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POLITIQUE EXTÉRIEURE DANS SES RAPPORTS AVEC L ALLEMAGNE. U

lui-même au trône de Hongrie avec l'appui des Turcs ^ Aussi mit-il le plus grand retard possible à l'envoi des troupes dont il pouvait disposer, de sorle que LOuis parvint à grand'peine à rassembler environ vingt-quatre raille hommes, pendant que Soliman s'avançait pour le combattre à la tête de plus de deux cent mille soldats. Avant même qu'il n'eût présenté la bataille aux Hongrois, son grand vizir s'emparait de Petervaradin, et envoyait en présent à son maître cinq cents têtes de chrétiens.

Le Î29 août 15:26^ un coml)at décisif fut livré dans la plaine de Moliacz, Après une résistance héroïque, l'armée chrétienne se vit obligée de céder au nombre. Plusieurs fois, le roi chargea avec impétuosité les batteries turques, mais entraîné enfin par la déroute générale de ses soldats, il trouva la mort dans un marais où il s'était aventuré en fuyant. « Le pieux jeune roi, » lit-on dans une relation contemporaine de la bataille, « a été pour ainsi dire conduit à l'abattoir. Trahi, vendu de tous côtés, il a succombé avec ceux qu'il aimait 2. >

Un grand nombre de magnats, cinq évêques et les archevêques de Gran et de Calocsa, périrent dans cette funeste journée. Environ deux mille têtes furent plantées devant la tente du sultan en guise de trophées ; quatre-vingt mille prisonniers furent massacrés. H était impossible de songer à une plus longue résistance. Bude, qui ■cependant avait ouvert ses portes au vainqueur, fut presque entièrement détruite par l'incendie. De Bude jusqu'à Raab et à Gran, les éclaireurs et pillards turcs ravagèrent sans pitié tout le pays. Deux cent mille Hongrois perdirent la vie durant la campagne. A Vienne, l'arrivée des barbares était attendue avec terreur. « Si des secours ne nous sont promptement expédiés, si Tonne vient à notre aide, » écrivait à l'Empereur l'archiduc Ferdinand le 22 septembre, « c'en est fait de nous ; il pourra bien se faire que d'ici à peu vous appreniez que j'ai partagé le sort du roi Louis -K >

Mais Soliman, pour cette fois, ne poussa pas plus avant ses conquêtes. A la surprise générale, il reprit la route de Constantiuople, après avoir promis à quelques magnats, venus pour lui faire leur soumission à Pesth, de donner à Zapoli la couronne de Hongrie.

A peine s'était-il éloigné que celui-ci, à la tête d'une puissante armée qu'il s'était bien gardé de mettre à la disposition de Louis à l'heure du suprême péril, entra à l'improviste dans Bude, et peu de

» Voy. LisKB, Polnitche Diplomatie, p. 35.

> Voy. llöFLEu, Zur Kritik und Quellenkc. der ersten Regierungsjahre Carls' V. Abth. 11. p. 93.

3 BücuoLTz, t. in, p. 189.

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jours apr.''S se fit couronner roi à Stulihvoissembourg, par l'assemblée des états de Hongrie. (11 novembre lo2G.)

« On a maintenant le secret des intrigues de Zapoli, » écrivait de Gran, le 3 décembre, un am!)assadeur du roi de Pologne Sigismond; « on voit clairement où tendaient ses persévérants efforts. C'est lui qui excitait la sédition dans tout le pays, lui qui a attiré à son parti les souverains étrangers sans songera l'étal lamentable du royaume, aux terribles calamités qu'il appelait sur la Hongrie. Tout le pays est horriblement ravagé ; partout une détresse affreuse, des lamentations infinies. Les Turcs se sont emparés de tous les châteaux forts; le cours d(-s fleuves, les routes les plus importantes sont à leur disposition. Telle est la haine que les Allemands inspirent qu'on ne songe qu'à se liguer avec les Turcs, et à une commune agression contre l'Allemagne, dès qu'elle en fournirait le moindre prétexte. »

« Ce qui est singulier, » ajoute l'ambassadeur polonais, « c'est qu'on ne voit ici ni marchands, ni artisans, ni médecins, ni apothicaires. Tout le monde a renoncé au costume et aux usages chrétiens, surtout aux mœurs allemandes. L'art et l'industrie n'existent plus. Tous reviennent aux coutumes scythes *. »

Aussitôt après son couronnement^ Zapoli distribua entre ses amis les i)ropriétés ecclésiastiques etséculières restées sans maîtres depuis la délaite de Moliacz. Il envoya ensuite des ambassadeurs au sultan pour recevoir de celui-ci la confirmation de son élection, et décréta contre les partisans de Ferdinand d'Autriche les châtiments attachés au crime de lèse-majesté : la confiscation des biens et linfamie.

Cependant Ferdinand, fondant ses prétentions sur les titres héréditaires de la princesse Anne, sa femme, sœur et unique héritière du roi Louis, était résolu à tout tenter pour ressaisir lacouronnede Hongrie. Ce dessein ne lui était pas seulement inspiré par l'intérêt personnel et par le désird'agrandir sa maison; avant tout, il songeait à défendre la foi et les intérêts de la civilisation chrétienne, si gravement menacés par la tyrannie et l'oppression musulmanes. Il prévoyait avec raison que, si la Hongrie tombait au rang de puissance vassale de la Tunpiie, elle deviendrait bientôt le point d'appui des Turcs et le perpétuel loyer de toutes les entreprises formées contre les nations chrétiennes, si déjjlorablement divisées entre elles. «J'aime mieux, » disait-il, c perdre mes étals et ma vie que de voir la Hongrie vendue aux Turcs par Zapoli, et ce qui nous est le plus

* Dans Liskf:, p. 35-30.

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