‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 68 sur 572 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

HUPTURE DE LA PAIX PUBLIQUE, — LE L\.\DGRAVE PHILIPPE I>E HESSE MENACE DE SOULEVER LA GUERRE RELIGIEUSE (1528)

Déjà, à l'époque de la Dicte de Spire, le Landgrave Philippe avait annoncé l'intention où il était de rétablir dans son duché par la force des armes, Ulrich de Wurtemberg, rais au ban d'Empire par Gharles- Uuint et zélé partisan de Zwinglc. Lo duc avait promis, dès qu'il serait maître chez lui, d'implanter dans ses états « l'Evangile de Zwingle* » et mettait tout en œuvre pour recouvrer le Wurtemberg. (c Le bruit se répand de tous côtés, »écrivent les chefs et conseillers de la Ligue Souabe au conseil de Zurich, le 12 avril 1326, « que le duc recommence à agiter le pays. On dit qu'il recrute beaucoup de partisans dans le territoire de Zurich. Ses émissaires réveillent les espérances des anciens meneurs de la révolution sociale et des paysans de Franconie réfugiés en Suisse et dans le Palatinat ; ils leur persuadent qu'Ulrich va prendre leur cause en main et recommencer avec ses corps francs une nouvelle campagne révolutionnaire ^ ^). « Comme à chaque instant nous nous attendons à l'arrivée d'Ulrich, véritable turc de l'intérieur, » écrivent en 1526 les États du Wurtemberg,ff il nous est impossible de contribuer en aucune façon à l'expédition dirigée contre les Turcs ''. »

Pour le bon succès de ses plans, le duc comptait surtout sur l'appui de François I ^

Pendant la captivité du roi, Ulrich avait écrit à la régente Louise de^Savoie «qu'elle forait très sagement de mettre sur pied six mille lansquenets, et de lui en confier le commandement pendant un mois. En peu de temps, assurait-il, quatre mille autres lansquenets viendraient se joindre à eux ; il lui faudrait encore douze cents cavaliers bien équipés, de la grosso artillerieet vingt mille couronnes; mais une fois en possession de toutes ces ressources, il déciderait facilement les Hohcmesà envahir l'Allemagno, à la condition toutefois

' Voy. plus haut, p. o3 * Voy. JoKG, p. tJ3rj-63ii.

122 l'Iiri'AUATlK S DE (UEnUK. 152G.

«ju'après la j;uerre les |tays coïKiuis leur seraient abondonnés *. > FraïK/ois l*^ par le traité de Madrid, avait soleimelh raeiil juré de ne jamais fournir au duc aucun secours, ni directement ni indirectement et de ne plus le prendre à son service. Néanmoins, dès le 4 juillet de la même année, il assurait l'Iricli de sa puissante protection, et promettait île mettre à sa disposition toutes les ressources de son royaume-. En janvier [l)"!! , Philippe de Hesse recevait à (lassel le banni, le meurtrier cpie jadis le fer rouge avait marqué, et qui tant de fois, en vrai chevalier bandit <iu"il était, avait impunément assailli et pillé les marchands et routiers qui passaient devant ses châteaux dllohentwill et de Montbéliard -K Sans tenir compte de lédil im|)érial ui des ordres formels du Conseil de l\éijence <|ui réclamaient l'expulsion du proscrit, le Landgrave accueillit Ulrich (' d'une manière si cordiale et débonnaire .> que le duc, dans une lettre adressée à Zwingle le 3 avril ir)27, se félicite avec lui de l'heureuse tournure que semblent prendre ses affaires ''. Avril venu, Philippe recruta à Strasbourg une armée considérable ^. Albert de Mayence écrivait au lieutenant du Wurtemberg. Georges de Truchsess, (ju'au commencement du carême le Landgrave avait enjoint aux villes de Francfort, Strasbourg, Augsbourg et Ulm « d'avoir à se tenir en paix lors de son passage, et de ne point remuer ,). Albert croyait (juil commencerait par s'emparer de Mayence, et de là irait rétablir le duc Ulrich. Aussi suppliait-il Georges de Truchsess de prévenir ce dessein sans perdre un seul moment, el de lui envoyer immédiatement du secours. Georges lui promit son assistance, et de son côté se hâta de réclamer l'aide des évè(jues de Wurzbourg et de Band)erg^. Comme aux approches di- la l'eiilecôte on redoutait dans le Wurtemberg une attaque du côté (le la Suisse, on avait pourvu à toutes les charges militaires et di'-signé d'avance les points de jonction des troupes ".

Les plus étranges nnneurs circulaient. Le (> mai lolT. IJeriie annonvait aux coidëdérés, dans une assemblée tenue à Einsiediln, (|u"une arnu'-e Icvt'e par Ferdinand et les membres du Saint- Uiiqjire, et forte de cent trente mille hommes, allait envahir l'Argovie el le> paNs eii\ iroiinanls ^ pour s'emparer de Zurich

1 IIeyd. t. H, p. .{iti.

= Dans Satti.i:«, t. III, doc. 12. — Voy. Stai.in , t. IV. p. 3;Ul.

