‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 543 sur 572 · LES PRINCES PROTESTANTS CONTRE LA RESTAURATION DE FULDE · texte numérisé non relu

LES PRINCES PROTESTANTS CONTRE LA RESTAURATION DE FULDE

jeune comte palatin protestant.Frédéric*. Mais intimidé parlesavertissements et les menaces du Pape et de l'Empereur, le chapitre crut prudent de rejeter ce conseil. Maximilicn, par un édit daté du 1" mars ld74, interdit sévèrement au chapitre « toute agression, tout acte de violence envers les nouvelles écoles », il le rappela à l'obrissance envers son seigneur et lui enjoignit déporter les griefs qu'ils pouvaient avoir contre lui devant le tribunal suprême de l'Empire, ce à quoi l'Abbé se montrait tout disposé -. Auguste de Saxe, Guillaume et Louis de liesse, auxquels Maxirailien donna les mêmes avertissements, se plaignirent à l'Empereur, le l*^' mai 1574, que l'Abbé eût interdit à Fuldc le libre exercice de la Confession d'Augsbourg; qu'il eût osé injurier, dans un document ofüciel, « cette sainte Confession, fondée sur la parole de Dieu, » et que « la secte tracassante et chagrine des Jésuites, qui jusque-là avait été inconnue dans le pays, eût capté la confiance de quelques jeunes gentilshommes et leur eût inculqué une doctrine d'erreur. » Tout ceci, disaient-ils, violait la paix de religion et la déclaration de Ferdinand, et menaçait gravement la tranquillité des citoyens; l'Empereur devait ordonner à l'Abbé de remettre ies choses en leur ancien état ^.

Sans les encouragements et l'appui du Saint-Siège, écrivait Balthasar au nonce en mars 1575, il lui eût été impossible de venir à bout de toutes les diflicultés qu'il avait à vaincre. « Les chanoines sont exlrêmeinent ignorants, » écrivait le nonce au Pape, « ils mènent une vie très scandaleuse, et le nom seul de réforme les fait frémir. » Un bref de Sa Sainteté, blâmant sévèrement leur conduite licencieuse, a été très bien accueilli par l'Abbé, qui ne le trouvait (lue trop mérité, mais il n'a même pas osé le communiciuer au chapitre. Pour le relèvement moral du chapitre, disait-il, il serait nécessaire que l'Abbé fît élever et former dans la piété au collège allemand de Home quelques jeunes gens distingués, appartenant à des familles nobles, afin ([ue plus tard ces jeunes gens, devenus chanoines, introduisissent la réforme, et rappelassent par une conduite vraiment sacerdotale la vie des anciens Béuédiclins *. Ikiltliasar, le l'J septembre lo7o, écrivait au Pape (juo dans son territoire il était prescjuc impossible de piirler de réforme, parce que la juridiction ecclésiastique était partagéi^ entre lui, l'archc-

' Hepi'e, pp. ö2-.')">.

* IIeppe, pp. 23o-237.

^ Zeil schrifl des Vereins Jur hessische Gesch. und Laïuh'slnuulr. ii()iiv<'llc suilr, 1 II. pp. 187-192. ^ "

« Uclaliou d'Elgardj'St mais IfîTS, voy. Tmicim.h, Aninilca, l 11. .pp. 7o 70.

Page 1