NOUVELLE CAMPAGNE EN FRANGE
SECONDE GUERRE DES HUGUENOTS. — DÉiM.ORABLE SITUATION DE l'eMPIRE.
15G9-1ÖG9.
Si le caractère de l'Empereur ins[)irait peu de confiance aux Electeurs et aux princes, ils ne pouvaient guère se fier davantage les uns aux autres. La plupart étaient à la solde des souverains étrangers, et leurs conseillers eux-mêmes touchaient des sommes importantes. La France et l'Espagne, en particulier, luttaient de générosité à leur égard, dans l'espoir de les attachera leurs intérêts. « Les Français exploitent les troubles de l'Allemagne, »écrivait le vénitien Giovanni Michieleen 1561, « et grâce aux pensions qu'ils prodiguent, ils arrivent à leur but. Le comte palatin, le duc de Wurtemberg, le landgrave de Hesse, les ducs de Saxe, fils de Jean-Frédéric, le margrave de Bade et beaucoup d'autres princes ont fort à se louer de la libéralité française'. » Charles iX distribuait annuellement à ses pensionnaires allemands plus de cent mille livres -. Marguerite de Parme, gouvernante des Pays-Bas, avait cru devoir dépasser encore cette somme. En ITilH), avant reçu de Philippe II 75.000 ducats destinés à satisfaire la cupidité des princes, elle écrivait à Madrid qu'elle avait été informée (jue la France donnait bien davantage-'. L'Electeur de Brandebourg, le prince électoral Jean-Georges, le margrave Hans de Brandebourg étaient, bien que protestants, pensionnés par l'Espagne ''. Le duc Adolphe de Holstein, outre ce qu'il lirait de
' T().M.MAsi:o, /{eldlitins des <iiii/>iissii(lriu's luhii tiens sur les a /faires de Fruitée au A' 17« siècle, L 1,444.
' Voy. fJHOK.N VAN l'iiiNSTi m », I. IV, j(. 09 ••
•' Voy. lii:iii-i..Mii;H<i, ]>. 219.
* Ri;iri i;Mii;iui, p. H; v. Ui./.oi.u, t. I, p. ö9. \'oy. Suuemiii.m, Fninkreiehs EiiiJJuss, t. 1. p. 289.
LES PRINCES ALLEMANDS A LA SOLDE DE l'ÉTRAJNUER. 289
Philippe II, recevait une pension d'Elisabeth d'Angleterre, la plus irréconciliable ennemie du roi K Le duc François de Saxe-Luxembourg, les ducs Ernest, Erick et Philippe de Brunswick"^, les comtes de Schauenburg, de Schwarzburg, de Westerburg et d'Eberslein ^ étaient également à la solde de l'Espagne. Les ducs de Saxe, Jean- Frédéric et Jean-Guillaume, recevaient annuellement 13.000 florins de la France ^ ; le landgrave Guillaume de Hesse touchait lÛ.OOD livres de pension ^. Les ducs Christophe et Louis de Wurtemberg acceptaient également l'argent de Téirangcr 6.
Le comte palatin Georges de Veldenz, parent collatéral de la dynastie palatine, était le plus habile et le,plus Taux de tous ces princes cupides. Pensionnaire delà France depuis 15Ü4, il avait ollert à Charles IX, en 15G7, de Taider à soumettre les Huguenots avec son année déjà tout organisée. Sa proposition ayant été repoussée, il s'était empressé d'oll'nr ses services à Guillaume d'Orange en même temps qu'il se mettait à la disposition du duc d'Albe pour marcher contre ce prince ^. Ce qui lui eût été le pl;is agréable, c'eût été d'exécuter l'arrêt porté par la Chambre Impériale contre son cousin l'Electeur palatin, et l'Empereur l'en eût volontiers chargé«; mais celte exécution ayant été ajournée, Georges nia eiiergiquement avoir jamais eu la pensée de s'y prêter, répétant au prince d'Orange en loüü qu'il était « allemand de cœur et dame ;;, entièrement dévoué a la Confession d'Augsbourg, qu'il ne se prêterait pas à un acte abominable, qu'il nopprimerait point la vraie religion et ne servirait jamais l'idolâtrie, surtout quand il s'agirait de ruiaer et d'opprimer un membre du Saint-Empire '•'. Le comte Wolfgang de Deux -Ponts, disait-il, lui avait fait comprendre que seconder l'Empeieur en cette entreprise serait compromettre son honneur, oHénser Dieu, trahir la patrie, et s'exposer au perpétuel reproche de sa conscience 1«. Ce même Wollgaug, l'année précédente, avait caressé des projets tout semblables, et otiert ses services à Philippe H contre les calvinistes Ilamands ^^.
Avant que la « correspondance et l'entente» entre Charles IX et les
' Groen van Phinsterer, t. III, XXXIl, p. 492.
=! Keiffenberg, p. 159, Groen v. Prinsterer, 3, XXXII.
^LobSEiv, Kölnischer Kriej, t. 1, pp. yj-lUÜ.
* Arendt, Archiu der sächsischen Geschichte, t. III, p. 212.
* Voy. V. Bezold, t. I, p. 45, note 3.
" SauENHEiM, Frankreichs Einjlass, t. I, p. 29U.
' Groen V. Prlnsterer, t. III, pp. 172-173.
»Klugkhohn, Friedrich der Fromme, p. 327. v. Bezold, t. ï, pp 32-33
" Groen VAN Prinsterer, i. {[[, p. 23(3. Voy. t. III, pp. 172-173
'" Groen V. PRi.\srER£R, t. III, pp. 2Ü1-2Ö3.
" Lettre de Philippe, 15 mars 1.5(37. Voy. Reiffenberg, p. 223.
VJ