Voy. Wille, p. il-iS.

' /uifif/lii O/i]!., l. VI II. p. 3;».

'- Mucer Ji Zwingle. Ziii/n/Hi "///).. i VIII. p l'û. ' MuciiiioLT/., t. IV, p. OI<i. — llr.vi.. i. II. p. '.VX\.

• IIevi>, l. II. p. a^i.

* Eidtjennsaische Ahsc/iiedr, t. IV, .\lil/i. 1*. IHSV.

l'RKIRNDUK LKiUR CONTRE (( L ' É V AN(; 1 L E •>. 1527. 12:5

e( contraindre la ville à revenir à l'ancienne religion *. Partout, soit au sud, soit au nord, la guerre semblait imminente. Ue tous côtés on armait, on se tenait sur la défensive.

Dans les premiers mois de 1.j27, les travaux de fortification étaient poursuivis avec tant d'ardeur, à Nuremberg, qu'au dire d'E^obau ifessus la ville « semblait imprenable '' ». Wittemberg aussi fut mise en un si bel état de défense que l'aspect de la cité en était totalement changé"-. « Une inimitié sourde, une aversiiMi inorelle, » écrit Jacques Grotsch à Zwingle, le 20 janvier lo28, «. excite les princes et seigneurs les uns contre les autres ; personne ne peut se lier à son voisin, et, pendant ce temps, le Turc s'arme en diligence, et ses redoutables armées s'avancent vers nous -K »

En février 1528, Philippe de liesse et le duc Ulrich parurent tout à coup à la cour de Weimar. Ils venaient informer l'Electeur (jii'nne ligue des plus redoutables se formait, et que Ferdinand et nombre de princes catholiques avaient juré la totale extermination de tous les membres de l'Empire attachés à « l'évangile;). Le docteur Otto Pack, chancelier du duc Georges de Saxe, avait fait à Gassel de secrètes communications au Landgrave, et lui avait promis de lui montrer les pièces originales du traité qui unissait entre eux, prétendait-il. les pouvoirs catholiques. Aussitôt. Philippe s'était rendu à Dresde, et là, il avait vu de ses propres yeux les pièces authentiques du traité, dûment revêtues des sceaux et signatures des princes ; avec l'autorisation de Pack, il en avait pris copie *.

(^ettc redoutable ligue, assurait-il, avait été signée à Breslau le 15 mai 1527. Ferdinand, lesÉlecteurs dcMayenceetde Brandebourg, l'arclievèque de Salzbourg, les évoques de Bamberg et de Wurzbourg, le duc Georges de Saxe et les ducs Guillaume et Louis de Bavière en étaient les chefs principaux. D'après les documents qu'il avait eus entre les mains, Philippe assurait que les alliés mettaientleurs forces

' Krause, t. II, p. GO-61.

- Lulher à Wenceslas Link, 28 août 1328. — Voyez de Wette, t. III, p. 126.

■' ZiiinrjUi 0pp., t. VIlI. p. 137.

' Mélanchlhon écrivait à Cnmérarius au sujet de Philippe (15 juillet 152S) .• « Is afürmabat, se archetypon vidisse, commemorabat a-s^zTC-^x; breviter mirabiliter incensus erat. » Corp. Reform., t. I, p. 987. —On voitaussi dans Seckendorf t. II. p. 95 que le Landgrave avait assuré à l'Electeur, ptMidaut son séjour à Weimar, que « foederis exemplum sigillatum et suscriptum se in manibus habuisse,» et qu'il avait promis ■■ aulographon se adepturum et exhibiturum esse ». Philippe, le 2.J juin l.">20, avouait bien au duc Georges n'avoir pas v u l'original du traité, mais soiiti'iiait encore qu'il en avait entre les mains l'exacte copie, « traversée de cor- <loiis de soie noire, scellée des sceaux de la chancellerie de Saxe, et portant l'empreinte de l'anneau ordinairement porté par le duc ». — Voy. Ha.nke. t. XI, p. 133. Park avait permis au secrétaire du Landgrave d'en prendre copie et pour ce bon office avait reçu quatre mille florins. — Pour plus de détails sur cette question, voy. NitVOLLEIt. p. 8:]-0ii.

lit I.K.IR KVANr. ÉLIQUE. lo!28.

