‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 494 sur 572 · PERSÉCUTION DES CRYPTOCALVIMSTES EN SAXE · texte numérisé non relu

PERSÉCUTION DES CRYPTOCALVIMSTES EN SAXE

et impies? Regardez-vous comme Tunique et éternelle vérité la doctrine contenue dans les livres de Luther, spécialement dans ceux qu'il a écrits contre les proplirtes célestes ? Tenez-vous pour trts véritable la dernière définition de l'Eucharistie ? enfin condamnezvous comme exécrable et sacramentaire l'odieuse Exégèse de Witlemberg ? Détestez-vous les extravagances (jue renferme cet écrit ?

Les théologiens de Leipsick signèrent. Mais les professeurs de Witteuiberg, Widebram, Cruciger, Pezel et Möller les repoussèrent avec indignation, refusant surtout de reconnaître la « vérité divine » dans les écrits de controverse de Luther. La doctrine de ces livres n'avait, selon eux. rien de précis; Luther avait dit un jour ceci, l'autre jour cela ; ses ouvrages de controverse étaient remplis d'imperfections, d'assertions contradictoires. Cruciger ne craignit pas de dire (|ne les articles de Toigau n'étaient « qu'un informe chaos » que Luther eût été le premier à désavouer s'il eut vécu davantage '.

Les (juatre théologiens et les deux professeurs des facultés de philosophie refusèrent également de signer. Ils furent jetés en prison et traités en criminels d État; plus lard ils reçurent l'ordre de s'expatrier -.

Le:20juinle « tribunal de la foi » établi à ïorgau pria l'Électeur de prescrire une enquête générale, déclarant qu'il était urgent de déraciner les derniers vestiges du Calvinisme. L'Électeur fut invité à nommer dans chaque Université quatre « réformateurs et inspecteurs », chargés, non seulement de veiller aux intérêts politiques, mais avant tout d'examiner l'orthodoxie de tous les citoyens, et d'empêcher qu'aucun écrit ne fût livré à l'impression, exposé à la vitrine d'un libraire, avant d'avoir reçu l'approbation du prince'^. Jusfjue sur les grandes routes, au dire de Guillaume de liesse, le passant fut interrogé sur ses opinions religieuses '*.

« La pure doctrine, la justice, la liberté viennent enfin de triompher, » écrivait Lindemann, conseiller intime d'Auguste. Pour perpétuer le souvenir de cette victoire, l'iLlecteur fit frapper une médaille où il est représenté tenant une balance en main. Dans le plateau penchant, l'Enfant Jésus est couché; on lit au dessous : l^outcpiiissance divine. Dans le plateau qui monte, on voit les quatre Ihéolo-

' Sur le peu de clarté des articles de Torgau, voy Heppe, Gesch. des Prolestantismus, t. II. pp. 430 et suiv. Caunicii, Kampf, pp. 140-143. 'Voy. IIospiNiAM, Hist. Sacrant, t. IF, p. 380. 3 Calinicii, Kampf, pp. 167-172.

* RoMMEL, Neuere Gesch. von Hessen, t. I, p. 591.

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