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DÉLIBÉRATIONS RELIGIEUSES A LA DIÈTE DE RATISBO.NNE

Morone, alors à Ratisbonne, prélat zélé pour l'union et la concentration des Catholiques, « ne laissa aucun doute à l'Empereur à ce sujet dans les nombreux entretiens qu'il eut avec lui ». « Qu'on ait compassion de l'état où je me trouve, » dit Maximilien à un conseiller de Mayence,un jour qu'en proie à d'atroces souffrances il le recevait dans sa chambre à coucher; «je ne sais vraiment quel chemin prendre pour sortir d'embarras ; je ne sais à qui me fier, et le Turc menace d'envahir mes terres héréditaires et de pénétrer au cœur de l'Empire. » « Tout le monde plaint Votre Majesté, ;) répondit le conseiller, « tout le monde sent en quel pressant péril se trouve le Saint'Empire, et les membres de la vraie religion sont prêts à tous les sacrifices pour le mettre en sécurité; maisdansleurs propres états, il leur est impossible de laisser triompher des ennemis dont ils ne sont pas moins détestés que des Turcs. » « Dans le désordre qui s'aggrave chaque année, la querelle religieuse est la principale cause de nos malheurs; elle aigrit les esprits et sépare toujours plus ceux dont l'union serait si nécessaire. Depuis bien des années, on a trop fait de concessions aux Protestants. On a tellement opprimé la minorité catholique qu'à la fin elle s'est révoltée; elle veut du moins être maîtresse là où elle est chez elle, et. comme les autorités confessionistes lui en ont donné l'exemple, elle ne veut pas qu'on la dirige et qu'on lui fasse violence dans les choses de la conscience. Si les Protestants, s'appuyant sur le traité d'Augsbourg, ne tolèrent parmi leurs sujets aucune religion dissidente^ appelant tout ce qui est catholique « idolâtrie et royaume du démon », les Catholiques, de leur côté, ont résolu, profitant de la liberté qui leur a été garantie, de ne tolérer à l'avenir parmi leurs sujets et alliés dautre religion que la leur, et de sévir avec une grande sévérité contre les rebelles; ils sentent bien que l'heure est grave, et que de leur énergie dépend leur ruine ou leur salut. Ils ont trop longtemps dormi, cédant toujours et restant assis; aussi n'ont-ils jamais rien obtenu; au contraire, on a sans cesse forgé de nouvelles armes contre eux et découvert de nouveaux moyens de les opprimer, et enfin de les perdre. Le temps est venu de sauver du moins le peu qui nous reste i. » L'archevêque de Cologne, Salentin d'isenbourg, qui depuis de longues années entretenait d'amicales relations avec les Protestants, se prononça cependant pour le refus net et sans restriction de leur requête, et défendit avec fermeté la cause catholique "^.

' Relation adressée à l'Électeur de Mayence, 1576. Relation de Morone, Ratisbonne, 19 juin et 4 juillet 1576. Thei>-er, t. II, pp. 524-525. ■^ Relation de Morone, 13 juillet 1576, Theiner, t. II, p. 325.

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Grâce siiiloiit aux efforts d'Albert de Bavière, l'Electeur Auj,'uste de Saxo eut, à Ralisboiine, un rôle conciliant. Il conseilla à ceux de son parti « de laisser les choses dans les termes de la paix de religion ', » et dit au duc Albert (pii, après louvcrture de la Diète était venu lui offrir ses rem(;rcienicnts à Dresde, (juc « si seulement Sa Majesté tenait bon, on pourrait espérer que rien ne serait changé ». 11 déclara plusieurs fois pendant la Diète qu'on était lié par la Réserve ecclésiastique, et il lit savoir par ses ambassadeurs aux membres d Empire protestants qu'à son avis l'abolir serait violer le traité do pux de 133). L'Electeur de Brandebourg se montra, lui aussi, conciliant, et les deux Electeurs luthériens se dirent prêts à fournir sans condition les contributions de guerre, si indispensables à ce moment. (( En admettant même, » écrivait Auguste, « que la paix d'Augsbourg ait à souffrir de notre condescendance, pouvons-nous refuser d'aider l'Empereur, pouvons-nous courir le risque de voir les Turcs envahir nos territoires les uns après les autres "^'1 »

« C'est à l'union des Catholiques, c'est à la ferme attitude que nous avons gardée, malgré les intrigues du Palatinat et de ses alliés calvinistes '^, c'est aussi aux Electeurs luthériens de Saxe et de Brandebourg, qui se sont bien aperçus à quelle confusion et dissolution on les voulait conduire, » lisons-nous dans une relation de la Diète de Hatisbonne envoyée à 1 Electeur de Mayence, « que nous devons l'insuccès des complots iniques de nos adversaires '^ »

L'Empereur eut encore la consolation de voir, a au moins sur le papier, » les sommes généreusement votées par les membres d'Empire pour la guerre lur(iue. Quant à la réalisation de ces belles proni(;sscs, ceux-ci, c pour la plupart, restèrent iidèles aux vieilles coutumes, à l'antique apathie ». La ville de Francfort, qu'on avait crue décidée à s'exécuter plus vite que les autres et au temps fixé, n'avait encore rien fourni au mois de septembre de l'année suivante^.

Le 12 octobre, au moment où les membres de la Diète se

* V. AniiTiN, Maœitiiitidn, \\\t. 21iJ-21ö.

* Kluckhoiin, Briefe, 1. Il, \)\\. Düö, 967, Rittkii, Auijust von Sachsen, p. 300. ^ Des le 4 juillet 1570, .Moroiic disait on |)jirlaiit dos Catholiiiiics : « Tutti pen't si

mostrano iitiili.s.siiiii a iiDti voler cunseritire a (jucstc luro i-ssorhitaiilissimi pctitioni. » TiiKi.Mit, l II, p. Ö-Ö. L'arcliidiic Ferdinand Jl était aussi au nombre des princes qui détournaient l'uinpireiir d'un ,acle de faiblesse si préjudiciable aux Calliolicjues. IIihn, t. il. pj). 12y-i;iU.

* Voy. la relation cilci- p. 491, note i.

^ Arcliises »le \'rum:\\ir\, Kdisersclirciocn, I. -W, Col. lH, H.

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