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LES PRFNCES PROTESTANTS CONTRE LA RÉFORME CATHOLIQUE DE FÜLDE

leurs ambassadeurs l'avaient fait pressentir, n'hésiteraient pas à aider leurs coreligionnaires à poursuivre et à chasser « la maudite et pernicieuse secte des Jésuites ^ ; l'Abbé devait prendre garde que d'une petite étincelle ne jaillît un immense incendie.

Craignant de voir le territoire envahi, le chapitre, lui aussi, demanda le renvoi des Jésuites; cependant, le 5 novembre, sur la proposition de Balthasar, il consentit, ainsi que la noblesse, à soumettre toute l'affaire à l'appréciation de l'Empereur et de la Chambre Impériale *.

Néanmoins, dès le lendemain, 6 novembre, les chanoines, entraînés par leur doyen Windhausen, prirent de leur autorité privée le titre de corégents de l'abbaye et rendirent contre les Pères un arrêt de bannissement. « En cas de résistance, » portait l'édit, (( nous aviserions avec la chevalerie aux moyens de débarrasser notre patrie des Jésuites et de tous leurs partisans, et ces moyens leur seront plus pénibles qu'ils ne peuvent le deviner ni le prévoir 2, »

« Les pauvres Pères vivaient dans une perpétuelle angoisse. » L'Abbé, sans se laisser aucunement effrayer, en appela à la Chambre Impériale. Par un arrêt daté du 13 novembre, le tribunal suprême de l'Empire interdit au chapitre, en le menaçant du ban, d'empiéter aucunement sur les droits de Balthasar 3. Le 27 novembre, le duc Albert félicita l'Abbé de sa courageuse attitude, le consolait, l'encourageait à tenir bon quant à l'école, dont le maintien importait si fort à la religion catholique, et l'exhortait à conserver les Jésuites, qui, disait-il, avaient fait tant de bien en Allemagne par leur prédication, les soins prodigués à la jeunesse, leur vie, leur conduite exemplaire, et dont il avait luimême constaté le zèle et le dévouement dans son duché de Bavière. Comme la paix de religion défendait atout membre d'Empire « d'en contraindre un autre ou les sujets de cet autre à embrasser sa religion; de prendre sous sa protection ou de défendre en aucune manière les sujets d'un prince voisin en révolte contre leur seigneur », il était persuadé que les princes luthériens laisseraient bientôt en paix l'Abbé et les Jésuites, et n'oseraient rien entreprendre contre eux. Si cependant les choses tournaient différemment, le

' Heppe, Restauration, pp. 39 et suiv. Instruction du 24 sept. VM3, pp. 199-202. * Heppe, Restauration, pp. 231-231. Voy. la relation du prince-abbé à Grégoire XIII, 28 dcccmbrc I.'J73. Tukiher. Annales, t. I, p. 93. ^ IIuï'PE, Restauration, p. 49.

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