CHAPITRE VII
AFFERMISSEMENT DE LA FOI CATHOLIQUE DANS l'aBBAYE DE FULDE. — RÉSISTANCE DES PRINCES PROTESTANTS. — LES ÉCOLES DES JÉ- SUITES JUGÉS PAR LES PROTESTANTS.
Fortifié par l'exemple d'Albert de Bavière, le prince-abbé deFulde, Balthazar de Dcrnbach, défendit vaillamment la cause catholique.
En lui jurant foi et hommage, le Conseil lui avait demandé « de ratifier les droits et privilèges de la cité », d'autoriser l'installation d'un ministre luthérien et d'abolir la messe. La noblesse avait réclamé de plus l'érection d'un collège dans le cloître abandonné des Carmes déchaussés. Balthazar garantit aux habitants le maintien de leurs libertés et privilèges, mais il ne voulut jamais entendre parler de prédicant,se fondant sur le droit ({ue lui reconnaissait le traité d'Augsbourg de régler dans ses domaines la religion de ses sujets. Ce fut en vain qu'à plusieurs reprises on le supplia de ne pas prendre à la lettre l'article du traité ', à cause de toutes les difficultés qui pourraient survenir 2. D'abord d'accord avec le chapitre, qui avait promis de couvrir une partie des frais nécessités par la fondation d'un collège 3, l'Abbé, en 1571. avait appelé cinq Jésuites à Fulde pour prendre la direction du nouvel établissement. La noblesse, déçue dans son espoir de voir s'ouvrir une école protestante, déclara aussitôt la guerre, « avec un courage tout évangélique à l'engeance jésuitique, » et parvint à attirer dans son parti quelques membres nobles du chapitre. Inllucncé par ces derniers, intimidé par les menaces des princes voisins, le chapitre, en grande partie composé de laïques, non seulement refusa de verser les fonds promis, mais nia que l'Abbé eût le droit d'entretenir à ses frais le collège des Pères. S'il se montrait si opposé à son supé-
' Voy. Hlpi-e, KaUiolische /{cslaunition, p. 2t>. * Houp, Fürstabi Balthasar, pp. 10-li.