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LES PRINCES PROTESTANTS CONTRE LA RÉFORME CATHOLIQUE DE FULDE

duc promettait de prendre la défense de Balthasar et de faire respecter ses droits *.

C'était à tort que les Protestants de Fulde et les princes luthériens soutenaient que dès longtemps la Confession d'Augsbourg avait été accordée aux vassaux de l'abbaye. La communion sous les deux espèces et l'usage de la langue allemande dans les cérémonies du baptême avaient, il est vrai, été concédées par les anciens Abbésmais il ne s en suivait nullement, comme le dit Balthasar au bourgmestre et aux conseillers, qu'ils eussent jamais été autorisés "à changer de religion. Le fait étaitsi vrai qu'interrogés sur la doctrine de la Confession et la date précise de son introduction à Fulde, la plupart des conseillers durent avouer leur complète ignorance.

Jamais pasteur luthérien n'avait prêché à Fulde, et les conseillers ne purent citer le nom d'aucun ministre évangélique ayant exercé des fonctions ecclésiastiques sous les anciens Abbés -.

Balthasar écrivit le 4 décembre J573 à l'Electeur Auguste que la raison qu'on faisait valoir'auprês de lui, en prétendant que le culte luthérien avait été autorisé à Fulde depuis nombre d'années, n'était pas valable. La preuve en était que ses sujets, à plusieurs reprises, avaient, la chose était notoire, instamment mais vainement réclamé la liberté du culte auprès de ses prédécesseurs. Mais quand bien même il en eût été autrement, ajoutait l'Abbé, c'était à lui seul, prince du Saint-Empire, et conformément aux droits que le traité d'Augsbourg lui garantissait, qu'il appartenait de décider sur la religion.

Auguste de Saxe fît part de ce message au landgrave Guillaume de Hesse en lui conseillant de presser le chapitre de faire exécuter l'arrêt d'expulsion lancé contre les Jésuhes et d'envoyer cinq cents ou mille cavaliers au secours des chanoines 3. Guillaume dit un jour à un délégué de Balthasar « que les livres [des Jésuites pénétraient partout, qu'il en avait trouvé jusque dans la chambre de sa femme, et que les Pères seraient chassés de Fulde, aussi vrai que le verre de vin qu'il tenait à la main en disant ces mots allait réjouir son cœur ^ ». En janvier 1574, le landgrave insista de nouveau près des nobles de Fulde pour qu'ils obtinssent le renvoi des Pères. Il conseillait au chapitre de faire déposer l'Abbé sous prétexte d'aliénation mentale, et d'élire à sa place le doyen Windhausen ou le

1 Heppe, pp. 238-240. Kluckhohn, Briefe, t. II, p. 620. Rapport de Gratiani, 20 janvier 1574, Tueiner, t. I, p. 412. - Koiip, Fiirslabt Balthasar, pp. 22-2S. 3 Heppe, Restauration, pp. 50-52.

* Kojip, Färstabt Baltliasar, pp. lt).20. Zweite Schule, p. 23.

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