‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 446 sur 572 · ORIGINES DE LA REVOLUTION DES PAYS-BAS · texte numérisé non relu

ORIGINES DE LA REVOLUTION DES PAYS-BAS

attendait avec impatience la réconciliation de la Suède et du Danemark qui devait donner toute liberté à Günther et à d'autres chefs d'armée de le rejoindre. On pourrait alors se voir et se concerter K

Pendant ce temps, des émissaires français et anglais excitaient sourdement la révolte et conspiraient avec le prince Orange. Des paraphletS;, des libelles préparés à Londres étaient abondamment répandus parmi le peuple, invité à se soulever contre la tyrannie de Philippe II et du cardinal Giauvelle^ premier ministre de la régente "^. Le nombre des sectaires croissait tous les ans. Déjà, autour de certaines chaires, les auditeurs ne venaient plus qu'armés; plusieurs couvents furent pillés et incendiés. En l.^.jo, on découvrit à Anvers et à Bruges l'existence d'une secte où la polygamie était autorisée; les hommes y épousaient autant de femmes qu'ils en pouvaient nourrir, quatre pour le moins. Lorsque les femmes témoignaient quelque répugnance pour les coutumes de la secte, le prédicant avait le droit de les condamner à mort. « Il est grand temps de remédier au mal, » écrivait l'évèque de Gand en 1565, « si l'on ne veut voir ici une nouvelle Munster; et la révolution serait, chez nous, beaucoup plus terrible qu'ailleurs, parce qu'elle se propagerait, comme un incendie, de province en province. Les Anabaptistes sont très nombreux parmi nous; viennent ensuite les Calvinistes qui excitent, comme eux, le peuple à la révolte ^. »

Peu de mois auparavant, un synode calviniste français s'était réuni à la Ferté-sous-Jouarre (27 avril 156i). Sur la proposition de Théodore de Bèze il y avait été question des Pays-Bas. L'assemblée avait décidé à la majorité des voix que le moment était venu de prendre les armes pour défendre la bonne cause ^.

Néanmoins on se tint encore tranquille pendant quelque temps.

A dater du jour où Guillaume d'Orange, d'intelligence avec le comte d'Egmont, qu'il avait su attacher à ses intérêts, eut obtenu de Philippe II la destitution de Granvelle (1564), « l'Etat perdit son pilote '^, » et la régente devint le jouet du parti révolutionnaire. Les nobles prirent en main le gouvernement, pour le plus

• Groen van Prinsterer, t. II, p. 22.

- Pour plus de détails, voy. Kervyn de Lettexiiove, t. I, pp. 164-205.

ä Heymanx, Epistolœ, p. 62.

■i Kervyn de Lettenhove, t. I, pp. 206-207.

'" Voy. dans Janssen, Schiller als Historiker (Fribourç, 1879), pp. 56-57, l'opinion des historiens modernes, en partie protestants, sur le cardinal Granvelle. Groen van Prinsterer lui-même déclare peu fondées les accusations portées contre lui et fait cette juste remarque : « Le principal grief de ses antagonistes c'est qu'il avait l'œil trop ouvert sur leurs desseins. » 'Archives, i. I, p. 191.

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