‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 83 sur 572 · NKGOCIATIONS AVEC LES VILLES PROTESTANTES · texte numérisé non relu

NKGOCIATIONS AVEC LES VILLES PROTESTANTES

carie Christ a dit : « J'ai encore d'autres choses à vous révéler, » ce (jui vous prouve évidemment que vous devez laisser à la prédication ^00 libre cours, car sans cela pas une motte de terre ne demeurerait à sa place, et il ne resterait pas pierre sur pierre de tout ce qui est maintenant debout '. »

Les villes protestantes ne se montrèrent pas plus traitables que les princes.

Le 14 juillet, l'Empereur avait fait informer les délégués des cités « qu'il lui était impossible de démêler au juste à quelle créance chaque ville appartenait ou désirait appartenir. » demandant qu'on le lui fît clairement connaître -.

Dès l'ouverture de la Diète la discorde s'était mise entre le-s députés urbains.

« Personne ne sait derrière qui il est assis, » écrivaient ceux d'Ulm, (f les villes se comportent comme si elles n'avaient aucun lien les unes avec les autres. Chacune suspecte sa voisine au sujet <le la foi. Aucune ne veut franchement déclarer si, oui ou non, elle s'en remet au concile ou veut une assemblée nationale. Les villes protestantes sont divisées de sentiments; les luthériennes se séparent des zwingliennes, les zwingliennes ne s'accordent point entre elles; les prudents se querellent avec ceux qui veulent abolir la messe ; les neutres ont en horreur l'alliance suisse '•^. » Le conseil de Biberach donna Tordre à son délégué de se régler en tout, pour la foi et les sectes, sur la conduite du bourgmestre d'Ulra, Bernard Besserer. Si Ulm voulait revenir à la foi calholicjue, Biberach le voudrait aussi ; si au contraire Ulm adoptait la doctrine de Lutlier, ceux de Biberach la reconnaîtraient également pour véritable; enfin, si Ulm trouvait bon de se rallier à la confession de Zwingle, Biberach en ferait autant ^. Or, le bougmestre Besserer, dont l'opinion devait exercer une telle influence sur la religion que les bourgeois et le peuple de Biberach allaient adopter et regarder désormais comme le véritable

^Sùmmll. Werk,; t. XLVI, p. i'iö--22«). et t. XLVllI, p. 342-^43,338, t. LIX, p. 1297, et t. LX, p. 82.

' Lettre des députés de Nuremberg, lojjuillet 1530, dans Corp. Reform., U II, j). 199.

'■> Keim, Schwäbische Reformalionxqeschichte. p. 163-104.

« liefhrDtnliun zu Biberach , p. 24-25.

CONFESSION DE FOI DES QUATRE VILLES. looO. 219

évangile, prit, drs le début, une attitude louche. Yis-à-vis du conseil protestant d'Ulm, il invectivait le Pape, l'appelant « le plus déloyal des scélérats, et prétendant qu'il voulait faire de l'Empire une vaste mer de sang pour y noyer tous les Allemands' >); mais en même temps il avouait au secrétaire de Gampeggio « qu'il ne haïssait rien plus que les Luthériens, si ce n'étaient pourtant les Sacramentaires^ ». Quelque temps après, néanmoins, il se montrait le zélé défenseur et l'ardent disciple de ces derniers.

Peu de villes savaient nettement quelle confession de foi il convenait d'adopter. Les protestants de Reutlinger signèrent celle d'Augsbourg, bien qu'ils eussent apporté avec eux une confession particulière qui en différait dans les points essentiels. Les délégués nurembourgeois suivirent leurexemple,àla grande indignation de Besserer, qui leur donna à entendre que les villes lui semblaient mal inspirées dans leurs décisions, et que celles qui pensaient agir avec le plus de finesse et d'habileté auraient peut-être à se repentir plus que les autres. » Pour que l'Empereur ne se méprît pas sur leurs intentions, Heilbronn, Kempten, \\indsheim, Wissembourg, signèrent la Confession des princes. Ulm remit à Charles-Quint un écrit particulier ; il ne contenait pas une confession de foi nouvelle ^, mais insistait seulement sur lanécessité de réunir un concile général qui, par l'intermédiaire de savants docteurs, donnerait des éclaircissements précis sur toutes les questions débattues.

Strasbourg, Memmingen, Constance et Lindau dressèrent une confession de foi zwinglienne, comme plus tard sous le nom de Confession des quatre villes ou. Confession Tétrapolitaine . Elle avait été rédigée par Bucer et Capito. Brenz, dans une lettre à Isenmann (22 juillet), l'appelle « cauteleuse et hypocrite », et Bucer convenait lui-môme que la formule dont il s'était servi pour expliquer la doctrine de l'Eucharistie manquait de franchise ^

L'Empereur, après en avoir pris connaissance, exprima ainsi son opinion : « Il ressort de cette Confession, comme nous en avons été exactement informés, quclesdites quatre cités se séparent par la foi, non seulement de toutes les autres villes d'Empire, mais encore de toute la nation allemande, et même de la Chrétienté tout entière, qu elles ont adhéré à la criminelle hérésie qui ose rejeter le très saint sacrement, qu'elles ont donné leur assentiment à de nombreux

' ^^i)i, Schwäbische Reformationsgeschichte, p. 162. - Keim, p. 180.

^ Voy. Keim, Schwäbische Reformationsgeschichte, p. 183.— Keim, T/z/i. p. 183-

* Voy. Keim, Schwäbische Reformationsgeschicht-e, p. 170. « Articulus de eucharistia immulatus est, » etc.

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