en commun pouii'extirpation des hérésies et le maintien de l'ancienne relii,M()ii. Leur premier s(3in devait étrr d'assurer à Ferdinand, par un secours important, la tranquille possession du royaume de H"!nj,'rie; ensuite ils étaient décid('S à tourner leurs armes contre la Saxe. Si, apr.''sen avoir étérequis, Jean relusait de livrer Lutlier et ses adhérents et de rétal)lir l'ancien culte, les catholiques alliés envahiraient aussitôt ses états, et, s'ils parvenaient à s'en emparer, seproposait de les partager entre eux. On procéderait de même envers le Landgrave; s'il persistait dans sa rébellion envers l'Église, on donnerait sa principauté au duc Georges; les pays que les alliés pourraient encore conqui'rir serai en tpai'lagf ''S entre les au très pri ne js catholiques. L'arclicvèque de Salzbourg et les ducs de Bavière(adversaires bien connus deFerdinand) devaient, conformémentà ce bizarre traité, i'oui'nir à la ligne toutes les ressources militaires dont ils pouvaient disposer, sans prétendre pour cela à aucune compensation ^

Philippe mit une ardeur passionnée à persuader l'Electeur de la nécessit('' urgente d'organiser promplemcnt une contre- ligue; il fallait, selon lui, surprendre les conjurés avant qu'ils aient encore commencé l'attaque, et se mettre en campagne avec des forces supérieures aux leurs. Par un traité signé le 9 mars 1528, les deux princes s'engagèrent à mettre sur pied une armée de vingt mille fantassins et de six mille cavaliers, et àréunir au plus vite une somme de 000.000 llorins pour subvenir aux frais de la guerre. On réclama l'appui des ducs de Mecklembourg, de Lunébourg et de Poméranie. Le duc de Prusse se chargea de décider le roi de Pologne à altafpier les possessions de Ferdinand et de l'Electeur de Brandebourg. Philippe, de son côté, promit de solliciter l'appui du roi de Danemark et des plus importantes villes libres faisant partie de la Ligue Souabe; grâce à toutes ces mesures, les complots desennemis de l'Evangile pourraient être <léjoués. On travaillerait eu même temps au nUablissement d'Ulrich.

(' Les princes forment de vastes conspirations, » écrivait Gapito à Zwingle le ITj avril. (( La liesse est venue récemment à Nuremberg, accom[)agnée de (juatorze cavaliers seulement. Il s'agissait, comme tu le devinesaisément, delacausc du duc de Wurtemberg, dontnous

' .'^u^ les caractères itiiprimcsilii pr/tprulti trailr, voy. Schw viiz. p. '27, n. 3. — Tous les historiens s'ac';onleiil iiiaiiitenaiil à recoiuiailre que l'acle avait été forgé. — Hanki;,!. III. p. )l2-33.dit à ce siij t :" l'ii acte plein île tant d'iiivraisemblances, préscnt(! par un homme aussi fourl)e et aussi suspect, doit cvidemmetit ôlre tenu pour apocryphe. » — " ()ue\ hoiuiiie (|ue ce l'acK ! (In trou\e dans les arfhi\es de Presdo des pièces qui mellent son caraclcre en |)lein relief, (hélait un tMie faux, dissolu, très |icu di^'ne de foi. en un mot un fori ni(!'prisal)le personnage. >> ScHOMUUiKiK. p. lu'» I'.) 1. — Sciiw Ah/,, |). -'».

PLANS DE GUERRE DE P II 1 LI l' 1' L DE IlESSE. lo28. lx'3

avons de bonsmotifsd'espérerlepromplrélablissemenl'. >)CraigDan( d'être surpris par l'armée du Landgrave, les chefs et conseillers de la Ligue Souabc, réunis à Ulm, demandèrent au Conseil de Uégence de Stuttgard do prompts secours pour le printemps '.

François I" ne tarda pas à entrer en scène. Par l'entremise du comte Sigismond de Hohenlohc, il lit de nouvelles ûfFi-es au duc Ulrich, qu'il soutenait depuis longtemps de son argent, et lui dicta les termes dans lesquels la guerre contre l'Empereur et Ferdinand devait être déclarée ^. Le 20 mars I5i8, il chargeait le même ambassadeur de se rendre auprès de Philippe, « son bicn-aimc ami et allié, » pour lui annoncer que de plusieurs côtés il avait été averti de son désir d'être élu roi des Romains, et pour lui dire qu'en ce cas, il pouvait compter sur la bonne volonté de la France et de l'Angleterre. Aussitôt ce message reçu, Philippe se hâta d'envoyer deux ambassadeurs à François I"", les chargeant de dire au roi de France que jamais il n'avait songé à la couronne romaine ; que son intention n'était pas non plus de se déclarer contre l'Empereur tant que celui-ci n'aurait pas rompu ouvertement la paix par quelque acte positif d'agression ; qu'à la vérité, il était « occupé de grands préparatifs de guerre », mais qu'il ne s'agissait que de prévenir un complot ourdi contre lui par Ferdinand et plusieurs princes calholi(iues. Avant quinze jours, ilespérait être en campagne et se porter avec de grandes forces contre le roi de Hongrie, pourvu que François lui fit parvenir promptoment l'argent nécessaire pour subvenir aux nécessités les plus pressantes : a A moi seul, » mandait-il au roi de France, « je dispose de quatre mille cavaliers et de dix mille fantassins; de plus, l'Electeur de Saxe m'a promis quinze cents chevaux et quatre mille hommes d'armes, sans compter l'artillerie ; pour l'entretien d'une telle armée, de grosses sommes me sont indispensables. 11 me faut de toute nécessité cent mille florins par mois; aussi suppliai-je Votre Majesté de m'en envoyer quatre cent raille le plus tôt possible. » Si François se récriait sur l'envoi de sommes aussi exhorbitantes, les délégués avaient ordre de se contenter de cent mille florins. L'argent devait être livré à Nancy. « Cette affaire, » dit Philippe à ses envoyés, « ne souffre aucun délai. Vous vous efforcerez aussi de bien faire entendre à Sa Majesté que la plupart des princes et villes me sont dévoués, et que par conséipient la petite noblesse et les paysans se rangeront à mon parti '•. »

