POMTIQUK FATKRIKÜRE DANS SES RAPPORTS AVEC L ALLEMAGNE
fait supplier Soliman, «: le dominateur du monde, le maître du siècle, » d'humilier l'orgueil de Gliarles-Quint. Si le sultan daij^nait avoir égard à sa requête, François s'engageait à se montrer dans l'avenir son très reconnaissant serviteur *.
Ainsi prévenu dans ses désirs, Soliman conclut un traitéavec la France et la république de Venise, et lit équiper une (lotte considérable qu'il envoya bonibarber la côte d'Espagne.
Ibrahim, son grand vizir, reçut l'onlre de traverser les états de Ferdinand, puis de se diriger, par Frioul, vers le Milanais. Pour protéger la marche de l'armée turque, le sultan lit proposer un armistice à Louis il, roi de Hongrie et beau-frère de Charles-Quint et de Ferdinand. Mais ce priuce ayant énergii]uemcnt refusé d'entrer dans aucun accommodement avec les inlidMes, Soliman, plein de ressentiment, résolut de marcher tout d'abord contre lui -.
S'intitulant « l'ennemi juré de la foi chrétienne », il fit avertir Louis que son dessein était de s'emparer de la Hongrie, de ravager Bude, de faire flotter au-dessus de toutes les cités hongroises l'étendard du Prophète, puis de marcher contre les Allemands. « Je me propose de les traiter aussi mal que toi, » écrivait-il, « et même plus mal encore. »
La Hongrie, depuis longtemps asservie par une noblesse dépravée, n'était pas en état do lui résister 3. Elle ne possédait ni engins de guerre, ni munitions, ni argent, et là aussi, parmi les grands, se trouvaient en abondance des« Turcs Chrétiens*,» -Jean Zapoli, comte deZips et voïvode de Transylvanie, excitait ouvertement le peuple à la rébellion envers les ofliciers royaux, rêvant do parvenir un jour
* Voy. llAUMEn, Mémoires sur les premières relations diplomatiques entre la France et la Parle, dans le Journal asiatique, t. X, p. 19. Soliman, s'intitulait, dans la lettre où il cherche à rendre le couraj^e à François I"", « le souverain des souverains, le distributeur d«3 couronnes aux raonar(jues de la surface du globe, l'ombre de Dieu sur la lerri*, » etc. — Dans Charrikre, t. 1, p. liO-llS.
* D'après le propre récit d'Ibraïm, dans la relation des ambassadeurs de Ferdinand. Voy. Gf:VAV, t. 1, année 15.'j0, p. 't'.\-'i't. — « Le roi de France, » rapporte Ibraïm, « après sa délivrance, écrivit au sultan que, par reconnaissance pour le secours qu'il en avait reçu, il se reconnaîtrait son obligf-durant tonte sa vie, et qu'aussitôt que sa santé le lui permettrait, il irait en personne à Constantinople, baiser les pieds de son bon maître et (idèle ami, et lui témoigner tonte sa gratitude. »
* Sur l'épouvantable détresse du pays, deux nonces nous ont laissé des tableaux émouvants. Les Papes seuls assistaient la Hongrie de leurs encouragements et de leur argent dans leur lutte i;ontre les Turcs; malheureusement les Hongrois ne s'cnlend.iient pointa ap|)liquer ces ressources avec tliscernement. — Voy. les rapports des nonces dans ]cs Ma/iumeula Vatinma Ihuu/uria'. liclatiojics oratorum Ponlificiorum, IS-Ji -iri-Ji;. Uudapestini, IHHi.
* Dès iri33 il n'était pas rare d'entendre dire hautement ii Rome n que la Hongrie verrait sans déplaisir le grand Türe, devenir son maître ». — Voyez HöPLBB, Adrien VI, p. 4lî). — Uucholtz, t. III, p. l'*'J et suiv.