DUC d'à LR E. !ü
Bourgogne payaient d'importantes contributions; Philippe, dans les assemblées d'Empire, avait le siège et la voix; sur ses revenus personnels il avait, lors de la dernière expédition contre les Turcs, fourni des sommes considérables; entin, l'Empereur ne pouvait consentir à ce que des provinces relevant de l'Empire lussent ravag(''es par des rebelles.
Des pamphlets, des feuilles volantes, répandus en masse par les protestants, appelèrent Maximilien « le nouveau Julien l'Apostat, on l'accusait d'être l'ami de l'Espagne* ».« De tous les côtés, » dit une chronique contemporaine, « ces pamphlets furent propagés; on reprochait à l'Empereur ses alliances infâmes avec les pires ennemis de la Chrétienté-. » D'autre part, parmi les membres d'Empire, on lit conrir le bruit que l'Empereur n'était pas sincère, qu'au fond il était pour les Flamands, et qu'il avait dit confidentiellemeni au comte Günther de Schuarzbourg qu'il était obligé de montrer certains égards à l'Espagne parce que ses fils y étaient élevés et (|u'il en attendait d'importants secours contre les Turcs, mais que si Philippe publiait des édits rigoureux, le devoir serait de lui résister '^. Le duc d'Albe, chargé par le roi d'Espagne « de faire expier aux Flamands par le fer et le feu leur rébellion criminelle envers Dieu et envers le roi », soupçonnait, lui aussi, l'Empereur d être en secret d'intelligence avec les rebelles.
A son départ d'Espagne, le duc d'Albe avait reçu du roi l'ordre de faire arrêter les gentilshommes flamands les plus compromis et de les châtier d'une façon exemplaire \ A la tête d'environ] ii'ir.OOO hommes, il entra en conciuérant dans les provinces révollév^s, et peu de temps après (3 septembre 1507) il établit le faraeu] comité révolutionnaire connu sous le nom de «. conseil de sang ». Bientôt la terreur plana sur toute la contrée; des milliers d« citoyens s'expatrièrent; d'innombrables victimes montèrent sur les échafauds ou furent envoyées en exil. «■ Chaque jour, » écrivait U duc d'Albe au roi le li) janvier 15(Î8, « on procède aux per(|uisi-j tiens, citations, confiscations, contre les fauteurs des derniei troubles''.» Comme on conjurait le duc d'Albe d'accorder une amnistie générale, il s'écria : c L'amnistie serait prématurée, elle
' GiiOEN VAN Pui.NSTKREn, t. III, p. 218. Ell 1569, le roi Pliilippe écrivait : « Jfl crois que c'est au duc Auj^uste et à Scliweiuii (jue nous devons la guerre. Gaciiahi), Corr,:s/)., t. Il, p. ö4, noie 1.
* V'oy. la poésie intitulée : l'ICpila/ihe. Kncii, Quellen, t. 1, pp. 38-13 ; 1. II, ppj 7-26, 165.
=• Si*ANGE.NBEUG, Sdcfisisc/ie C/ironicG, p. 708.
♦ GHOEN VAN l'niNSTKIlEH. Su]>[)l. 58*.
' Lettres du duc d'.Mbc à Philippe, 9 juin l.'löS. \'oy.Ci.v(:ii.\ui>,Cü/vY'.7(.,(.n, p.29.