' ZuingliiOpp.,t. MU, p 160.

« Stalin, t. IV, p. 336, note 3.

^ Heyi>. t. 11, p. 396.

* Vny. Varbe.vtrapp, Briefe Mela/iclilliurt's, p. 5-8.

läü Ai.LiAX.fc: iiK i'iiii.ii'i-i-: Di: iii.ssi: am.«, /ai'hli. ITiSS.

.Mais paiini cos paysans sur lescjucls Philippe croyait pouvoii compter, régnait, ciopuis l'i^/. une extrême airitation, et le due (ieorf(es de Saxe redoutait tous les jours l'explosion de nouveaux troubles'. On avait les m»- mes craintes en Saxe -. Dans l'Ortenau, le Hrisirau, l'Alsace, les populations des cami)aynes, travaillées par de sourdes excitations, n'attendaient qu'un signal pour se soulever. Les pays rhénans n'offraient pas plus de sécurité ^ Le 17 octobre 1527, les Electeurs de Mayence, de Cologne, de Trêves et du Palatinat jurèrent de se venir mutuellement en aide, craignant qu'à la laveur des troubles religieux une révolte populaire ne vint à éclater *.

« Il Faut nous attendre à une révolution générale, » écrivait Hucer le l" mai 1528 à Guillaume Farel ; « les gens du peuple se llatlent devoir approcher le moment oîi ils pourront se déchaîner contre le clergé; aussi se rendent-ils en loulc au camp du Landgrave ''. -

Pour obtenir des subsides, Philippe eut recours à Zapoli, le rival du roi Ferdinand en Hongrie.

Ferdinand venait de remporter eu Hongrie une victoire décisive, et, le)] novembre 1527. avait été couronné en grande pompeàStuhlweissembourg. Un grand nombre de magnats, jusque-là hostiles, avaient reconnu son autorité; son pouvoir se consolidait, et l'on pouvait enfin espérer pour la Hongrie, depuis si longtemps déchirée, un avenir plus heureux, une ère de sécurité et de paix. Zapoli. après avoir essuy('une nouvelle défaite près de Cassovie (janvier 1528), avait été contraint de chercher un reluge chez un prince polonais; toutefois, il ne renonçait point au trône, et ne songeait (pi'au moyen de renverser Ferdinand en s'appuya nt sur les Turcs. Par l'entremise de son ambassadeur Jérôme Lasky, « il mit la Hongrie aux pieds du Sultan de Constnntinople. v s'offrant, avec toutes les forces de son royaume, ses poNsessions hér«'-ditaires et sa personne à soutenir les .Musulmans contre tous leurs adversaires. Kn ('-change de ces offres, Lasky reçut du sultan lassusurance « (pi'il Taiderait de telle sorte contre T ■ aiitriihion " qu'il se verrait bientôt et pour toujours solidement rétabli dans ses

' Seckemioiii', t. il. p. 97.

- Voy. la lellre de C^apilo à '/.\\\n^\o. :2ia^ril lo28. '/.uiiKjHl Ojip.. t. VIII. p. ICO.

^ Voy. Stehn, lU'ffrsIcn, dans la Zcilsrhiift für die Cu-srli. ilcs Oherv/ieinx, t. XXIll, p. lü8iüU.

' Sri;HN. lU'ijcstfn, p. 190-!2(ll.

- " Tiinetiir iiigcns reruiii iicrinulatio. \ ulpns s| cral s.ncrificii«; maiiiiu iiitcnt.nri. idt'O luriii;itiin liessi castra peluiil. » Mans IIkiimi.njahi». t. Il, p i;ii-l;i.'l. — Le !."> juillet irjiH, .Mélaiulitliou écrivait U Camérurius ii propos des émeutes :« Vellonl. opinor, dilelos esse rtl»; «aT'.>-^iiTcv7.; iiria/.'.iTfj; . iorj). Itefon.i., t. I, p. 983.

