‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 61 sur 572 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

La déclaration do Charles-Quint, portée à la connaissance des membres d'Empire par les commissaires impériaux présidés par le roi Ferdinand (2o juin lo26), déclarait : que dans les questions intéressant la foi « aucun changement ne devait être autorisé, aucune résolution prise », et que toutes les vénérables coutumes du passé, les rites, les cérémonies, devaient être maintenus sans nulle altération jusqu'à la réunion du prochain concile général. En présence de ce concile, au sujet duquel l'Empereur allait s'entendre avec le Pape le plus tôt possible, les intérêts et griefs de la sainte foi seraient exposés, les hérésies, abus, désordres qui s'étaient introduits dans beaucoup de pays, « et malheureusement en Allemagne plus qu'ailleurs, » seraient écartés et abolis au moyen d'une réforme chrétienne, approuvée de tous. Mais comme jusqu'à l'ouverture du concile un certain espace de temps devait nécessairement s'écouler, il était urgent de prendre, en attendant, quelques mesures; « car, » disait l'Empereur, « on voit surgir tous les jours dans les différents pays allemands des erreurs toujours nouvelles et toujours plus graves; elles sont ouvertement prêchécs et scandalisent le peuple. On répand à profusion des libelles où l'autorité ecclésiastique est injuriée et insultée, où la foi est attacjuee avec violence, où le peuple est encouragea la révolte. )) Aussi les États dcvaient-ilss'entendre avec les commissaires impériaux, quant aux moyens à prendre pour la cessation des troubles et pour le châtiment des coupables. La récente sédition avait eu pour principal prétexte ft les discussions religieuses », et si l'on ne remédiait au mal, «de nouvelles émeutes ne pouvaient manquer d'éclater * ».

A cet article delà déclaration impériale, la majorité des Électeurs et

i Fraii/cfurler Heic/tslaf/saclen, t. XLII fol. 1-11, nouvellenient publics par Friedensuliic, Reichslcif) zu Speyr, p. o'23-53i. — Une partie eu avait été déjà donnée par Neldecker, Aclensliicke, p. 21-24, note.

44 ÜKLIBKRATiUNS SI IJ LA nlüSTlON HKLKJlia SK A I.A DIKIi: DC SlMIlK.

des princes répondit « (|ue rKmporcur faisait sagement et chrétiennement d'interdire toute innovation on décision touchant la sainte foi, puisque ces choses n'intéressaient pas seulement la nation allemande mais tous les autres chefs des pays chrétiens; de si graves ([uestions devaient être soumises aux décisions d'un concile général. Ils part:igeaientaussi la manién-devoir de IKmprreur touchant le maintien des usages et cérémonies légués par la tradition. Pour la suppression ou diminution des abus, ils étaient prêts à conférer avec les membres de l'assemblée, et s'engageaient à faire exécuter dans leurs domaines ce (|ui aurait été décide, afin (|ue la louange et la gloire de Dieu y trouvassent satisfaction, (|u'ol)éissance lût montrée à Sa Majesté Impériale et (jue la concorde et la paix pussent refleurir dans l'Empire * ». C'était à bon droit, lisons-nous dans un mémoire postérieurement rédigé par les Électeurs, que l'Empereur attribuait la révolte récemment étoudée aux dissensions religieuses; aussi jugeaient-ils indispensable au maintien de la paix et de l'union que les rebelles, à quehpie classe qu'ils appartinssent, fussent invités et exhortés avec le plus d'indulgence et do douceur possible à attendre paisiblement la réunion du prochain concile ou l'arrivée de Charles-Ouint, à s'entendre avec les autres princes et membres de l'Empire et à se tenir prêts à accepter avec soumission la volonté et les désirs de l'Empereur. Que si, conscients de leurs anciens torts, quelques-uns craignaient d'avoir encouru la disgrâce de Charles, les Electeurs, princes e( villes, s'olfraient à intercéder pour eux près de l'Empereurdu mieux »piils le pourraient, alin d'obtenir leurentière rentrée en grâce. Les Electeurs savaient assez, et la chose était évidente, que les malentendus et les disputes au sujet de la foi provenaient surtout de la maladresse et de l'ignorance des prédieanls.Si les anciens docteui's avaient jadis rendu le chemin du ciel trop étroit, ceux ci le faisaient au contraire trop aisé et trop large; un grand nombre de sages ordonnances et d'usages chrétiens étaient abandonnés, et les fidèles étaient entraînés dans l'erreur. Si les décrets [jubliés à Nuremberg en lo-i3 et depuis ratiliés par l'Enqiereur - eussent été mieux obéis, jamais la scission religieuse n'eût pris un tel caractère de gravité. 11 était m-geut d'en exiger l'exécution, à moins (jue les commissaires impi-riaux et les Etats n'eussent à proposer de meilleurs remèdes. Surtout il fallait interdire de nouveau la pr(»|)agali(in de ces violents libelles, de ces satires rimées, de ces panqililels outrageants répandus et vendus

' Fvanhfnilpr, I\e\cli.sl(tfjS(trlcn \\M. fol. 1-'. — I''iiii;Di;.\snLUfi, Ucichstay :u Spetjr, p. .'J31-Ö3X.

» Yoy. noire secoii 1 vol , p. 28f. 21»0.

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