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LA ROYAUTÉ ET LES PRINCES DEPUIS L'INTERRÈGNE

Pendant l'interrègne, les affaires intérieures de l'empire tombèrent dans une telle confusiou que le Français Charles de Lueon, après avoir séjourné quelque temps dans les pays rhénans, croyait pouvoir parler « de la tin de l'Allemagne ' ». Mais les réclamations populaires, et surtout l'altitude menaçante de la grande ligue rhénane formée pour combattre les fauteurs de troubles, obligèrent les princes électeurs de faire choix <Vi\n prince vraiment digne du 1 roue.

Avec Rodolphe de Habsbourg commence, dans l'Empire, un travail de restauration (I27.'i). Le nouveau souverain parvient à affermir la paix cl la justice2; il anéantit la puissance du roi de Bohème

1 Cité d.ms les Lettret dt Pierre (h- Froiuard, p. 7.

- Su!) cuius domini i; . regimine tanta fuit pas in omnibus partibus Ale-

Ottocar, et, avec le consentement des États, reprend l'Autriche qui avait été enlevée à sa maison par les Tchèques. Si alors, comme jadis, la succession au troue eût élé héréditaire, l'Autriche, pour le salut de l'Empire, eût fourni à la nouvelle maison régnante une large compensation aux domaines jadis ravis à la couronne, et ses forces, unies à celles de la nation, eussent permis à l'Allemagne de redevenir un État indépendant, une monarchie unie, étendant son autorité sur toutes les tribus qui la composaient1.

Mais les princes électeurs, dans leur égoïsme étroit, ne souhaitaient nullement voir s'effectuer « l'unité », et redoutaient l'établissement d'un pouvoir central vraiment fort. Après la mort de Rodolphe, ils se livrèrent à un honteux trafic de suffrages, et finirent par élever sur le trône l'impuissant Adolphe de Nassau. Adolphe fut l'homme de leur choix aussi longtemps qu'il consentit à n'être entre leurs mains qu'un instrument docile; mais dès qu'il voulut prendre une attitude indépendante, et que, soutenu par une armée de mercenaires, il eut déclaré aux princes « qu'il entendait être roi, et agirait en conséquence », il leur parut « tout à fait mal inspiré, et ils le méprisèrent ». Ils eurent peur « qu'il ne devînt un nouveau César rêvant d'assujettir toute l'Allemagne à sa domination », et depuis cette époque ne songèrent qu'à le déposer.

« Ils essayèrent ensuite ce qu'on pourrait faire du fils du roi Rodolphe, Albert; mais ils furent étrangement déçus en lui 2 », dit une ancienne chronique. Secondé par la bourgeoisie, si désireuse de voir s'établir l'unité de l'Empire, et à laquelle il avait adressé un appel plein d'énergie, l'invitant à former une ligue contre le despotisme des princes, Albert défit les électeurs du Rhin, démantela leurs forteresses, les contraignit à restituer les possessions impériales qu'ils retenaient injustement, et affranchit le commerce du Rhin de toute taxe 3. Pour achever de gagner définitivement la bourgeoisie aux intérêts de la couronne, il favorisa de toutes manières le libre

manie, etiam usque quo dominus R... spiritum contineret vite, quod tanta et talis pax in ipsa terra nunquam fuit habita vel visa. Adhuc quievit omnis Alemania in conspeetu cius et a facie suo limuit omnis homo. Chron. EUcnhardi monum. script., XVII, p. 134. — Voy, FRANKLIN, Reishofgericht, p. 136-139.

1 Voy. BÖHMER, Kaiserregesten von 1246 à 1313, p. 54.

2 Fragments d'une chronique allemande datant de la première moitié dû quinzième siècle.

•; Voy. GrieSIUBER, Oberrheinischen Chronik (Rastadt, 1850). — HAGEN, Deutsche (ksrh. seit Rudolf von Habsbourg, t. I, p. 64. Sur la politique ambitieuse des princes électeurs considérée comme le vice radical de la politique allemande et comme la cause des dissensions intérieures, des révoltes et des guerres, voy. les importants mémoires adressés par Albert au pape Boniface VIII. ârekiv.fûr Oetterr. t;, chichtsq,, t. If, p. 290. — Böhmer, Kaiserreg est en, von 1246-1313, page 424. — i vcque Bruno d'Olmiitz avail déjà formulé le mémo reproche contre les princes électeurs qui usurpaverunl tanta, quod ■ itoinanorum proptei

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