‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 452 sur 572 · DANGEREUSES CABALES )) DANS L'EMPIRE. 1S · texte numérisé non relu

DANGEREUSES CABALES )) DANS L'EMPIRE. 1S

est impossible; il faut auparavant que les villes soient domptées, de fortes amendes imposées aux particuliers, les revenus royaux mis en sécurité, les privilèges de la noblesse restreints. Avant qu'on puisse parler de pardon, les citoyens doivent être matés par la terreur. Alors les cités se soumettront sans résistance; ceu.K qui ont à se racheter offriront de fortes rançons et la Diète n'osera pas s'opposer aux propositions qui lui seront faites relativement aux revenus rovaux '. »

Pendant ce temps^ l'Empire ressentait le contre-coup des événements de Flandre, et des prédicants, des émissaires flamands, faisaient appel à la compassion des Protestants pour leurs frères persécutés.

« Les Pays-Bas sont dans la dernière détresse, » écrivaitle Conseil de Cologne le 21 mars 1567; « les citoyens ont soutfert dans leurs corps et dans leurs biens, et tout cela par la faute de prédicants turbulents et hérétiques. Tous les bons chrétiens devraient méditer cet exemple, mais l'on craint que ces mêmes hâbleurs ne propagent aussi dans nos pays, surtout à Cologne, leurs pernicieuses doctrines 2. » Avant même que le duc d'Albe ne liit arrivé, des bandes d'émigrants, se rendant d'Utrecht et de Saint-Trond à Cologne, excitaient, chemin faisant, les populations à la révolte. Désireux de faire de Cologne le centrede leurs opérations, ils enrôlaient des soldats dans toute la contrée, et les nouvelles recrues pillaient et dévastaient le pays. Guillaume d'Orange lui-même, qui s'apprêtait alors à résister ouvertement au duc d'Albe, rançonna les habitants de Cologne, le Conseil et le chapitre. On craignait que le Bas-Rhin tout entier ne fût enveloppé dans la révolution. Le duc d'Albe, en termes menaçants, se plaignit au Conseil que des secours eussent été accordés «à des rebelles dignes de châtiment, et (ju'ils eussent trouvé hospitalité, abri, impunité dans leur ville». L'université et le clergé pressaient le Conseil de prendre des mesures énergiques contre les sectaires qui tous les jours affluaient des Pays-Bas. « Les troubles, l'hérésie, l'émeule, des impôts exorbitants menaçaient la cité 3. » Dans le duché de Clèves, un nouveau roi anabaptiste, le cordonnier Jean Wilhelmsen, terrorisait depuis plusieurs années toute la

♦ Gachard, t. II, p. 4-0. Vov. HoLzwARïH, t. II, pp. 249 et suiv.

2 Ennen, t. IV, p. 775.

ä ExNEN, t. IV, pp. 838-844.

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