LUTHER (".ON TR F. LES CATHOLIQUES
peivur, qu'il considérait toujours comme son légitime souverain '. Mais dès le mois de novembre 1530, il écrivait à Nuremberg que ses conseillers et docteurs étaient tous d'avis qu'on pouvait en toute sécurité de conscience s'armer contre Charles-Quint ^. Luther qui, autrefois, avait soutenu la thèse contraire, avait été converti à la doctrine de la résistance par Philippe de liesse. Selon le Landgrave, on ne devait se faire aucun scrupule de lever contre l'Empereur l'étendard de la révolte, du moment oîi il annonçait l'intention de rétablir « la doctrine du démon ». Charles avait prêté tout autant de serments que ses sujets, et d'ailleurs ce n'était pas seulement envers lui que ceux-ci avaient des devoirs, c'était envers l'Empire. L'Empereur, en violant ses promesses, était descendu au rang de simple citoyen, et ne devait plus être considéré comme souverain légitime, miis comme perturbateur de la piiix, d'autant plus qu'il n'avait point eu l'Empire par héritage, mais seulement par élection. L'Empereur, en matière de foi, n'avait aucune autorité; il jugeait toute chose d'une façon arbitraire; outre cela, le recez d'Augsbourg n'avait pas été signé du consentement de tous. On voyait clairement, dans l'Ecriture sainte, que Dieu n'abandonne jamais les siens. N'avait-il pas, dans le passé, protégé la révolte des Bohèmes et des Hussites contre un autre tyran, et ne leur avait-il pas accordé la victoire? Beaucoup d'autres faits historiques établissaient que Dieu était souvent venu en aide à des peuples soulevés contre leurs gouvernants, du moment où ceux-ci oubliaient envers eux les lois de l'é juité. Pour n'en citer qu'un seul exemple, on avait vu jadis quel(|ues Suisses courageux l'emporter sur des potentats autrichiens et sur plusieurs empereurs ^l
Le Landgrave ayant prié Luther d'adresser sur ce grave sujet une instruction à tous les chrétiens attachés à sa doctrine, Luther publia les deux écrits intitulés: « Avertissement à mes bien-aiinrs Allemands nu suji't du recez d'Augsbourg^el Gloses sur VE dit prétendu de VEmpereur. »
« 0 Diète ignominieuse, »s'écrie t-il dans le premier de ces écrits; <( dites-moi, en vit-on jamaisune semblable? Qui jamaisentendil parler d'une pareilleasscmblée,ct(]ui, dans l'avenir, la verra se renouveler ? Elle restera à jamiiis comme une lache honteuse pour l'honneur des princes et de; l'Empire. Nous autres Allemands nous sommes, à son sujet, remplis de confusion, rouges de houle, humiliés devant Dieu
' Voy. Planck, 3 ^/.,]i. IKI. note lu.
- Lellre de Veit Hiclricli ii Lullier, !'• iio\enibre loL^O. Juiis les Viisrlaildigcn Sdclirii.lih'n, 17 'iV, p. 46.").
■> al ocl. 15'IU. Voy. UuMU ;i., Vi/ciinden'ni h, p. 'ri-ii.