AFFAIBLISSEMENT DE LA ROYAUTE
Dès lors, on cessa de s'intéresser aux affaires générales du pays; les liens qui avaient uni jusque-là les différentes races allemandes se relâchèrent, et l'Empire cessa de former un puissant ensemble. Les revenus des domaines impériaux, sur lesquels la puissance royale avait été originairement établie , furent dilapidés; les prérogatives royales furent partagées entre les états; la royauté cessa de former un centre d'action, et d'année en année grandit la puissance territoriale des princes. Frédéric Ier y avait travaillé lui-même Lorsque, par la suppression des duchés de Saxe et de Bavière, il avait anéanti l'existence réelle des tribus allemandes. A partir de ce moment les princes ne visèrent plus qu'à acquérir des États dont ils fussent les seuls maîtres, et Frédéric II donna imprudemment une base légale à celte tendance en leur accordant des lettres de faveur. Dès lors les territoires se formèrent au hasard des conquêtes des princes souverains, qui ne montrèrent nul souci du maintien des anciennes frontières.
L'élection royale, à laquelle les tribus avaient pris autrefois une part égale, devint, après la destruction de leur libre nationalité, le monopole exclusif de quelques princes qui se l'attribuèrent contre tout droit.
Mais les traditions nationales des divers pays furent néaumoins conservées dans une certaine mesure. Môme après la chute de la plupart des maisons ducales et lorsque le droit d'élection eut été transporté aux sept électeurs, les princes souverains et les anciennes villes des duchés restèrent si étroitement unis par des traditions et des conventions mutuelles, que cette union fournit plus tard le plan tout préparé de la division du pays en districts, division qui subsista jusqu'à la chute de l'Empire.