‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 483 sur 572 · SITUATION RELIGIEUSE EN SAXE. 3G · texte numérisé non relu

SITUATION RELIGIEUSE EN SAXE. 3G

fércr ensemble sur la doctrine. Un colloque s'ouvrit à Altenbourg, en octobre 15(38, et n'eut d'autre résultat (|u'une discorde plus irrémédiable, a Le ciel même s'en émut. » Pendant qu'il avait lieu, l'ElectriceAnne fut informée à diverses reprises que « des signes merveilleux) se produisaient de tous côtés. « Des incendies éclatèrent siniullanémeut au château électoral, à l'hôtel de ville, au collège. L'église trembla dans ses fondements; le hibou poussa des cris sinistres tout près du château, d'énormes corbeaux lireut un soir un tumulte effroyable; une autre fois, on entendit les chiens hurler '> d'une façon horrible et lamentable ». Trois llèches surmontant le château de Leuchtcuberg, près de Kahla, s'éboulèrent sans (|ue le feu fut pour rien dans cet accident '. n Vendant le colloiiue, les théologiens du duc de Saxe demandèrent (jue les principaux écrits de Mélauchthon fussent livrés aux tlammes. Ceux de ILIecteur alléguèrent (ju'ds avaient été en grande partie écrits et imprimés du vivant de Luther, « de sainte mémoire, » qui les avait tous loués et ap()rouvés ^. Joan-Guillaume, [)résident du cüllu(|ue, disait (jue, durant toute sa vie, il n'avait jamais rencontré de docteurs plus turbulents et plus difliciles à conduire ijue ceux aux(|U('Is il avait affaire. BitMi ipi'au commencement de chaipie séance le saint nom de Dieu fût invoipié, les injures et les insultes étaient tous les jours si violentes « qu'on se serait cru à la con)éJio •* ». (^ihacun des deux partis donnait an [)ublic des renseignements diirérents sur ce qui se passait au .sein de l'assemblée. Pendant (juatorze semaines on discuta unitjuement sur la justilication; l'un et l'autre parti proclama sa victoire et la honteu:>e défaite de ses adversaires héréti<|ues ^. Paul Eber, surintendant général, écrivait d'Altenberg : « L'Église est déchirée par de furieuses et irréconciliables (juerelles; les pauvres consciences sont troublées et perplexes sur tous les points de la doctrine ; la plupart des chrétiens adoptent de plus en plus la morale d'Epicure. Les sujets, accablés tous les jours de charges plus écrasantes, sont presijue réduits à la mendicité et commencent à maudire ceux pour lesquels on leur recommande de prier ^. »

a Quelle religion choisirons-nous? » demandait André Uuilith, traitant de la situation générale du Protestantisme en loüÜ. u Non seulement toute Église particulière prétend être la seule vraie et

' V. Weber, Anna, pp. 3Ù5-306.

* SixT, p. G5.

* W'iLKSJIS, p. 133.

* Voy. Hbj'he. Gjsch. des Protestantismus, t. II, pp. 200-227. » SijcT, pp. 79, 81. GiLLKT, t. I, p. 385, note 48,

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