CANISIUS SUR LA POLÉMIQUE
chrétienne, a maintenant assez appris de son père le Gliien, le cruel persécuteurdela doctrinechrétienne et de Jésus-GliristNotreSeigneur pour ourdir de sanglants complots contre tous les Evangéliques^ » Le théologien Jean Wigand disait dès i5S6 : « Les Jésuites sont d'exécrables et de perfides persécuteurs de Notre Seigneur Jésus- Christ, et cependant ils s'intitulent Jésuites. C'est ainsi qu'autrefois^ parmi les seigneurs romains, l'un s'appelait Germanicus, l'autre Asiaticus, le troisième Africanus, non qu'ils eussent été les bienfaiteurs de ces peuples, mais au contraire parce qu'ils leur avaient lait beaucoup de mal, les pillant et les dépouillant sans scrupule. » « Ces moines se flattent de tromper les pauvres chrétiens par des artifices et des sopliisraes, et veulent les conduire au feu éternel de l'enfer. Que celui qui en a envie les suive, que celui qui désire véritablement son salut fuie leurs tours de passe- passe diabolique, et craigne filets et chasseurs -! »
Six ans après, le théologien Martin Chemnitz, dans un livre latin bientôt traduit en allemand par le prédicant Jean Zanger-et intitulé Du nouvel ordre des Jcsullzs, use d'invectives grossières. « Les scélérats qui se font appeler Jésuites par une présomption singulière et criminelle, ne font aucun cas de la Sainte Ecriture qui est l'unique règle donnée par le Christ; non seulement ils en font le thème de leurs frivoles plaisanteries, mais ils la blasphèment, ils l'insultent, ils la criblent de sarcasmes. Les bons chrétiens n'ont- ils pas raison de se plaindre lorsqu'ils voient cette engeance nouvelle et anti-chrétienne des ennemis de Jésus souiller de sa bave et de ses excréments fétides la sainte parole de Dieu, seule capable de nous justifier? A mon sens, les Jésuites sont des renégats, des infâmes, des parjures, des maudits, d'abominables coquins dont l'Allemagne fera bien do se défier. Dans l'ardeur avec la({uelle les Jésuites défendaient« l'idùlatrie de la messe », Chemnitz fiairait « l'odeur fétide de l'excrément du diable ».ils n'ont garde de renoncer au précieux trésor que la messe leur rapporte! » « Ils savent, » s'écriait-il, «le bon revenu (ju'elle leur procure! -» Us trouvent avantageux de vendre continuellement leurs prières pour les vivants et pour les morts. Les dons des fidèles remplissent les cuisines et les caves, les coffres et les bahuts de ces célibataires paresseux et désœuvrés, de ces porcs engraissés, au gros cou, à la grosse panse, que le diable veut trouver bien gras avant de les égorger dans son infernale cuisine. » « Us aiment aussi beaucoup le dogme du Purgatoire,, qui garnit si bien leur gardemanger et leur cellier. Aussi sont-ils bien en colère lorsqu'ils voient
' Christliche Lehre von Reiv und Busse (Eisleben, 1561), p. 19. * Verlegung des Catechîsmi der Jhesiiiten, N^-*, N".