ALLIANCES DK IMIILII'I'E DT, IIKSSK. Iü28. i-27

états ». Le 'A lévrier, dans une audience solennelle d'adieu, le sultan dit à Lasky : c Ton maître devrait prendre l'enj^agement de nous inlormer exacteiuent de toutes les entreprises grandes ou petites formées par les Chrétiens. C'est alors que notre amitié deviendrait \rainient forte et solide I Moi, de mon côté, je deviendrais l'ami et le tidèle allié de ton mailre; je lui serais entièrement dévoué et je le défendrais contre ses ennemis, avec toutes les forces dont je puis disposer. Oui, je le jure par le Prophète, par le i-rand et bien-aimé prophète Mahomet, et par mon glaive ! » « Ta Grandeur, » répondit Lasky, « sera exactement informée par mon maître et par moi des affaires les plus secrètes. .le jure aussi par le Dieu vivant et par notre Rédempteur Jésus, qui est un même Dieu avec lui, que mon roi et mon maître sera l'ami de tes amis et l'ennemi de tes ennemis. » Le 10 avril, Lasky informait Ferdinand qu'à la tête d'une armée de Turcs, de Moldaves, de Valaches et de Tartares, il n'attendait que les ordres de son maître pour ouvrir les hostilités. Le 13 avril, Zapoli avertissait les Electeurs d'Allemai^ne et les membres du Saint-Empire qu'il sepréparait à marcher contre Ferdinand, l'injuste usurpateur de son royaume, et que si la Chrétienté avait à en souffrir il déclarait, quant à lui, n'être en aucune faeon responsable de ce qui allait se passer ^

Peu de jours apiès,Otto Pack se rendait auprès de Zapoli. 11 venait, de la part du Landgrave, solliciter des secours contre Ferdinand qu'il s'agissait d'attaquer dans ses possessions d'Allemagne. Zapoli promit cent mille llorins et en outre vingt mille florins par mois, la moitié de la somme qu'il avait reçue delà France et de Venise. On espérait aussi obtenir de l'argent du roi de Pologne, Sigismond ; on se flattait de gaizner ceprinceen TinformantquePliilippe pouvait déjà compter sur sept mille cavaliers et vingt mille hommes de pied -, et que, de plus, il était bien fourni de grosse cavalerie. Le roi de Danemark, Frédéric, et le duc de Prusse, Albert, promirent aussi aide et secours aux alliés de Weimar, et le conseil d'LTm se déclara disposé« à prêter main-forte à la parole de Dieu ».promettant « de combattre pour elle à la vie à la mort ^». Nuremberg oflrit avec empressement à Philippe des troupes et des munitions, à la condition, toutefois, que la guerre ne serait dirigée ni contre l'Empereur ni contre la Ligue Souabe K Dans la Basse-Lusace, on craignait de

' l'our plus de détails, voy. Ecciiiioltz. t. lit. p. 224-228. 247 et suiv.

= RoMMCL, t. 1, p. 216, 1. 11. p. 2U3. — Ehses, Ceschlcfile der Puc/:'sc/ien Händel. p. 20-33. — SECKE.NDoni- . t. 11, p. 118.

'■' Secke.ndohf. t. 11, p. 97. — Hommki-, t. 1. p. 216. — Keim, Sc/nrïibiscfie /?<>fornialiunsfjesrh., p. 71.

* ScH\v.\nz.' 3'J-iO.

l^ij l-nÉTKNDUE LIGUE DK BUESLAU. Iü28.

{graves complications amenées par les intrigues de Philippe de Minckwitz, seigneur de Sonnenwalde, autrefois compagnon de rapines de Sickingen, qui, depuis la délaitc de celui-ci, s'efforçait de faire aboutir dans divers pays de lEmpire les plans que Sickitigen n'avait pu faire aboutir dans le Rlieingau '. Zapoli, auquel il avait oflert ses services, l'avait nonnnc gouverneur do la Hasse -Lusace - (17 août iri^T). Minckwitz se donnait pour un partisan zélé «du pur évangile », et pendant que Philippe se préparait à envahir Tarchevèché de Mayenec et les évécliés de Franconie, il levait un nombre considérable de mercenaires. On lui prêtait le dessein d'envahir les évêchésde Magdebourg et dllalberstadt; d'autres prétendaient qu'il se porterait d'aburd contre les états de Joachim de Brandebourg ou contre le duc Georges '^.

Cependant, lElecteur Jean de Saxe commençait à réfléchir, et ne voulait pas entendre parler d'une rupture ouverte de la Paix Publique.

Lors du séjour de Philippe à Weimar, il avait été convenu qu'on ne chercherait avec les princes catholiques ni paix ni explication, et qu'on hâterait les préparatifs de guerre, afin de les prendre au dépourvu ''. Contrairement à cette décision, l'Electeur, sur les vives instances de Luther et de Méianchlhon, voulut qu'avant de rien entreprendre on portât le complot de Breslau à la connaissance des princes catholiques, afin de leur laisser la possibilité de se justifier dans le cas où leurs intentions auraient été calonmiées. En même temps l'Electeur rappelait à Philippe qu'il lui avait prorais, à W^eiraar, de lui montrer l'original du traité ^. Or, Philippe n'était pas en état de le produire. Aussi, le 23 avril, la convention de Weimar fut-elle modifiée; on résolut d'interroger les princes et de se comporter d'après leur réponse ; en attendant, les armements eontinufrent.

