE DANS LE DUCHE DE PRUSSE · texte numérisé non relu

SITUATION MORALK ET RELIGIEUSE DANS LE DUCHE DE PRUSSE

les échoppes, le premier, le plus ordinaire sujet do conversation, cclsiit Vaùslrnciu vi]e concrclo ; on se (juerellait niervoilleusemcnt à ce sujet, et les prrdicants soufflaient le feu de toute leur force, excitant leurs auditeurs contre quiconque ne pensait point comme eux. '. » « Satan-Wigand, » écrivait son ancien ami André de Mayendorf, « est poussé par le démon à pt-rdrc llessus; il rage et tonne contre lui comme un homme en délire, et crie à tue-tête : « Arriére cet homme - ! »

üans un synode présidé par Wigand et composé de vingt ministres, la solution suivante fut adoptée : « I.a proposition que l'humanité du Christ in abstracto, c'est-à-dire on elle-même, est toute puissante, est un blasphème (}ue les Eglises rejoltont avec horreur et qu'elles abolissent à jamais. Les intérêts do la foi exigent qu'llessus, qui tient de pernicieux et scandaleux discours, les corrige, et fasse amende honorable ; et comme la dispute remplit la Prusse entière, on publiera dans toutes les chaires, en usani toutefois de modération, que la proposition «m abstracto a été condamnée, et que révoque de Samland a consenti à corriger ses discours pour la plus grande gloire de Dieu, afin que les âmes ne soient plus scandalisées à l'avenir. »

Mais Hessus refusa absolument de se soumettre au synode : « Si jamais vous me faites souscrire à ceci, je veux bien être pendu! « s'écria-t-il; « ou bien j'attellerai mes chevaux, cl je dirai bonne nuit à la Prusse : Hue! hue I (jue les hiboux et les farfadets y demeurent si bon leur semble! )j 11 nia l'autorité du synode, prétendant que, d'après les lois de la Prusse, il n'appartenait qu'à un Concile général déjuger un évéque, et que Wigand, en la personne duquel le diablo avait présidé l'assemblée, avait voulu tondre un piège à tous les évéqucs futurs. « Notre synode, » répondit Wigand, « a tout autant d'auloiilé (juecelui de lamaisonde Zacharie, où trois personnes seulement ont sanctionné lodogmo de la naissance du Christ. Et pourquoi l'enfant ne pourrait-il pas enseigner son père? Une ânesse a bien enseigné JUdaam! » llossus se défendit avoc tant d'énergie et de violence, dans la chaire de Kjuigsberg, (pio le peuple menaça de tirer sur les partisans de Wigand et de mettre la ville à feu et à sang.

I.acour ducale fut longtemps indécise sur le parti (ju'i'llo devait prendre, car un ellroyable orage pouvait sortir de toute celte »luorelle. Enlin lo duc, toujours en proie à la maladie (pii le consumait, déclara, on verlüde l'auUjrili'; don! il était révolu, (pie, i)uis(iuo Févôque

' llAIllKNOCII, ]l. 4Cft.

== LiiU(;Kn;i.i>, |>|». l'iti, 140.

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