‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 495 sur 572 · PERSÉCUTION DES CRYPTOCALVINISTES EN SAXE · texte numérisé non relu

PERSÉCUTION DES CRYPTOCALVINISTES EN SAXE

giens de Wittemberg; le diable, au-dessus de leur tête, s'eiïorce eu vain de faire redescendre le plateau. L'inscription porte : Raison humaine^. Auguste se plut à symboliser d'une autre manière encore «le triomphe delà vérité ». Lors(|ue l'Empereur Maximilien, accompagné de l'Impératrice et de ses fils, vint le visiter à Dresde (avril 1575), dans le splendide feu d'artifice tiré en leur honneur on vit paraître quatre figures symboliques. L'une représentait Hercule domptant l'hydre avec cette inscription en lettres de feu : « De même qu'Hercule a dompté le monstre aux quatre têtes, de même Auguste, Électeur et duc de Saxe, héros glorieux de l'Évangile, a dompté, avec le secours de Dieu, la cabale calviniste qui s'était perfidement introduite dans ses états et s'y tenait cachée -. »

La conduite d'Auguste envers ses anciens favoris fut peu digne d'un héros. Craco fut enfermé dans un cachot infect au château de Pleissenbourg, près de Leipsick. Le gouverneur delà prison, par compassion pour sa lamentable situation, ayant essayé de lui procurer queUjuo soulagement, fut, par ordre de l'Électeur, déclaré traître et scélérat devant la porte du château, en présence de tout le peuple, puis chassé de la ville à coups de verges. A Gotha, Craco, qui s'était montré si impitoyable pendant le supplice de Brück 3, dut luimême rester quatre heures durant sur le chevalet; brisé par la torture, il expira sur un misérable grabat (juelques jours plus tard '* (1(5 mars 1575). L'Électeur écrivit au roi de Danemark, son beaufrère, qu'il s'était laissé mourir de faim dans sa prison, bien qu'il sût parfaitement le contraire, et se permit même une grossière plaisanterie sur sa malheureuse victime -K Lesurinlendaut Stössol fit amende honorable, et prit l'engagement de ne prêcher à l'avenir (jue (( la pure doctrine de Luther ». Le secrétaire de la chancellerie électorale écrivait à Auguste : (( Lorsqu'il comparut devant nous, il était si tremblant, si abattu ([ue si on lui eût fait une entaille dans la joue, le sang n'aurait certainement pas jailli. » En considération (le son humble repentir, on lui fit espérer sa grâce; cependant, malgré la promesse de l'Électeur, il resta jus(iu'à sa mort enfermé au château de Seuftenberg;ses adversaires répandirent mille calomnies sur sa lin terrible et désespérée ^. Sclùitz, l'ancien chapelain de lÉlecleur, promit de ne plus rien publier à l'avenir, de ne se mêler

• Teutzel, Saxonla numisinatica, p. 137. - GiLLET, t. I, pp. 46o-4i>ö.

^ Voy. plus haut, pp. 2o2-25"J.

* HospiNiAN, p. 39b.WEissE,t. IV, pp. 123-124. Pour plus de détails, voy. Kluckiioiix, Sturz der Crypiocalvinisten, pp. 110-127.

'" Kluckhohn, Sturz, p. 127.

0 Calinich, KampJ, pp. 178-182, v. Helbacii, pp. 257 259.

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