Albert de Mayence, averti par la rumeur pubHque des intentions du Landgrave, lui envoya ses conseillers, et lui fit ofî'rir de s'en remettre, pour toutes les réclamations et prétentions (ju'il pourrait élever, à l'arl^itragc de lEnipereur, de la Chambre Inipiriale, du Conseil de Hégeuee et de la Ligue Souabe. I)i^ son coté. Richard, aichevêipic de Trêves, ('-crivait le 2 mai à Philippe que des l)ruits

' Voy. DrioYSEN, 2i., p. Wil'iï.

- Neumann, drsch. tlrr nii'drrhntsilz. Lumli' )/jlc, t. II. p. 19'i.

' Voy. Kalkg, Minc/cii'itz, p iM et sii'w.

* Voy. les lettres de Mclaiiclitlioti à CainérariiH (S juin et iS juillet 1528), «laus le (Jurp. Hcfarin., t. 1, p. 'JSJ 'J-i7. — Voy. Eiises, l.'in li/raf l'hilipp, p. 'Ji et suiv.

• Voy. l'instructiou de TKlecleur Jeau dans Nkudeckk«, Aclciisliiv/ic, p. 33 ï'). — NlEMÜl.LKIl, p 10 l'ù.

PHILIPPE DP. IIRSSI- PROCI.AMK F.A Gl KltltK DF, HEI.I(;iO.\. |.')^8. 129

alarmants pour lui se répandaient de tous côtés, et qu'il priait le Landgrave de réfléchir qu'attaquer sans aucnu motif son évêché serait violer la Paix-Publique, irriter juslcjneul l'Empereur et le roi Ferdinand, et risquer de bouleverser tout 1 Empire. Pour prévenir de si graves calamités, pour épargner terres et gens et ménager le sang chrétien, Richard se déclarait prêt à tous les sacrifices dans l'intérèi de la paix, et s'offrait à servir de médiateur» dans les contestations qui pourraient s'élever entre les princes. Mais Pliilippe repoussa toutes cesavances. Gefuteii vain queRichard, appuyé par l'Electeur Palatin Louis, l'exhorta une seconde fois, « en toute cordialité et fort paternellement » à renoncer à ses projets, offrar^t de réunir à Gelnhausen les princes ecclésiastiques de la prétendue ligue, et d'apaiser le différend du mieux qu'il se pourrait -.

Pour toute réponse, Philippe, malgré ce qui avait été convenu entre lui et lÉlecteur, concentra son armée, forte de quali-e mille cavaliers et de quatorze mille fantassins, à Herrenbreitungen, sur la Werra, et de là marcha contre les évêchés sans défense de Wurzbourg et de Bamberg 3. Le baron de Wildenfels, ambassadeur de Saxe, exprimait la crainte, le 22 mai, « que le Landgrave ne se lançât dans une aventure dont jamais il ne pourrait soutenir la légitimité ni devant Dieu ni devant les hommes». « Votre Grâce, > écrivait-il à Jean-Frédéric, « ne peut se faire une idée de l'audace de cet homme. Il n'est point de bête féroce qui ne me parût plus facile à dompter que lui '*. »

Le même jour, Philippe adressait à tous les membres de l'Empire un manifeste où la guerre de religion était ouvertement proclamée.

On le calomniait, prétendait-il, en l'accusant d'aspirer à la couronne romaine et de vouloir mettre le siège devant Francfort; il n'y songeait nullement, non plus qu'à se mettre au service du roi de France, à exciter une nouvelle révolte populaire, ou bien à soutenir les réclamations du duc Ulrich s. Il était tout simplement dans le cas de légitime défense ; il ne sedisposaitàla guerre que pour protéger les siens et se mettre à couvert d'une tyrannie impie. Des évêques. des

* Neüdeck£R, Urkunden, p. 3i-3G.

- Neudecker, p. 37-iU.

3 Sur les forces de celle armée, vov.— Ehses, Gesch. der Pack's'c/ifn llïntdel. p. 58, noie 3. ^

' Schwarz, p. 102, note., Yoy. Ehsis, Landf/rnf P/à/ipp, p. 101 et siiiv.

••A Weimar, un mouvement s'était d'abord produit en faveur Ullrich, il avait mêmeéié décidé que le duc prendrait part à la guerre. Philippe ne renonça provisoirement à son projet favori q;.e parce que iNuremberg menaça de lui retirer .«.ou appui s'il persistait dans ton dessein. — \oy. Eh:E>, Lwidyra/ J'hilipp, p. Oti-tj?. — ScuWAhz, p. 4U.

