‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 450 sur 572 · AUGUSTK DE SAXE ET LA RÉVOLUTION DES PAYS-BAS · texte numérisé non relu

AUGUSTK DE SAXE ET LA RÉVOLUTION DES PAYS-BAS

Auguste de Saxe et le vieux margrave Philippe de ilossc ont été éclairés et gagnés à la bonne cause '. »

Pendant le siège de Gotha, Louis, porteur d'un noessago d'Orange, était venu en effettrouver Auguste de Saxe. Vers le milieude février, il rendait compte de sa mission à Philippe de liesse, Auguste conseillait au prince d'Orange de se déclarer promptcment pour la Confession d'Augsbourg, de conserver son gouvernement, et de promettre à Philippe II de maintenir les Pays-Bas dans une exacte obéissance. Si, dédaignant ces avances, le roi continuait à vouloir la lutte. Orange n'aurait plus qu'à poursuivre sa roule, et s'il était attaqué, l'Electeur promettait de le soutenir en bon et fidèle ami. « Il serait temps d'apprendre à nager lorsijue l'eau passerait pardessus la vanne. » Quant à l'armée de Gotha, Auguste s'engageait à la surveiller, alin qu'elle ne passât point au service de l'Espagne. Il s'était informé des forces militaires sur lesquelles on pouvait compter, et Louis ayant montré ',ses registres et assuré qu'il serait facile de mettre en campagne plus de six mille chevaux et quatre régiments de lansquenets, Günther de Schwarzbourg avait promis de fournir, de son côté, quatre mille reîtres. Lui et l'Electeur espéraient voir toute l'armée de Gotha embrasser le parti d'Orange. « Déjà, » rapportait Louis, « beaucoup de capitaines ont demandé à porter les insignes de guerre adoptés par les gueux -. »

Ces pourparlers ne furent pas ignorés de l'Empereur. Un de ses agents lui écrivait du camp de Gotha le 19 février 1567 : « Votre Majesté a déjà accjuis la certitude que les Flamands ourdissent de tous côtés des complots, et que les deux fils aînés du landgrave de Hesse sont présentement à leur service, ainsi que le duc Jules de Brunswick^ fils du duc Henri. Le comte de Nassau est venu ces jours-ci au camp pour enrôler des soldats. 11 parlemente en ce I moment avec l'Electeur au sujet des fantassins et des reîtres (fu'il désire prendre à sa soldcà Tissuede la campagne^ » Lorsquel'Empereur Ht à ce sujet des représentations à Auguste, il nia énergi- (luement le fait et se défendit d'avoir trempé dans une afTaire si peu loyale. A l'entendre, il n'avait jamais pris aucune part à la révolte des Flamands. « Je ne nie pas, » écrivit-il le 29 mars à Maximilien, « que le comte de Nassau ne soit venu chez moi; il es! très vrai que je lui ai parlé, mais il n'a pas été (piestion de lui fournir des rc^nfortset il ne m'a pas pressé d'embrasser le parti des rebelles;

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il n'a rien dit non plus (|iii put me faire supposer qu'il approuvât la rébellion des sujets contre leurs maîtres héréditaires.» «Si le comte m'avait parlé dans ce sens, l'Empereur connaît assez ma loyauté pour être persuadé que je lui aurais répondu comme le voulait l'attacli(!ment très respectueux que j'ai toujours témoigné à Sa Majesté et le devoir que j'ai envers elle. Il n'entre pas dans mes idées d'intervenir jamais dans la politique des autres, surtout quand il s'ayit de la religion. » « D'ailleurs, Votre Majesté sait assez quels sont mes sentiments pour la Maison d'Autriche et aussi pour Sa Majesté d'Espagne; depuis que je gouverne, non seulement je n'ai jamais agi contrairement à leurs intérêts, mais encore et de tout mon pouvoir, je leur ai témoigné mon dévouement par tous les services affectionnés que j'ai été à même de leur rendre. » « Que Votre Majesté veuille donc ne pas ajouter foi à de telles calomnies. » Auguste s'informait ensuite des intentions de l'Empereur au sujet de l'armée (le Gotha. « Ne serait-il pas sage de la faire passer au service de l'Espagne, pour prévenir plus sûrement les projets des révoltés*? » Ainsi parlait l'Electeur, qui promettait à Louis si peu de temps auparavant « de veiller à ce que l'armée de Gotha ne servît point les intérêtsdu roi d'Espagne'). Du reste, Philippe l'avait en fort médiocre estime. Dès le 15 octobre 156G, la régente Marguerite écrivait à Madrid qu'on ne parlait de rien moins que du partage des Pays- Bas :« Le comte Brederode aurait la Hollande, » écrivait-elle; « les ducs de Clèves et de Lorraine se partageraient le duché de Gueldre; le Brabant serait au prince d'Orange; la Flandre, l'Artois et le Hainautà la France; la Frise et l'Over-Yssel à TEIecteur de Saxe ^. » Auguste niait avoir jamais eu connaissance de semblables projets. Cependant ces bruits continuèrent à circuler. En mai 1568, l'Empereur lui écrivit de nouveau : «Certaines gens persistent à dire que Votre Grâce est d'intelligence avec le prince d'Orange et que vous songez à envahir la Frise •^. »

Tandis que, dans un grand nombre de territoires protestants on enrôlait des soldats pour envahir les Flandres, alors partie intégrante de l'Empire, Maximilien autorisait Philippe II à lever une armée sur le sol allemand pour dompter la révolte. Le roi d'Espagne, déclarait-il, était un des membres les plus puissants du Saint fc^mpire. Les dix-sept provinces flamandes qui formaient le cercle de

' Groen van Piunsterer. Suppl., o9'-63*.

^ Gachard, Correspondance, t. I, p. 473.

3 Groen van Prinsterer, t. III, pp. 218. En 1560, le roi Philippe écrivait : « Je crois que c'est au duc de Saxe et à Schwendi que nous devons la guerre. » Gachard, Corresp , t. II, p. 54, note 1.

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