ORIGINF.S T)K LA REVOLUTION DES PAYS-BAS
rapport de Christophe de Wurtemberg il dit un jour, à Francfort, pendant la conférence des princes (loGS), « que le mariage n'avait éléinslitu«^. et ne devait être respecté qu'alin (|u'on pût être bien sûr d'avoir des héritiers de son sang, mais que ce n'était point un péché d'avoir des maîtresses ». Auguste de Saxe, au dire de Christophe, lui avait entendu tenir ce propos aussi bien que lui '.
Par son mariage, Orange s'était flatté de grouper autour de lui les princes protestants pour la réussite de ses plans révolutionnaires. « Cette union, »écrivait un agent diplomatique anglais (4 août loCl), (( a été le point de départ de sa grandeur '^. »
En Flandre, dès 1563, on exprimait tout haut l'espoir de voir bientôt « la poire mûrir ». Le 1'='' novembre, Louis de Nassau annonçant à son frère Guillaume que Wurzbourg vient de tomber au pouvoir deGrumbach et de ses compagnons, le presse d'enrôler des lansquenets : « Plus de quatre cents gentilshommes, » lui écritil, « sont déjà ligués et confédérés; tous ont juré d'exposer leurs corps et leurs biens pour la bonne cause, et de combattre s'il !e faut l'Empereur lui-même. » Le moment, ajoutait-il, était on ne peut plus propice : Guillaume devait s'etforcer d'attirer de son côté les chefs de guerre qui avaient servi sous Grumbach. Quant à lui, il espérait bien être nommé général en chef du cercle de Westphalie,et serait ainsi en état d'avoir sous la main en temps opportun, sans exciter aucune méfiance, bon nombre de gens de guerre''. Le prince d'Orange approuva ses vues. La même année, le comte Günther deSchwarsburg écrivait au prince de Sondershausen:« On fait ici courir le bruit (jue les Protestants, craignant que le roi d'Espagne ne prête main forte au Pape pour Texecution des décretsdu Concile, prendront Tinitialive et envahiront le Brabant. » ^ L'année suivante, Gudlaume d'Orange
laïune le Taciturne, t. I, p. 430. Reiffenberg, Coi-resp., pp. 260, 279. Phospkh LEVF.syL-i;, Mémoires de Granuelle, t. I, j). 25t. Räumer, Histor. Taschenhucfi, 1836, p. 175. Sur la conduite peu loyale du prince d'Orani^çe à l'époque de son maria;.;c avec Anne de Saxe, voy. Koi.i.igs, Wilhelm von Oranien und die Aufümje des Aufslands der Niederlande (Bonn, 1884), pp. 8-20. Le 12 mai 1366, Guillaume écrivait encore à Pie V : « C'est mon désir et ma volonté d'être toute m.\ vie le 1res humble et très obéissant serviteur et fils de l'Eglise et du Saint-Sicj^e et de persévérer dans cette volonté, dans cette soumission et cette obéissance, comme l'ont fait mes ayeux. » Voy. le te.xte de cette lettre et une seconde lettre du 8 juin IßbÖ où il proteste de nouveau au Saint-Père de sa sollicitude pour le maintien de l'aficicnac relitçion catholique, dans les Stimmen aus Maria Laach, t. XXI, pp. 219-220. Cependant, Croen van Puinsteri.r ilit, en parlant de lui : « 11 était protestant de ca'ur et de conviction, » t. II, XVlll.
* Voy. M. RiTTEi», Anfnmje, p. 410, note 2.
* KeRVYN DE Lettenhovk, t. I, p. 71.
' ... « On pourrait, sous ombre de cecy, avoir toujours une bonne quantité de gens de [guerre à la main, sans aulcun soupi'on, y mettant vous et nous aullres (pielque somme j)ar an avcctpies. » Groen van Prinsteuer, Supplément, 14>-15*.
* GllOEN VAN Prinstiher, t. 1, j>. 99.