130 IMIII.IIM'E DK llKSSi: l'IlUCLAME I.A (iUEIlRE DE HKLUilON. 1528.

moines iiisok'iils avaient tautet sibien intrigué (}u'il.s avaicntdécidé plusieurs {grands princes à se liguer avec eux contre la parule bénie du Dieu vivant, comme le prouvait suflisammont le document dont il publiait la copie. En présence d'une agression si injuste, il s'était vu lorcé de prendre les armes, et s'il ne pouvait obtenir une paix ebrétiennCjlui et ses alliés n'auraient plus qu'à s'en remettre à Dieu du succès de leur entreprise, dans un conliant espoir en la souveraine j)uissanee du Très-Haut. Ce <jui lui était le plus amer, écrivait-il à son beau-père Georges de Saxe, c'était de penser que le due, engagé contre lui dans un pareil complot, le tenait sans doute pour un dangereux mécréant, pour un perfide béréti(]ue. Se voyant en péril soit de renier la parole de Dieu (et par conséquent de se mettre au service du démon), soit de perdre sa terre et ses gens, il ne lui convenait pas de rester dans l'inaction et d'attendre en paix qu'on le vienne attaquer cbez lui. Il avait cru de sa dignité de prévenir ses ennemis, et de les contraindre à renoncer à leur mauvais dessein '.

Ain>i Pbilippe, qui parlait de paix cbrélienne, appelait « serviteurs du démon » les princes catlioli(pies, comme lui membres du Saint-Empire.

De même qu'autrefois Frantz de Sickingen, les cbevaliers révolutionnaires et après eux les paysans révoltés de la Souabe avaient inscrit le mot (v Évangile » sur leurs étendards, ainsi, en Allemagne^ et pour la jm-mière fois, un prince de l'Empire soulevait la guerre de religion pour Halter les passions popubiires, et donnait à des projets fondés sur une injuste violence la couleur d'une sainte et nécessaire entreprise-. Eide même que jadis chevaliers et paysans avaient dès l'abord dirigé leurs aUa(pies contre le clergé, Philippe, lui aussi, débutait par menacer les états des princes ecclésiasticjues, sarliant bien(|ue, chez eux, il trouverait moins de résistance et [)lus de butin (pie ])arlout ailleurs.

l'eu de semaines avant que le manifeste du Landgrave n'eût été pub!i<''. /.NNingle avait émis l'opinion (pie le massacre des évé(pies pourrail bien (ievenirabsolumentimlispensableà rélablissemenlde lévangile : (I Je suis pt rsuadé, » écrivait-il le 10 mai loiS, « (pie les t''vê(|ues ne cesseront d'intriguer, de ruser, decabaler, (]ue lors(prils aur(jnt rencontré un noiivrl lléli chargé de l'aire |)leu\oir les vengeances du Seigneur sur leiu's létes. Aussi loiigtem|)s (|ii(' la charité

' Voy. ces pièces dans II iiui.iîHKii, l'rsa''i 'ii. p. 77ï el siiiv. — Dans iiiiu letlrt' daléu (lit H uvril l.'iiH, l'liilip(>e, ii propus de l'iiilcrvciiiioii île L'illi.r duiis I ulT.iirc di; l'acli, parle cgitleiueiil de u cullo saluiiiqiie ». ix> suiiil-clir(>iiie eu us:ik(! <I:iiis l'K^'list; Cullioliqiie ckI appelé par lui ■• 1 uugtiuiil du diable u. — \ uv. lUiUMi.i., l. III, p. ii.— \oy. Kii^ES, l.diiiliirii/' l'/iHi/i/i, l. X, p. lùo.

' Jaui.kk. I.iiiiilf/ra/ l'/iili/iji, l. .\l\ , p. T-iH.

CONTRE IM4ILII'I'E DE HESSE. lo28. 131

chrétienne, dans un luuablesenlimcnt d'espérance, nous comman- ■dera de les épargner, il iaudra les laisser on paix.; mais lorsqu'au contraire cette même charité exigera leur extermination pour le salut général, il sera plus expédient d'arracher l'œil malade que de laisser périr tout le corps K »

Les troubles intérieurs qui déchiraient l'Empire, tant de matières combustibles accumulées Taisaient redouter avec raison l'explosion d'une guerre générale. « Si elle vient à éclater en ce moment, » disait un ambassadeur d'Angleterre présent à Nuremberg, « la ruine complète de l'Allemagne ne pourra plus être coiifurée -. »

Grands furent l'étonnement et l'indignation des princes de la prétendue ligue de Breslau, lors(iue « le conte mensonger » de leur complot imaginaire parvint à leur connaissance par le manifeste du Landgrave.

