‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 89 sur 572 · LA LIGUE DE SMALK.VLDE RECHERCHE DES ALLIANCES · texte numérisé non relu

LA LIGUE DE SMALK.VLDE RECHERCHE DES ALLIANCES

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Les princes de la LiguedeSmalkalde,selon qu'ils en étaient convenus entre eux en décembre 1530, cherchèrent à attirer les rois de France et d'Angleterre à leur parti. Ils comptaient sur le concours empressé d'Henri Ylll qui, sur le point de répudier Catherine d'Aragon, tante de TEmpereur, pour contracter un second mariage avec Anne Boleyn, allait blesser profondément Charles-Quint et rompre avec l'Église Catholique. Sa sympathie semblait tout naturellement acquise aux Protestants ; mais ceux-ci attendaient du roi de France, en dépit de la paix récemment jurée, des secours immédiats autrement utiles, sachant bien que François saisirait avec avidité toute occasion qui se présenterait d'affaiblir la puissance impériale et d'exciter la guerre'civile en Allemagne.

Pendant que Luther pressait Jean-Frédéric de Saxe de reconnaître l'élection de Ferdinand. pour prévenir de grands malheurs et afin que l'Empire ne fût point déchiré ni l'Allemagne partagée*, Mélanchthon se voyait forcé, de par l'expresse volonté de l'Electeur (16 février lo31), de rédiger un message pour le roi de France portant que l'Electeur, pour le bien de l'Empire et le maintien des libertés de l'Allemagne, protestait hautement contre l'élection du roi des Romains, el se recommandait, comme par le passé, à la bienveillance souvent témoignée et toute particulière de François 1'% promettant de lui prouver sa reconnaissance par tous les moyens en son pouvoir 2.

Lemèmejour. Jean-Frédéric. Philippe deHesse, Georges deBrandebourg-Culmbach, Ernest de Brunswick et les villes de Strasbourg, de Nuremberg, d'Ulm et de xMagdebourg sollicitaient également l'appui des rois de France et d'Angleterre, en appelaient du recez d'Augsbourg à un concile libre et général, et pressaient Henri et François d'en hâter la convocation.

« La Confession d'Augsbourg, » affirmaient-ils, « était de tout point conforme à l'Evangile et à la foi de l'Eglise Catholique. On les calomniait en répandant le bruit qu'ils ne l'avaient adoptée que pour s'emparer des biens du clergé. Ces biens, dans leurs territoires, étaient de très peu d'importance; d'ailleurs ils étaientindispensables à l'entretien des paroisses, et les princes étaient tout disposés à les consacrer à tous les buts pieux que désignerait le con-

' Lettre à l'Electeur du 12 dèc. 1530. Voy. de Wette, t. IV, p. 201-203. - Corp. Reform., t. II, p. 478-480.

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cile ^. » Mélanchfhon, écrivant confidentielleraeiU à ses amis, exprime la crainte que les choses no tournent à la guerre dans le courant de l'été et que, « moins pour l'amour du Christ (ju'à cause des passions de certaines gens, la lutte ne vienne à s'engager - ».

Le2lavril,FrançoisI"faisaitconnaîtresaréponseauxaUiésdeSmalkalde.et,le 3 mai. celle d'Henri YIIlleurétaitcommuni(iuée. Les deux, souverains promettaient non seulement de s'employer à la prompte convocation du Concile,maisencorede rendre de bons offices à laLigue en toute rencontre. A dater do co jour, disait François, les princes et les sujets de l'Allemagne ont un refuge assuré en France. Le roi envoya aussitôt en Saxe l'un de ses chargés d'alfa i res, Gervais Yain, allemand de naissance, pour s'enquérir avec détail des plans, du crédit et des forces de la Ligue ^; il promit aux alliés, par l'entremise de son ambassadeur Guillaume du Bellay, des secours importants « pour la défense de la liberté germanique ». Henri VIII, de son côté, fit savoir, par l'entremise de son chargé de pouvoir, qu'il contribuerait volontiers aux frais de la guerre et prendrait sous sa protection le duc Ulrich do Wurtemberg '\

La campagne entreprise par Philippe pour le rétablissement d'Ulrich devait commencer « avec la première verdure du printemps ^), selon le désir du Landgrave'. Aussi n'était-il occupé « que d'enrôlements et de préparatifs militaires ». Le duc Henri de Brunswick n'était plus, à la vérité, d'humeur à le seconder comme il le lui avait promis, mais il s'olfraità avani:er douze mille florins

' Corp. Reform., t. II, p. 472-i77. — Voici le passage concernant les biens Je l'Eglise : « Et qnamquam bona illa ecciesiastica apiul nos, cum qiiidem vi.vmediocria sint (en d'autres circonstances on ne manquait pas de répéter qu'^ l'Eglise possédait d'immenses richesses), videantur parochiis nostris necessaria fore, quaî per incorporationesarrosie et compilât;« sunt, tarnen non recusamus ea in quoscundes que pios usus conferre, in quos auctoritate concilii collocata fueriut. » — A propos e.véqui's ils écrivent : « De ecclesiasticis pr;eiatis etiam testatur coi.fessio nostra, quod potestalem clavium et ministerium verbi religiöse veneremur, qiiodque etiam canonicam politiam ecclesiastici slatus probemus. » Corp. l\ef.,i.\\, p. 472-

* « Mihi quidem dubiumnon est, quin ad arma Ventura res sit magis propter certorum hominum cupiditatem, quam propter Christum. » — Fin de mars 1531. lettre i Haumgarten. Corp. Uefijrm. t. 11, p. 4'.l2. — Voy. p. 488, la lettre à Camerarius datée du 17 mars.

' Voy. HoMMEL, t. I. p. 289. — Planck, 3', p. l'.)7.

' Mémoires de (i. du Ih'llay, t. il, p. 190 l'JI, 196-107. « ... que quoique /<• ßo» d' An rj le terre ne se fût pas encore décido sur \r parti qu'il prendrait au sujet de la Ligue de Smalkalde l'on pouvait cependant espérer qu'il contribuerait volontiers aur frais de la guerre et que. quand môme ce prince ne serait pas dans ces dispositions, ils pouvaient hardiment compter sur le secours de la France, toujours prête à les assister, toutes les fois qu'il prendrait envie ù l'Empereur de violer les droits du corps germanique. » Sur Gervais Vain, originaire de Meminingen, voy. ScuELHOHN, Eryilzlirhlceileii, t. 1. p. 27U 29't.

'■" Voy. plus haut, p. %Y1 .

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