Joachim de Brandebourg écrivit à Philippe au reçu de cette nouvelle : V Nous regrettons que Votre Grâce se soit laissé duper par des rapports mensongers, méprisables et dénués de tout fondement, car une pareille erreur pouvait avoir pour conséquence la révolte, la ruine et la détresse de plus d'un pays. » — .Jamais il n'avait été question de guerre contre lui où contre l'Électeur de Saxe. L'auteur d'une pareille invention ne pouvait être qu'un misérable, un traître et un maudit. « Aussi bien, Votre Grâce aurait pu avoir la courtoisie de nous informer à temps de ses pensées et desseins par rapport à cette supposition mensongère, que démentait suffisamment notre foi jurée et le traité scellé et signé de notre main 3. » « Votre Grâce, » ajoutait l'Électeur en une autre missive, « eût été bien inspirée en ne prêtant son nom à une affaire si suspecte qu'après avoir mûrement réfléchi, car vous vous exposiez à exciter une révolte dans l'Empire contre Sa Majesté Impériale, notre très gracieux seigneur, et vous avez appelé les Allemands aux armes dans un manifeste rendu public, outrageant ainsi sans aucun motif, moi, le roi, les Électeurs et les princes ''. »

' Ziihv/lli 0pp., t. VII, p. 174-1 Si. — II s'appuie sur l'exemple du Christ chassant les vendeurs du temple, sureaux d'Kzechiaset de Josias; s'iiispirantde l'exemplede ces héros, raulonté devait abolir la messe... » Etiamst »ou,debeat istud, ut sacerdotes simul coiitrucidet, cum videlicet citra tam'cradeie factum coiisilium obtineri possit, siumiiius, jam uiiiil cuuctabimur exempla etiam ',durissima sequi... »

- « ... Si h;ei tempestas, ut iahorruerat, desiuvisset, nihil miuus fuerat quaou tolius Germanie;« natioiiis eversio. » Lawrence Stabbar à Wolsey, 18 août llii^, dans liuKWi-ii, Ib, 2UM, n" 4639.

' lluiiTLEDEH, Ui'nac/ieit, p. 78.J et suiv. — Ou trouvera même dans ce volume la protestation des autres princes. — Voy. Niesioli,er, p. 33 et suiv.

* .Nr:i:i)r;cKEn, l'i/cund-it, p. 61.

J32 CONinE IMlll.Il'i'E UV. Il ES S K. 1528.

Jamais, protestait de son côté Ferdinand il n'avait eu lu pensée d'une semblable ligue, bien éloigné de la conclure. Il portait pour cela un trop grand respect à la Paix-Publique, à la Ligue Souabe (^t aux. décisions de la Diète « En toute circonstance, » écrivait-il, K nous entendons nous comporter clirétiennement, et rester exempt de tout reproche comme il convient à un souverain équitable, et comme nos prédécesseurs, empereurs romains, rois et archiducs d'Autriche, nous en ont donné Te.xemple. » Le roi ordonnait en même temps au duc Georges de commencer une enquête sur toute cettre intrigue^ et de tâcher d'en découvrir la source cl l'auteur *.

.( Oue Voire Grâce, » écrivait Georges à son gendre, « veuille bien me désigner linventeur de celte calomnie, alin que désormais moi et les miens puissions nous mettre en garde contre sa perfidie. Et sachez que si vous ne le faites, je serai l'onde à croire que Voire Grâce a forgé elle-même ce conle, y cherchant un prétexte à de mauvais desseins contre un pauvre vieillard "-. » Lors(jue Philippe désigna enfin Olto Pack comme ayant affirmé rauthenticilé du contrat prétendu, Georges rappela à son gendre que jamais il ne lui avait donné la moindre raison de mettre en doute sa loyauté et franchise, et qu'il eût bien pu lui accorder au moins autant de créance qu'au parjure Pack. « Voire Grâce, » continuait Georges d'un ton plus sévère ï s'est permis de soustraire Otto Pack à mon service, de le tourner contre moi, bien qu'il eût siégé en mon conseil et fût mon vassal et mon sujet, et cela par de l'argent et des promesses ; cependant, je ne l'avais cédé à Votre Grâce, pour l'affaire de Nassau, que sur son instante demande. » Georges ne niait point son aversion pour la secte luthérienne, mais il écrivait à son gendre : « Puisque vous vous croyez autorisé par le recez de Spire à agir dans vos états selou voire bon plaisir et contrairement à l'édit impérial, il me semble (ju'en reslant calliolique, je puis à plus forte raison me croire libre, irréprochable, et à l'abri de dangereuses méfiances ■'. »

Tandis (|ue tous les jours on s'attendait à voir éclater la guerre, les Electeurs de Trêves et du Palatinal s'interposèrent une fois encore. On vit alors Philippe changer soudain d'altitude, et « baisser les ailes ». Plus tiud, lorscpie ses coreligionnaires lui reprochaient (lu'apn's avoir fornit' de grands projets il les avait abandomiés sous (lel'iitiles prétextes, Philippe répondait: << C'est (ju'au fond nous sentions bien que nous a\ ions été abusés, ^) [)arlanl de la prétendue

• Hankk.i. m. p. 3i, noie I.

I Nkidkckeii, Aili'i,sltirli>'. |). 43-4i,iiule. ' IJaus Neuuucklh, r//.i//i(/i//. \t. ü5 7i.

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